Lundi 17 septembre 2007
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Le « French doctor » accélère le rythme après la phase d'approche ayant conduit successivement son chef à passer ses vacances aux Etats-Unis, à demander la démission du premier ministre iranien, Nouri Al Maliki, à menacer de bombarder l'Iran et à envisager la réintégration de la France dans l'OTAN sous commandement américain, ce qui laisse imaginer le pire en ces temps de guerre contre le « terrorisme ».
Nicolas Sarkozy qui n'a jamais caché son adhésion à la doctrine Bush, d'où son soutien à la guerre d'invasion coloniale en Irak et aux bombardements de l'Etat hébreu au Liban, été 2006, s'est choisi comme chef de la diplomatie le plus « populaire » des néo conservateurs de la gauche, l'homme plébiscité par les médias aux ordres. Après les propos inadmissibles de ce dernier au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, dimanche 16 sept 2007, qui a estimé dimanche que le monde devait se "préparer au pire", c'est-à-dire à la possibilité d'une « guerre » avec l'Iran et a demandé des sanctions européennes, tout en appelant à « négocier jusqu'au bout » pour éviter que Téhéran ne se dote de l'arme atomique, on comprend les raisons profondes du choix d'un néo conservateur atlantiste et pro-israélien au quai d'Orsay. Entendre le « chef de la diplomatie » adopter le langage de l'administration Bush, c'est à dire l'utilisation d'une rhétorique guerrière à l'égard de Téhéran, qui rappelle le discours de Nicolas Sarkozy, le 27 août dernier, ne peut qu'inquiéter sur cette France rompant avec sa légendaire politique étrangère.Cet alignement de la France sur l'administration Bush appelle quelques remarques.
Primo, il paraît évident qu'un Bernard Kouchner annonçant la « guerre » si l'Iran maintenait son programme nucléaire, ainsi que la requête de la France pour que l'Union européenne prenne des sanctions économiques contre Téhéran, en dehors du cadre des Nations Unies, joue un rôle de promoteur de la doctrine de la guerre préventive, tel qu'imaginée par les théoriciens du "choc des civilisations".
Deuxio, évoquer ouvertement un conflit sur le mode "l'arrêt du nucléaire ou le bombardement de l'Iran" est la démonstration de la duplicité et de l'irresponsabilité du gouvernement Français. De qui se moquent Messieurs Kouchner et Sarkozy en déclarant: " Nous n'accepterons pas que cette bombe soit construite" car cela constituerait un "vrai danger pour l'ensemble du monde". ? Faut-il leur rappeler qu'Israël, pays qui alimente toutes les tensions au Proche-Orient, notamment en Palestine, Syrie, Iran et Irak, possède la technologie nucléaire ? Pourquoi ne menacent-ils pas ce pays ? A quoi rime ce deux poids,deux mesures ?
Tertio, évoquer le risque d'un bombardement contre l'Iran ou d'une attaque probable : « aucun signe ne nous permet de penser en dehors des préparations militaires qu'un bombardement américain de l'Iran soit proche..... Je ne crois pas que nous en soyons là mais il "normal qu'on fasse des plans », est un aveu que la France est définitivement dans le camp des incendiaires qui menacent de plonger la planète dans un chaos sanglant. Alors quand Sarkozy demande UNILATERALEMENT aux grandes entreprises françaises de ne plus investir en Iran, en particulier dans l'important secteur des hydrocarbures, on se dit qu'il y a là une recherche de tensions pour légitimer un bombardement déjà planifié. Les Français ont-ils choisi des va t-en guerre qui enverront leurs enfants mourir dans une aventure américano-israélienne ? NON,NON et NON !
Enfin, quand les déclarations du « chef de la diplomatie » française coïncident avec celles du secrétaire à la Défense Robert Gates, qui déclare que la diplomatie restait « pour le moment la meilleure approche pour traiter avec l'Iran....Mais toutes les options restent ouvertes », c'est la preuve irréfutable que le désastre colonial en Irak n'a pas été pas été retenu par les « nations civilisées ».Un million de morts irakiens, ce n'est pas important, pour les faucons de la légion Bush et consorts .
Le plus choquant dans cette escalade guerrière se déroulant avec le consentement coupable des médias aux ordres et le silence éhonté de la classe politique, c'est que les intérêts de la France passent après ceux des Etats-Unis et d'Israël. Comment accepter que Bernard Kouchner prenne ses ordres directement auprès de Condoleeza Rice et Tsipi Livni, respectivement ministres des affaires étrangères étasunienne et israélienne? Que dire de l'omerta des Hommes politiques et médias devant la soumission du chef de la diplomatie française ? ( voir vidéo ci-dessous)
Bernard Kouchner n'a t-il pas pris, il y a quelques jours, ses ordres directement, et en public, auprès de la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni ? Comme le révèle l'agence de presse américaine Associated Press (AP), un journaliste israélien a interrogé Bernard Kouchner à propos de la plainte de la Syrie, selon laquelle des avions israéliens ont pénétré l’espace aérien syrien la semaine dernière. Aussi surprenant que ça puisse paraître, « Tzipi Livni a été vue en train de griffonner un message, et de le transmettre au ministre français ».Et ce dernier, indiqua " qu’il n’était pas au courant de l’affaire ». Comment croire en son impartialité alors qu'il entend avant tout faire pour qu'Israël reste la seule puissance nucléaire au milieu des populations arabes? Peut-on être juge et partie ? NON, NON, NON !
Conclusion, maintenant que les masques sont tombés, que le duo Sarkozy-Kouchner a montré son camp idéologique, il revient désormais au peuple Français de leur rappeler qu'il entend rester souverain dans ses choix, que l'Iran n'est pas l'ennemi de la France et que les Français ne veulent pas d'attentats chez eux, et n'iront certainement pas mourir au nom du projet du grand moyen orient. La réaction du peuple est d’autant plus attendue que Kouchner ne prend même plus le soin de dissimuler son PROJET, comme lors de sa visite la semaine dernière en Israël: « Je suis juif quand je veux ! Cela dépend de mon interlocuteur. C’est là toute la difficulté et le choix auquel nous devons faire face.........Je suis à moitié juif. Je suis juif lorsque je le veux, lorsque l’antisémitisme menace......On peut décider de ne pas s’en préoccuper, mais la réalité, l’histoire et le racisme sont des choses qui vous poursuivent toujours et qui, en fin de compte, vous rattrapent ».( voir quotidien Yedioth Aharonot )
A2N