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La propagande des médias aux ordres et la désinformation quotidienne de penseurs et pseudos philosophes, qui squattent les plateaux TV et ondes radiophoniques, ont triomphé de la lucidité des Français. Depuis hier, 16 mai 2007, le candidat du CAC 40, du MEDEF et des lobbies, est le président de la République. Sa victoire face à la candidate socialiste, Ségolène Royal, est nette ( sans bavures ???). La majorité des suffrages s'est portée sur son projet, celui d'une droite raciste et ultra-réactionnaire, ce n'est pas la présence de quelques Basanés à l'UMP ou dans le prochain gouvernement, voire les ralliements opportunistes de centristes et d'apparentés socialistes, qui démontrera le contraire. En criant aux loups et en sous-tendant qu'il existait des ennemis de l'intérieur, ceux là qui demandent la "repentance" de la France, comme l'ont suggéré le candidat de la peur et ses amis "intellectuels", les électeurs ont voté sans discernement pour un projet de société néoconservateur. On sait ce qu'il adviendra très bientôt. En clair, comme l'a rappelé le slogan choc de la campagne électorale, "Ensemble tout est possible". Oui, tout est possible, mais sans nous, c'est à dire une grande minorité ( 47%) qui croit en une société plus "juste" et plus "forte", fière de son identité "multiraciale", qui n'a pas honte de reconnaître toute son Histoire, celle qui est à la fois estimable et condamnable. 

Ce n'est qu'à ce prix là que la France se réalisera et évitera de culpabiliser ceux des siens qui ne croient ni au mythe d'une grand ancêtre Gaulois commun, ni aux bienfaits de la colonisation, encore moins aux fables d'un historien de pacotille sorti de la botte d'un journaliste cumulard et chef de la propagande sur l'unicité de l'Histoire ( pas la sienne, bien entendu).

Enfin, le nouvel occupant du château de l'Elysée n'empêchera pas au monde de tourner, même si l'on s'attend à subir, plus que jamais, ses coups de pression et autres intimidations. Il faut l'accepter, c'est le peuple qui l'a souhaité majoritairement ( 53%), mais regrettera très bientôt son choix à courte vue.  En attendant la CENSURE promise par le monarque en puissance, au nom de la protection des "petits intérêts" d'une oligarchie de la finance et de lobbies politico-mafieux, vous pouvez continuer à vous exprimer ou visiter cet espace de liberté sans concession.  Putain 5 ans !

  

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Mercredi 1 novembre 2006 3 01 /11 /Nov /2006 12:48

S'il y a bien un autre film qu'il faut recommander à tout le monde, en plus du déjà très surmédiatisé INDIGENES, c'est « BAMAKO », oeuvre du talentueux cinéaste Abderrahmane Sissako. Quand l'Afrique,constamment dépeinte par les voyeurs et associés comme une plaie béante, décide de juger le système colonial qui l'étouffe, la ridiculise et pousse ses millions d'enfants à un exil force, comme le démontre tristement ces jeunes qui donnent leur vie pour un suppose eldorado Européen, qui bravent tous les dangers et intempéries Atlantiques pour "aller chercher bonheur", oubliant que l'Europe cynique n'a besoin de l'Afrique que ses richesses naturelles pour continuer à asseoir sa suprématie.

 

« Bamako » comme un direct du gauche de Tyson en pleine poire du système de la honte, c'est très surprenant et rafraîchissant. Aussi, c'est un espoir pour tous ceux qui espèrent encore voir des symboles de la non renonciation face à l'oppression de la mondialisation.   Allez donc apporter votre contribution au film militant d'Abderrahmane Sissako, qui n'a pas bénéficié d'une promotion aussi délirante que celle d'un film promettant de beaux jours aux palestiniens et Israéliens. Tout un programme devant une réalité aussi parlante que la destruction de milliers de vies au Liban et Palestine par l'armée de l'Etat hébreu.

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Le Film en quelques brèves:

 Hors compétition : "Bamako" de Abderrahmane Sissako - 23/05/2006


Bamako, présenté aujourd'hui hors compétition, marque la quatrième venue à Cannes d'Abderrahmane Sissako. A deux reprises, le réalisateur mauritanien avait rejoint la Sélection Officielle Un Certain Regard avec Octobre (1993) et En attendant le bonheur (2002). La Vie sur Terre l'amena en 1998 dans une section parallèle du Festival.

Dans Bamako, il mêle drame intimiste et fiction politique. Pris dans l'étau de la dette et de l'ajustement structurel, le continent africain lutte pour sa survie. Face à ce drame, des représentants de la société civile africaine intentent un procès aux institutions financières internationales. Le procès se déroule à Bamako, dans la cour d'une maison, au milieu des habitants qui vaquent à leurs occupations, attentifs ou indifférents aux débats. Parmi eux, Chaka et Melé. Elle est chanteuse dans un bar, il est sans travail, leur couple se désagrège...

"La raison qui m'a poussé à faire ce film, raconte le réalisateur Abderrahmane Sissako, tient à mon regard sur l'Afrique, l'Afrique non pas comme le continent qui est le mien mais comme un espace d'injustices qui m'atteignent directement. Quand on vit sur un continent où l'acte de faire un film est rare et difficile, on se dit qu'on peut parler au nom des autres : face à la gravité de la situation africaine, j'ai ressenti une forme d'urgence à évoquer l'hypocrisie du Nord vis-à-vis des pays du Sud."

Synopsis:

Bamako. Melé est chanteuse dans un bar, son mari Chaka est sans travail, leur couple se déchire ... Dans la cour de la maison qu'ils partagent avec d'autres familles, un tribunal a été installé. Des représentants de la société civile africaine ont engagé une procédure judiciaire contre la Banque mondiale et le FMI qu'ils jugent responsables du drame qui secoue l'Afrique. Entre plaidoiries et témoignages, la vie continue dans la cour. Chaka semble indifférent à cette volonté inédite de l'Afrique de réclamer ses droits ...
 
Le réalisateur:

 

 

Créés au lendemain de la seconde guerre mondiale à Bretton Woods (Etats-Unis) et basés à Washington, le FMI et la Banque Mondiale ont aujourd'hui pour missions principales la régulation du système financier international et l'octroi de prêts aux pays en développement. Face aux difficultés de nombreux pays à rembourser leur dette, les pays riches ont exigé au début des années 1980 la mise en place de programmes dits " d'ajustement structurel ", fixant ainsi les règles du jeu dont dépend le sort de millions de personnes. Les gouvernements des pays très endettés se sont ainsi vus dicter par les représentants des institutions financières internationales la politique à suivre pour rétablir leur équilibre financier. La plupart des pays d'Afrique subsaharienne se trouvent aujourd'hui sous ajustement structurel. D'inspiration très libérale, les programmes d'ajustement servent principalement les intérêts des pays riches, Etats-Unis et Europe en tête.
Les réformes imposées aux pays du Sud sont toujours les mêmes alors que, paradoxalement, elles sont loin d'être appliquées dans les pays du Nord : suppression des subventions accordées par l'Etat (agriculture, textile, ...), démantèlement des services publics, licenciement des fonctionnaires (instituteurs, médecins, ...). Les privatisations des sociétés nationales des pays endettés, qui géraient notamment les richesses naturelles, l'eau, l'électricité, les moyens de communication et de télécommunication, sont presque toujours effectuées au profit des multinationales des pays riches. Les contrats, négociés dans un contexte où se mêlent pressions politiques et corruption, sont systématiquement en faveur des multinationales.
Dans le même temps, les populations des pays placés sous ajustement structurel n'ont cessé de s'appauvrir, avec pour conséquences la diminution de l'espérance de vie, l'augmentation du taux de mortalité infantile, la baisse du taux d'alphabétisation. La quasi totalité des rapports officiels soulignent que les " pays pauvres très endettés " sont plus pauvres aujourd'hui qu'il y a vingt ans. Or, si l'on tient compte de l'ensemble des flux financiers et des transferts de richesses, les pays africains ont fait plus que rembourser leur dette aux pays riches. Beaucoup d'entre eux ont dû tout céder et ne pourront plus assurer leur développement futur. L'annulation éventuelle et tardive de la dette apparaît désormais comme un leurre.

Abderrahmane Sissako

Liste des salles:www.bamako-film.com/index.php?fr/Liste-des-salles

 

 

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Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 16:38

Marche hommage Zyed Bouna - Au moins un millier de personnes se sont réunies à Clichy-sous-Bois pour une marche silencien-use en mémoire de Zyed et Bouna, deux adolescents morts il y a un an alors qu'il fuyaient la police.<br>Le cortège est principalement composé de jeunes. En tête, les parents des victimes ouvrent la marche, débutée à 10h, qui emprunte le même chemin que celle organisée au lendemain de la mort de Zyed et Bouna. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCf, et Mouloud Aounit, secrétaire général du Mrap, étaient présents. 

Par Yassine Ayari

L'un noir, l'autre arabe. 15 ans pour le premier, 17 ans pour le second. Des jeunes comme les autres qui sortent du gymnase de Clichy par une soirée d'automne, pendant le mois de Ramadan. Ils arboraient capuches et survêtements, accoutrement que détestent les hommes en uniformes bleus. Justement, deux d'entre eux les avaient repérés et se précipitèrent sur les jeunes garçons afin de contrôler...de contrôler quoi déjà? Les deux policiers ne le savaient plus, ne le savaient pas. Ou plutôt, ils se souvenaient que la prime au rendement instaurée par leur patron rendait désormais attractif le harcèlement par le contrôle d'identité.

Zyed et Bouna, bien que sans historique dans le monde de la délinquance, connaissaient bien les forces de l'ordre. Sécurité, maintien de l'ordre, protection des biens et des personnes, tout cela ils l'avaient maintes fois entendu au sujet de la police mais chez eux, à Clichy, l'uniforme bleu identifiait simplement une bande comme une autre, une bande parmi tant d'autres. Les dealers protègent leur marché, la bande à Kader protège sa cité contre celle d'en face, quelques noirs ont un petit gang communautaire mais la bande des flics, la flicaille, personne ne savait ce qu'elle défendait, qui elle protégeait. A Clichy, les forces de l'ordre n'étaient que les forces du vide, les forces du rien.

Marche hommage Zyed Bouna - Au moins un millier de personnes se sont réunies à Clichy-sous-Bois pour une marche silencien-use en mémoire de Zyed et Bouna, deux adolescents morts il y a un an alors qu'il fuyaient la police.<br>Le cortège est principalement composé de jeunes. En tête, les parents des victimes ouvrent la marche, débutée à 10h, qui emprunte le même chemin que celle organisée au lendemain de la mort de Zyed et Bouna. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCf, et Mouloud Aounit, secrétaire général du Mrap, étaient présents.

Zyed et Bouna avaient peut-être un vague souvenir des cours d'instruction civique de sixième. Il en restait sûrement quelques expressions telles que droits, libertés, république...notions creuses qui n'ont pas prise sur la réalité du quotidien à Clichy. Eux, ils connaissaient le harcèlement, les violences, les bavures policières. Les banlieues, isolées de l'ensemble du pays étaient aussi un lieu de séquestration. Il ne leur restait donc plus qu'une seule solution : fuir!

Nous savons comment a fini cette course poursuite. Les forces du rien auront encore provoqué des morts pour rien et elles seront encore soutenues par le premier flic du pays qui utilisera l'injure, la provocation et les mensonges pour retarder/empêcher toute enquête.

  Marche hommage Zyed Bouna - Au moins un millier de personnes se sont réunies à Clichy-sous-Bois pour une marche silencien-use en mémoire de Zyed et Bouna, deux adolescents morts il y a un an alors qu'il fuyaient la police.<br>Le cortège est principalement composé de jeunes. En tête, les parents des victimes ouvrent la marche, débutée à 10h, qui emprunte le même chemin que celle organisée au lendemain de la mort de Zyed et Bouna. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCf, et Mouloud Aounit, secrétaire général du Mrap, étaient présents.

Aujourd'hui les choses ont avancé malgré tout. Les statistiques montrent que gérer les ressources du ministère de l'intérieur comme des cow-boys des cités ne permet pas de faire baisser la délinquance tout en augmentant les tensions population/police.

Au niveau de la justice, l'enquête a assez progressé pour démontrer que Zyed et Bouna ne s'étaient livré à aucune forme de délit mais ont simplement pris la fuite pour éviter un harcèlement policier qu'ils ne connaissaient que trop bien. La mise en examen des policiers est donc imminente et c'est heureux car il est grand temps que la police paie, elle aussi, pour ses crimes.

Cependant, l'enquête doit aller jusqu'au bout et je souhaite qu'elle précise si le ministre de l'intérieur a couvert les policiers en se livrant à des mensonges éhontés (il avait déclaré que Zyed et Bouna venaient de commettre un cambriolage).

Dans n'importe quel pays démocratique, une enquête parlementaire aurait également eut lieu pour juger la responsabilité du Ministre N.Sarkozy dans les émeutes qui ont parcouru toutes les cités de France. Il est évident que son attitude provocatrice y a joué un rôle.

Dans toutes les banlieues, on ne demande finalement pas grand chose mais juste la justice pour tous. Est-ce trop demander que la République et ses représentants soient enfin à la hauteur des idéaux qu'ils prétendent incarner?

http://yassine.ayari.free.fr/articles/zyedbouna.htm

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Jeudi 26 octobre 2006 4 26 /10 /Oct /2006 12:43

Par Patrick MIGNARD

A la veille du premier anniversaire de la révolte des banlieues, la police et le ministère de l’intérieur nous inondent de statistiques.

Entre autres les violences « gratuites » dont sont victimes les « personnes dépositaires de l’autorité publique » qui sont en hausse de 9,4% par rapport à septembre 2005... une augmentation trois fois plus rapide que l’année dernière. Ceci illustre bien la gravité de la situation.

Ceci montre également, s’il en était besoin, la faillite totale de la « méthode Sarkozy » en matière de « gestion de la crise des banlieues »,... mais là n’est pas notre propos.

Ce qui est curieux, c’est que même en fouillant bien ces statistiques on ne trouve aucun chiffre sur les violences policières. Serait ce des violences moins « gratuites » ?. Or, quand on interroge les jeunes dans la rue, qui ne renient d’ailleurs pas les violences faites aux policiers, on constate curieusement qu’il s’agit souvent de « règlements de compte » avec les représentants de l’autorité qui, dans pas mal de cas, prennent les plus grandes libertés en matière de contrôle et d’interpellation abusives dans les banlieues. Il est vrai que, dans ces cas, les enquêtes et la Justice se hâtent plus que lentement pour ce qui est de « la recherche de la vérité ».

Alors de deux choses l’une : ou bien les jeunes des banlieues ne sont que des menteurs de même que les associations qui recueillent leurs témoignages, ou bien le ministère de l’intérieur et la police nous cachent des choses.

Pourquoi ne mettons pas en parallèle les deux séries de statistiques ? A-t-on peur, dans la police, que l’une explique, du moins en partie, l’autre... ce qui nécessiterait une explication ? S’agit-il d’un simple oubli ?

Les « contrôles » humiliants, le « délit de sale gueule »... aux yeux du Ministère de l’Intérieur et des syndicats de police, ça n’existe évidemment pas, toutes les victimes et les témoins, tous les multiples témoignages obtenus par les associations de défense des droits de l’homme,... ne sont que des fantasmes et affabulations de « mauvais citoyens » et autres « détracteurs de la police » !

Il est bien évident que, dans certains cas, les jeunes interpellés ne sont pas des « enfants de chœur » (encore faudrait-il savoir pourquoi ils en sont là), mais même dans ce cas, et à fortiori dans les autres, les actes d’humiliation et de brutalité lors des contrôles sont inadmissibles de la part de forces qui ont pour fonction officielle de maintenir la paix publique. Or, il apparaît clairement aux yeux de celles et ceux qui veulent bien voir la réalité en face, que certains comportements policiers sont proprement scandaleux.

« Ils sont minoritaires » diront certains. C’est possible, mais même dans ce cas on ne saurait les tolérer, et ces quelques cas discréditent non seulement l’uniforme de ceux qui le portent, mais même tous les uniformes... ce qui explique que les pompiers aujourd’hui, et demain les facteurs, se font et se feront agresser.

Soyons sérieux, tant que les faits nous serons présentés comme ils le sont aujourd’hui, la crédibilité des autorités, même si elle fait illusion auprès des électeurs, ne pèsera pas lourd dans les banlieues. Qui peut accorder le moindre crédit à une police qui a un lourd passif, jamais réglé et quasiment toujours impuni, ou si peu, en matière de violence et de bavures ?

Des exemples ? Mais il y en a des centaines, regroupés dans différents rapports et largement diffusés par les associations, sans parler des affaires en cours... mais curieusement ignorés la plupart du temps par la Justice et Monsieur Sarkozy. Un exemple précis : allez, au hasard, l’affaire Nicolas BILLOTET qui traîne depuis mars 2003 à Lyon : http://rebellyon.info/article2636.html

Et qui peut sérieusement croire que c’est en déferant devant une cour d’assises des agresseurs de policiers que l’on va résoudre le problème de l’exclusion, des inégalités et de la délinquance dans les banlieues.... Car c’est bien cela qui est à l’origine des violences contre un ordre social qui n’a plus de sens pour les jeunes. Seul le cerveau perturbé d’un politicien en recherche permanente d’image a pu imaginer une telle solution que nombre de magistrats eux-mêmes trouvent délirante. Une telle mesure ne va qu’aggraver la situation... peut-être que c’est finalement ce qui est recherché car, électoralement, une telle situation, bien exploitée, peut être porteuse. 

La police a une fonction ingrate et difficile c’est vrai... elle souhaite légitimement être respectée, c’est un soucis louable et tout à fait compréhensible, mais encore faut-il pour être respecté, être respectable, c’est-à-dire avoir une attitude correcte à l’égard des citoyens, de tous et indépendamment de la couleur de la peau et/ou de l’origine sociale.

Les violences faites à la police sont l’_expression d’une « impuissance politique », elle-même conséquence d’une perte de sens du système pour les jeunes qui s’y livrent... Expression spontanée, besoin de révolte, riposte à une humiliation sociale et parfois policière, c’est à ce niveau quelles doivent être traitées. La brutalité, même baptisée de « républicaine » ne règlera évidemment rien.

Tant que des « Rambo » de pacotille, armés de jouets dangereux, séviront en toute impunité, officielle et syndicale, ils jetteront l’opprobre sur l’ensemble de la Police qui de plus a la « mission impossible » d’enrayer la décadence de notre système. Tant qu’il y aura ce genre de situation sociale et de pratique policière il est peu probable que la police obtienne satisfaction.

Les syndicats de police, toutes tendances confondues, feraient mieux d’être beaucoup plus objectifs dans leurs attitudes et sévères à l’égard des dérives de leurs collègues, que de les couvrir systématiquement au mépris du simple bon sens et de la vérité des faits.

 www.labanlieuesexprime.org

 

Par alert2neg - Publié dans : Politique
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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /Oct /2006 12:53
 
Les ouvriers « sans papiers » de la blanchisserie industrielle Modeluxe de Chilly-Mazarin sont toujours en grève. Ce sont des travailleurs étrangers en situation dite "irrégulière", qui travaillent depuis des années dans cette blanchisserie et qui se battent aujourd'hui pour obtenir leur titre de séjour afin de pouvoir continuer d'y travailler.
Pour la direction de la blanchisserie Modeluxe depuis des années l'embauche d'ouvriers « sans papiers » a toujours été une méthode de recrutement. A la fin de l'année 2004 sous la pression du groupe anglais Sunlight qui venait de racheter l'usine, la direction cherche à s'en débarrasser probablement en vue d'une restructuration à venir. A cette fin elle provoque un contrôle de police dans l'entreprise le 13 décembre 2004. Les syndiqués CGT de l'entreprise, l'Union locale CGT de Massy ont réussi à faire échouer l'opération. La direction du groupe Sunlight sera obligée d'adresser une lettre au Préfet indiquant qu'elle était prête à poursuivre le contrat de travail de ses ouvriers si la Préfecture leur donnait un titre de séjour. Le 21 avril 2005, pour permettre à L'union locale de préparer les dossiers en vue de l'obtention des papiers, le Directeur de Cabinet du Préfet, Monsieur Raffi, communique par fax à l'Union locale la liste de tous les travailleurs "sans papiers" de l'usine.

Depuis la remise de ces documents (concernant à l'époque 43 personnes), la Préfecture de l'Essonne s'est empressée de ne rien faire. Fin septembre 2006, prétextant le silence de la Préfecture, la direction de Modeluxe, dans le cadre de la "cession de 100% du capital et de ses droits" à la société Finance Conseil et Stratégie (FCS), annonce que les ouvriers "sans papiers" de l'entreprise seront licenciés pour faute grave ! Le lundi 2 octobre, la quasi-totalité des 160 salariés de l'entreprise sont en grève pour refuser le licenciement de leurs camarades et exiger leur régularisation. Cette grève de solidarité va durer une semaine. La presse s'en est fait largement écho. Le 9 octobre, de leur côté, les ouvriers "sans papiers" de l'entreprise, toujours menacés de licenciement, menacés pour certains d'entre eux d'être reconduits à la frontière, avec courage et détermination, ont décidé de poursuivre la grève pour leur régularisation.

Selon une idée répandue, les travailleurs "sans papiers" seraient des clandestins qui arrivent à travailler on ne sait comment.L'exemple des ouvriers de Modeluxe met en lumière à quel point cette vision des choses est erronée. Premièrement : la grande majorité des patrons qui ont recours à ces travailleurs n'est pas dupe. Les grévistes de Modeluxe ont témoigné du fait qu'à leur embauche, la direction était parfaitement au courant de leur situation. Et pour cause, avec eux, précaires parmi les précaires les patrons disposent de travailleurs à qui ils peuvent demander tout et n'importe quoi. Travailleurs dont ils se servent en retour pour faire pression sur toute la communauté de travail. A Modeluxe les salaires sont extrêmement bas (au-dessous de 1000 euros), les horaires élastiques (certains n'ont même pas les deux jours de repos (hebdomadaire), les cadences de travail poussées à outrance (pas de pauses) sans parler des conditions de travail...

Deuxièmement : les patrons délivrent à ces ouvriers des fiches de paye. Ces « sans papiers » déclarent et, pour certains, paient des impôts... D'ailleurs les patrons, pour respecter un semblant de légalité, préfèrent leur demander, en lieu et place de documents qu'ils savent faux, la déclaration d'impôts, la facture d'Edf/Gdf ou la quittance de loyer... Ces travailleurs complètement intégrés dans l'entreprise participent comme les autres à la marche générale de la boîte et donc à la création des richesses. Ces ouvriers « sans papiers » travaillent à Modeluxe depuis des années. La direction de Modeluxe les a embauchés et les a exploités en toute connaissance de cause. La Préfecture a autorisé la poursuite de leur contrat de travail depuis la fin 2004 sans leur octroyer de titre de séjour : aujourd'hui, ils doivent être régularisés !

 

www.toubab.fr/infos/02.php


PÉTITION de SOLIDARITÉ AVEC LES OUVRIERS « SANS PAPIERS » de MODELUXEEN GRÈVE POUR LEUR RÉGULARISATION

Monsieur le Préfet de l'Essonne,
D'après les pouvoirs qui vous sont conférés, vous pouvez immédiatement régulariser les ouvriers « sans papiers » de l'entreprise Modeluxe qui sont en grève depuis le 29 septembre 2006.
Vous le devez car depuis la fin 2004, la Préfecture a, de fait, reconnu à l'entreprise Modeluxe la possibilité de poursuivre le contrat de travail de ces ouvriers.


Nom Prénom Ville Signature

Pour tout contact :
Union Départementale CGT - 12 place des Terrasses de l'Agora 91034 Evry cedex
Tel. 01 60 78 28 41 - Fax. 01 60 78 55 43 ud91@cgt.fr
Union locale Cgt de Massy
14 Chemin des femmes 91300 Massy
Tel. 01 69 32 15 76. Fax. 01 60 11 56 04
ulcgtmassy@wanadoo.fr


Soutien financier à adresser à l'Union locale Cgt de Massy :
Compte Crédit Coopératif n°21025332404

 

 

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Mardi 24 octobre 2006 2 24 /10 /Oct /2006 15:11

Par Ginette Hess Skandrani


Crédit photo : Wikipedia

( Mur de separation Israelien en territoire Palestinien)

Pendant qu'Ariel Sharon n'en finit pas de mourir, son mur fait des
petits chez tous les " barbares barricadeurs ".
Son fameux " mur de la honte ", asphyxiant littéralement l'agriculture et la production palestinienne, commencé en avril 2002,couvre déjà près de 400 km sur les 700 km prévus et isole un des peuples les plus fragilisés du monde. Le peuple palestinien se meurt derrière un mur, par la faute d'un moribond, et la communauté internationale laisse faire.

Marda, près de la colonie d?Ariel,  10 juin 2005 

Marda, près de la colonie d'Ariel, 10 juin 2005

(Répression d'une manifestation contre le Mur d'Apartheid)

Son mur a donné des idées à l'Arabie saoudite qui vient d'annoncer qu'elle allait se doter d'une barrière électronique de 900 km avec l'Irak pour empêcher les Irakiens de s'échapper, sous prétexte de surveiller sa frontière contre les extrémistes. Elle ne l'a pas fait pour empêcher les Américains, tout aussi extrémistes, d'envahir l'Irak. Son coût est estimé à 12 milliards de dollars, qui seraient nettement plus utiles au gouvernement palestinien afin de sauver de la famine un peuple " frère" comme les dirigeants saoudiens le disent si bien.

 

 

 

(Tijuana, Barriere frontaliere americaine avec le Mexique)

Aux USA, c'est une clôture de 1200 km de long afin de fermer une  zone de 3200 km de frontières avec le Mexique, dont le désert d'Arizona. Cette opération coûte 1,2 milliard de dollars qui seraient bien plus utiles aux déshérités mexicains afin de pouvoir vivre décemment chez eux. Ce n'est pas de gaîté de coeur qu'ils veulent aller dans le pays dont la politique économique les affame.
L'Europe aussi a reconstruit son mur de Berlin à Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles au Maroc, avec un mur de barbelés contre lequel se heurtent tous les exclus africains voulant échapper à la misère générée commercialement par ceux qui leur refusent l'entrée de la communauté européenne.

Crédit photo : BBc news
(Barriere contre contre l'immigration illegale ) 

Devons-nous accepter tous ces murs qui, sous prétexte de sécuriser les nantis, écrasent et terrorisent des centaines de milliers de pauvres gens?

Par alert2neg - Publié dans : Opinions
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Mardi 24 octobre 2006 2 24 /10 /Oct /2006 12:09

Le congrès extraordinaire du Parti Radical de Gauche a décidé le dimanche 22 octobre 2006 de ne pas présenter de candidature à l’élection présidentielle, contre un accord avec le Parti socialiste lui garantissant des élus à l’Assemblée nationale et d’éventuels postes ministériels. Une décision apparemment prise après le vote des militants qui ont suivi leur direction à 473 voix pour et 208 contre.

Derrière ce choix qui s’affiche comme le résultat de la démocratie interne au parti, une option en réalité ourdie depuis bien longtemps et pour laquelle paradoxalement la couleur de la peau de Christiane Taubira pourrait ne pas être étrangère. Il est incohérent que le parti radical, qui se réclame de valeurs fortes et uniques sur l’échiquier politique français, lien social, lien civique, fraternité, etc. décide de faire cause commune avec le parti socialiste pour le premier tour de l’élection présidentielle de 2007 alors que le candidat socialiste, donc son projet, n’est pas connu. Dit autrement le PRG fait l’impasse sur ses valeurs, au profit d’arrangements qui ne sont nullement acquis puisqu’ils dépendraient de la victoire des Socialistes et du respect des engagements pris.

Les partis de gauche, Verts, PC, LO, etc. et autres ayant appartenu à des majorités de gouvernement par le passé s’apprêtent tous à investir leurs candidats pour le premier tour selon la logique démocratique d’un premier tour qui exprime des idées propres à une formation politique et d’un second tour de rassemblement. Or le PRG, dont la candidate à la candidature, Christiane Taubira a fait le plus faible score des partis de la gauche plurielle en 2002 avec 2,32% -un tour de force cependant du point de vue qualitatif-, renonce au débat le plus élevé de la vie citoyenne alors qu’il menace le moins une éventuelle victoire socialiste ? Bizarre.

En effet depuis plusieurs mois, une délétère de politiques, journalistes, commentateurs, tente de faire porter à Christiane Taubira, plus qu’aux autres candidatures de gauche créditées pourtant de meilleurs résultats qu’elle en 2002, la responsabilité du pseudo traumatisme du 21 avril. C’est arithmétiquement et politiquement absurde d’autant que le candidat socialiste a de lui-même loupé sa campagne présidentielle, ce dont personne n’est tenu pour responsable, sauf … la candidate noire.

Ainsi les critiques et obstructions se sont-elles accumulées sur les chemins de Christiane Taubira en 2005, accusée de tentations communautaristes sans preuves et malgré ses dénégations, un contrat ayant été mis quasi officiellement par Jean-Marc Ayrault le chef des socialistes à l’Assemblée, sur la femme à abattre, l’élue et prétendante noire. Pis, d’aucuns reprochent à la députée de Guyane le fait que sa candidature puisse agréger les supposés communautaristes noirs, comme si une candidature blanche, d’immigré hongrois, turc, polonais, catholique ou juive était responsable de communautarismes dont il est toujours urgent de ne pas parler…

La décision du PRG est en effet une décision anti-Taubira, une décision prise de longue date de ne plus investir la candidate noire, que l’on n’attendait et n’espérait pas même à 2,32% avec une notoriété et une campagne étonnamment brillante. Le PRG croyait vraisemblablement instrumentaliser Taubira pour singer une attitude pionnière devant les questions émergentes de discrimination, de rénovation de la vie politique et de différence, mais n’envisageait pas plus qu’un score symbolique sinon ridicule qui aurait enterré ou folklorisé toute candidature de mélanoderme via Taubira. Mal leur en prit. Aujourd’hui avec la montée de la question raciale en France, le lent mais réel réveil politique des Noirs et des citoyens de toutes couleurs sensibles à cette question, le consensus s’est vite fait autour d’un enterrement de la candidature de la députée de Guyane.

Précisons, pour conforter la thèse d’une posture probablement anti-noire à la présidentielle 2007 des socialistes français que la direction du PRG avant de s’en remettre à une magouille de dealers de stupéfiants avec le PS, une des rares formations résolument sourde à l’idée de la diversité de ses élus, avait tenté vainement d’activer une candidature Tapie ! Arguant de la popularité de celui-ci, et avant le refus du candidat espéré des barons du parti, sans mettre en avant ni le 21 avril ni l’intérêt d’un arrangement avec le Parti socialiste… Quand on sait l’épais dossier judiciaire de Bernard Tapie, la nature des charges et le parcours en affaires de ce radical, confronté aux valeurs dont se réclame le radicalisme, il est patent que quelque chose cloche : Il fallait barrer la route à la candidate et à la candidature noires, Christiane Taubira qui ne se cache pas d’être ce qu’elle est. Ces méthodes montrent en creux la place que la bien-pensance continue d’assigner aux Non-Blancs, aux Noirs en particulier. Qu’ils restent confinés soit à l’insularité, soit à l’origine, soit à l’invisibilité comme règle et le contraire comme exception. En tous cas à la marge de l’honneur plein et digne de la citoyenneté et de la participation d’élite à la société et à sa dynamique.

Taubira tentera t-elle de retourner la situation pour sauver une candidature utile et nécessaire à l’utopie républicaine ? C’est à voir, mais il est clair que l’autisme socialiste pousse la députée de Guyane, malgré ses idéaux d’une nation transethnique, additive de ses différences et non pas barricadée et segmentée sur la base des phénotypes, à trouver un capital politique du côté de ceux qui ne la rejetteront pas pour ce qu’elle est : une femme, politique, noire, brillante portant haut et trop loin pour le vulgaire de la politique, les idéaux de l’humaine condition.

Courage Christiane, une Nzinga ne baisse pas les bras. Elle transforme l’adversité en atout.

www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1443

 

 

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Vendredi 20 octobre 2006 5 20 /10 /Oct /2006 12:20

Par Simon Njami

L'approche sur l'art contemporain africain est du même ordre que le regard anthropométrique des premiers explorateurs du continent. Il s'agit encore d'établir une sorte de typologie des genres et des races.

Deux  importants symposiums  ont eu lieu l'année dernière autour de l'art contemporain africain, l'un à New York, organisé par Susan Vogel directrice du Center for African Art, l'autre au Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen de Düsseldorf initié par Nadja Taskov-Köhler et Elisabeth Luchesi. Le but avoué de ces manifestations était de dresser un bilan prospectif de l'art africain d'aujourd'hui. Et si le symposium américain a essayé de poser les nombreuses interrogations que l'on soulève dès qu'il est question d'art africain contemporain, Düsseldorf s'est intéressé d'une manière plus précise au Nigéria. Il ressort de ces manifestations que la façon dont l'art contemporain africain est abordé en Occident est entachée d'une méconnaissance qui frise parfois la malveillance. En effet, à Düsseldorf comme à New York, les personnes qui furent chargées de lire leurs communications répondaient toutes aux mêmes critères : universitaires, scientifiques, conservateurs de musées ethnologiques, - un critique et une galiériste à Düsseldorf - comme si à l'art africain, fut-il de ce vingtième siècle finissant, correspondaientt des grilles de lecture spécifiques auxquelles seule une étude approfondie de la civilisation et de l'histoire des peuples considérés pouvait permettre de donner un sens. Il s'est même trouvé des intervenants en Allemagne pour affirmer que la place de l'art contemporain africain était dans les musées d'ethnologie. Il n'a hélas pas été dit si l'on pouvait en dire autant d'un artiste contemporain européen ! Dieu merci, à New York comme à Düsseldorf, des artistes ont pu s'exprimer avec leur propre langage.

Alors pour quelle raison ce regard spécifique ou plus exactement ce non-regard persiste-t-il encore aujourd'hui, alors que des artistes venus du Sud du Sahara ont fait la preuve que les seuls critères de jugement et d'appréciation de l'art contemporain, fût-il chinois, japonais, mexicain ou ivoirien sont des critères d'émotion et de sensibilité ? Mais, me répondrait Jan Hoet, directeur de la Documenta de Kassel, l'Afrique ne dispose pas d'une histoire de l'art, d'une théorie de l'art suffisamment élaborées pour que l'on puisse s'appuyer dessus, et par ailleurs, le discours européen développé depuis la fin de la Renaissance est tellement lié à un contexte spécifique qu'il serait vain de tenter de les appliquer à l'Afrique. Alors quoi ? Tout se ramènerait donc à une question de sémantique ? Et le domaine de références lié à l'Afrique se cantonnerait dans des termes comme post-colonial, artisanat, art urbain ou utilitaire ? Je me refuse à y souscrire. Hélas, ces deux symposiums furent là pour montrer la fragilité de certaines évidences, dès lors qu'elles ne sont pas partagées. Avant que l'art, d'où qu'il vienne, soit d'abord considéré pour ce qu'il est, et non par rapport à des préjugés qui font que, et le marché, et les musées d'art contemporain, débordés déjà par l'incapacité chronique de mettre derrière des classifications qui font florès, de l'émotion et de la réelle liberté de choix, il faudra encore et encore affirmer la légitimité de notre position. Je n'irais pas jusqu'à prendre les accents indignés de l'artiste nigérian Emmanuel Taiwo Jegede, qui lors de son intervention à Düsseldorf s'opposait à l'idée que des sculptures funéraires aient pu être présentées comme étant de l'art africain contemporain. "Qui, disait-il, aurait l'idée de se rendre dans un cimetière occidental pour y rechercher l'essence de l'expression artistique contemporaine d'un pays ?"

Cette inanité des débats reflète en fait, à mon sens, les limites atteintes par les gens qui, jusqu'à aujourd'hui, se faisaient les grands représentants, spécialistes et promoteurs de cet art. Car ils souffrent d'un problème d'objectivité. Ils sont incapables d'envisager une oeuvre d'art africaine hors les tics et les références auxquels leurs formations ou leur passé les a condamnés. Il serait vain d'attendre d'eux qu'ils insufflent quoi que ce soit de nouveau à ce débat qui commence à peine. L'ère qui s'ouvre, avec son cortège de complexités nouvelles n'a rien qui puisse les satisfaire, rien à quoi ils puissent s'accrocher. Le monde a bougé trop vite pour que des certitudes trop vieilles puissent encore servir de quelconque référence. On ne regarde plus un artiste, fut-il africain, en ne tenant compte que du seul critère de son village natal. Et au reste, qui ce village protégé des ravages du temps peut-il encore intéresser si ce n'est l'artiste lui-même, dans le processus très complexe et très secret de sa création ?

Le problème majeur dans l'organisation d'un symposium est que l'on ne vient pas pour y entendre, mais pour délivrer une science autarcique, une prétendue vérité qui ne supporte pas la confrontation.

www.revuenoire.com/fr/textes.php?article=regards

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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /Oct /2006 12:06

 

Par CAPJPO-EuroPalestine

Des Algériens pro-FLN manifestent à Paris le 17 octobre 1961 (Sipa)

Les discriminations fondées sur des considérations de race ou de religion sont censées être illégales en France. Mais cela ne gêne apparamment pas Jean-François Cordet, préfet de Seine Saint-Denis, qui multiplie les menaces et licenciements à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, uniquement sur la base d'un critère religieux : l'appartenance à la religion musulmane.
Le CCIF (Collectif Contre l'Islamophobie en France) vient de révéler après une sérieuse enquête qu'au moins une vingtaine de salariés de cet aéroport ont reçu ces derniers mois une même lettre (document ci-joint) leur signifiant qu'ils avaient "une attitude pouvant mettre en cause la sûreté de l'Etat", ou "une attitude pouvant mettre en cause la sûreté aéroportuaire". Sans le moindre élément venant étayer cette accusation, ils sont censés avoir un "comportement dangereux" et sommés de rapporter, par écrit ou oralement, la preuve de leur innocence ( !) sous peine de se voir retirer leur habilitation, c'est à dire de perdre leur emploi. Plusieurs d'entre eux, n'ont d'ailleurs toujours pas récupéré leur badge, sans lequel ils ne peuvent accéder à leur travail, ce qui revient à un licenciement muet.

L'un des responsables du CCIF, interrogé par CAPJPO-EuroPalestine, témoigne après avoir accompagné plusieurs de ces salariés à une "audition" à la sous-préfecture de Roissy, dans les locaux mêmes de l'aéroport : "Les personnes incriminées, de nationalité française, de tous âges, occupant divers emplois avec un statut de CDI (contrat à durée indéterminée) au sein de l'aéroport, se rendent ainsi à cette convocation sans avoir la moindre idée de ce qui leur est reproché. Et quand ils demandent à un certain Monsieur Dumas qui les reçoit pourquoi une telle lettre leur a été adressée, on leur rétorque : ce n'est pas à nous de donner des explications, c'est à vous. Puis suivent une série de questions qui portent exclusivement sur la religion pratiquée par ces employés. "Est-ce que vous pratiquez la religion musulmane) ?" "Est-ce que vous faites votre prière ?", "Est-ce que vous avez déjà entrepris un pélerinage à la Mecque ?". Aucune question sur d'éventuels liens avec des réseaux terroristes ou tout autre élément qui puisse avoir un rapport avec la grave accusation de "mettre en danger la sécurité de l'Etat ou de l'aéroport". Les questions sur les pratiques religieuses ne concernent même pas, au demeurant, une quelconque relation avec leur travail. C'est totalement hallucinant !".

Photo : guantanamo.jpg 

Samy Debah, qui détient plusieurs exemplaires de ces lettres et en a envoyé des copies au Ministère de l'intérieur sans recevoir à ce jour de réponse de la Place Beauvau, indique que les premières lettres reçues par des employées de Roissy, datent à sa connaissance du mois d'avril 2006, "au moment de la sortie du livre de De Villiers sur "les Mosquées de Roissy". Qu'un tel vomi sur le "péril de l'islam" ait pu inspirer certains de nos dirigeants en quête de surenchère raciste à l'approche d'échéances électorales, n'aurait rien d'étonnant. Mais ils franchissent ce faisant un pas très grave qui est du ressort de la justice et qui ne peut rester impuni, si celle-ci échappe au "deux poids, deux mesures", qui régit actuellement les comportements du reste de l'appareil d'Etat.

Photo : 2.jpg 

Nous vous demandons de donner l'alerte de toute urgence sur ces pratiques scandaleuses, totalement illégales.

 

 


 




La chasse aux employés musulmans à l'aéroport Charles de Gaulle ?


Le CCIF a été informé que la préfecture de Seine - Saint - Denis, qui est en charge de la sécurité de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, avait adressé des courriers à de nombreux employés de confession musulmane travaillant sur la plate-forme aéroportuaire. Ces courriers spécifiaient que selon les informations détenues, ils avaient "une attitude pouvant mettre en cause la sûreté de l'Etat", ou " une attitude pouvant mettre en cause la sûreté aéroportuaire".

Ces lettres dont nous avons obtenu plusieurs copies, et qui semblent résulter d'une lettre-type, ne précisent jamais à son destinataire les griefs permettant d'établir "ce comportement dangereux", et ce bien que le Préfet indique avoir des informations en sa possession. En revanche, il est demandé à la personne suspectée de rapporter « la preuve de son innocence » sous peine de se voir retirer son habilitation et par voie de conséquence perdre son emploi !!!. Les musulmans seraient a priori coupables jusqu'à la preuve de leur innocence ?

Choqués dans un premier temps, mais surtout convaincus de leur comportement irréprochable, la majorité des personnes concernées ont sollicité une audience auprès du Préfet afin d'avoir connaissance des faits qui leur étaient reprochés. Au terme de ces entretiens, plusieurs personnes se sont vues notifier le retrait de leur badge sans aucune espèce d'explication ou de justification.

Saisi par un certain nombre de ces victimes, le CCIF a décidé de les assister afin de faire la lumière sur ces dossiers, et de rechercher quelles circonstances avaient déterminé leur éviction entraînant de facto une perte d'emploi et de revenus privant du jour au lendemain des familles entières de toutes ressources.

Selon la teneur des entretiens, il apparaîtrait que les faits reprochés soient exclusivement liés au culte, à des convictions personnelles et à des voyages effectués pour la plupart lors de pèlerinages ou dans des pays musulmans.

Aussi, est-il proprement scandaleux que dans notre pays la pratique d'une foi soit considérée comme une attitude pouvant mettre en cause la sécurité de l'Etat ou celle d'un aéroport. Nous sommes aux antipodes de la lutte contre le terrorisme.

Le ministère de l'Intérieur veut-il réellement lutter contre le terrorisme dont les musulmans sont les premières victimes, ou bien partage-t-il les thèses développées par certains hommes politiques islamophobes dont il a pourtant récusé les propos il y a quelques mois ?

Voudrait-il lutter contre le terrorisme au point de s'en prendre à des innocents et laisser des familles entières démunies ? Entretiendrait - on volontairement la méfiance, la peur à l'égard de ces populations ? En ce cas, qui y a intérêt et pourquoi ?

Les divers témoignages recueillis établissent que les discriminations à l'encontre des musulmans en France sont de plus en plus criantes, et confirment qu'elles sont le fait majeur des services de l'Etat. Malheureusement, le gouvernement ne veut pas reconnaître cette situation. Pire, des structures officielles de lutte contre les discriminations ne font pas ou très peu état de la réalité du vécu de la communauté musulmane en France.

Il est affligeant de constater que les musulmans doivent plus craindre d'être discriminés par les services publics que par un particulier.

C'est là toute la singularité de l'islamophobie, et ce qui la distingue des autres formes de racisme.

Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF)

 
http://www.islamophobie.net
tél : 06 09 18 58 71

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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /Oct /2006 00:42

 

par   Grégory Rzepski 

Dans le traitement médiatique de la campagne présidentielle, on observe, en général, une sur-représentation de deux personnalités omniprésentes : M. Sarkozy et Mme Royal [1]. Ce constat est le point de départ de l’article de Raphaëlle Bacqué parue en page 2 du Monde le 29 septembre sous le titre « La saturation médiatique ». Une « saturation » dont les médias seraient coresponsables ? Que nenni...

Analyste de la scène médiatique ?

La journaliste [
2] écrit ainsi en introduction : « C’est un ronron que l’on entend pratiquement tous les matins, au réveil. Un flot rythmé d’informations rapides où reviennent régulièrement les mêmes mots : “Sarkozy, Sarkozy, Royal, Villepin, Sarkozy, Sarkozy...” On sort, et c’est la même déferlante sur les affiches et les écrans : “ Sarkozy, Sarkozy, Royal, Villepin, Sarkozy, Sarkozy ... ” » Elle relève, par ailleurs, la mise en scène inhérente à cette occupation de l’espace médiatique quand elle note : « Que voit-on ? Une horde de caméras. Une forêt de micros. Puis un “ pack ” de gardes du corps. Et une petite brèche par laquelle se tendent des mains que l’on serre. De l’intérieur du cercle, après les trois couches caméras + micros + gros bras, que perçoit le héros/héroïne du jour du “ terrain ” ? Rien. »

Sur ces observations, comme sur « l’omniprésence de sondages sur tout et n’importe quoi. », rien à dire : l’évocation est éloquente... Mais partielle : du 28 août au 29 septembre 2006 (soit 28 éditions), Nicolas Sarkozy est apparu 20 fois à la une du Monde et Ségolène Royal 10 fois [3]. Même omission, quand la journaliste rappelle qu’« en 1995, Edouard Balladur (...) avait pâti d’apparaître comme le héraut des médias dominants » ou qu’« en 2005, lors du référendum sur le projet de Constitution européenne, bon nombre d’électeurs se sont mobilisés contre ce qu’ils ont interprété comme une campagne en faveur du oui des principales chaînes de télévision, des radios et des grands journaux  ». Raphaëlle Bacqué ne s’interroge pas sur l’implication de son quotidien dans ces précédentes « saturations ». Elle illustre sa thèse selon laquelle « depuis plus de dix ans, [le citoyen] vote presque systématiquement “ contre ” le candidat dont on lui rebat les oreilles. »

Quoi qu’il en soit, alors que l’on pouvait s’attendre à une analyse des raisons médiatiques de cette saturation, Raphaëlle Bacqué change brutalement de cap.

Conseillère en communication.

Eludant les motifs journalistiques de l’invasion de certaines personnalités dans les médias (et dans les colonnes du Monde), c’est, en effet, une toute autre question qu’elle soulève : « l’élection peut-elle être perdue du simple fait de ce qu’il faut bien appeler une saturation médiatique ? » Plutôt que de s’interroger sur la contribution des médias à la « saturation » qu’elle semble déplorer, elle se focalise sur les risques qu’elle fait courir aux candidats qui « saturent ».

Certes, elle constate, à sa façon, que la pluralité des titres ne fait pas le pluralisme des opinions : « l’explosion des chaînes privées a eu un effet paradoxal (...). Ce sont les mêmes sujets qui semblent aujourd’hui ressassés jusqu’à l’écœurement par des dizaines de canaux médiatiques supplémentaires ». Mais elle n’en tire aucune conséquence. Comme si elle entérinait ainsi le statu quo.

Raphaëlle Bacqué explique, par exemple, au sujet du président de l’UMP : « si l’on vous voit tous les jours, il faut tous les jours frapper les esprits afin d’être à nouveau remarqué. (...) On risque vite à ce jeu-là de susciter une forme d’anxiété dans l’opinion, forcée de suivre le rythme chaque jour plus rapide du maelström dans lequel chacun, à la fin, se trouve englouti. » Et d’ajouter : « la frénésie médiatique du ministre de l’intérieur (...) est pour beaucoup » dans cette omniprésence. « Pour beaucoup » ? Soit. Mais pour le reste ? Comme si la « frénésie » des médias (Le Monde inclus) n’était pas le relais consentant de la « frénésie » de Sarkozy.

Comme si les médias (en toute indépendance ?) ne pouvaient qu’abdiquer devant les stratégies d’occupation de l’espace médiatique par les politiques.

Résignation ou cynisme ? L’analyste des médias préfère le rôle d’experte en communication. Elle écrit ainsi de (à ?) Ségolène Royal : « Si elle est investie comme candidate du Parti socialiste à l’élection présidentielle, elle devra cependant, elle aussi, se défier de ce phénomène de saturation médiatique qui menace tous les favoris. Sa campagne sur le thème de la démocratie participative répond déjà à cette préoccupation. Mais, de plus en plus, lorsque la présidente de la région Poitou-Charentes se déplace, elle paraît, à son tour, engloutie dans une forêt de caméras. »

Dans la même logique, c’est exclusivement du point de vue de sa stratégie médiatique qu’elle analyse la démarche de François Bayrou, consistant à poser la question - somme toute normale dans une démocratie - des rapports entre grands groupes industriels, médias et partis politiques dominants : « [plusieurs candidats] cherchent (...) à apparaître comme des victimes du système médiatique, des exclus du pouvoir, des rejetés de l’élite. Jean-Marie Le Pen a bâti une grande partie de son succès sur ce thème, mais aussi François Bayrou, le président de l’UDF, qui présente l’avantage rassurant d’être, contrairement au président du Front national, un élu du système menant une campagne anti-système. » Que les prises de positions de Bayrou ne soient pas dénuées de toute dimension strictement tactique, c’est possible, voire probable. Mais peut-on les réduire à cela ? Ou pis, comme le fit Le Monde dans un autre article, se borner à dénoncer une variante de la théorie du complot [4] ?

On savait le « journal de référence » incapable de toute critique véritable des médias. On le savait aussi prêt à jouer, en fin stratège, le rôle de conseiller des Princes [5]. On sait désormais que le respect cynique du statu quo médiatique est inséparable de cet emploi.


[1] Le 30 septembre 2006, à la tribune des Etats généraux pour le pluralisme, Jean-François Téaldi (du SNJ-CGT) relevait qu’au 264ème jour de l’année 2006, Nicolas Sarkozy était apparu 266 fois dans les journaux télévisés de France 3.

[2] Contrairement à ce que nous avions écrit initialement, Raphaelle Bacqué n’est pas « responsable du service politique », « service qui n’existe du reste pas sous cette dénomination », nous précise Olivier Biffaud, secrétaire général de la rédaction du Monde et grand lecteur d’Acrimed. (Rectificatif du 10 octobre 2006)

[3] Dans les titres ou dans les dessins

[4] Lire « Le Monde réplique à François Bayrou : “Au-delà de la vieille thèse du “complot médiatique”” ».

[5] Lire, par exemple, « Le Monde, conseiller politique de Lionel Jospin ? ».

www.acrimed.org/article2456.html

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Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /Oct /2006 00:15

Par Alain Verse

En invitant Ségolène Royal sur le plateau de TF1, Patrick Poivre d’Arvor et les réalisateurs du 20h ont contribué conjointement à la dépolitisation de la politique. Le premier par des questions dont la vacuité et la complaisance ne présentaient guère d’intérêt du point de vue politique. Les seconds, en construisant un dispositif de mise en scène et en images qui entérinait et amplifiait la candidature de Ségolène Royal comme phénomène médiatique.


(Image BMP) 

Des questions bien peu politiques

Sur les 9’40 de l’entretien, on peut considérer que moins d’un tout petit tiers de la durée environ (2’40) a un rapport ténu avec la chose politique. Il s’agit des deux premières questions qui portent sur les urgences auxquelles la future présidente aurait à faire face et sur ce « qui ne fonctionne pas » actuellement en France : deux questions vagues qui reçoivent des réponses générales. La suite de l’entretien se focalise exclusivement sur la personne de Ségolène Royal, de son frère impliqué dans l’affaire du Rainbow Warrior et de son compagnon, François Hollande. Après une question sur le doute émis par Claude Allègre (« votre ministre de tutelle quand vous étiez ministre déléguée ») sur ses aptitudes à exercer la fonction présidentielle, et alors que Ségolène Royal tente de revenir sur le terrain politique en évoquant les solutions pour réduire les inégalités, PPDA se désintéresse avec superbe du sujet et s’inquiète plutôt de savoir si elle se sent « capable d’affronter toutes ces attaques personnelles qui fleurissent, hélas, lors des campagnes présidentielles  ». Le « hélas » est savoureux puisque les journalistes font leur miel de ce type d’attaques au détriment, évidemment, du débat politique.

Suivent trois questions totalement vaines sur la polémique que susciterait le rôle de son frère dans le sabotage du Rainbow Warrior et surtout sur les confidences qu’il lui aurait faites à ce sujet (elle ne savait rien, dit-elle, mais c’est tellement excitant d’imaginer qu’elle était dans le secret qu’il faut au moins deux relances pour s’en assurer).

Suivent enfin deux questions sur le compagnon : la première pour savoir s’il est « de mèche » avec elle pour la mise en orbite de sa candidature et la deuxième, angoissante, « que les gens se posent », pour s’enquérir de ce que deviendra François Hollande si elle est élue présidente : « restera-t-il premier secrétaire du PS, deviendra-t-il premier ministre ou ministre de votre gouvernement ?  ». On sent la gourmandise de PPDA qui voit déjà le jeu politique s’immiscer ainsi dans l’espace familial et l’intimité du couple.

La dernière question enfin est la plus significative de toutes puisqu’elle situe exactement l’enjeu de cet entretien si creux : « est-ce que vous comprenez pourquoi vous attirez la lumière, les regards, depuis quelques temps, d’où est venue cette cristallisation ? ». Devant une telle déclaration, on sent Ségolène Royal presque gênée, hésitante, qui se donne le temps de répondre : « je veux penser que c’est grâce à ma liberté de parole »... Veut-elle se persuader qu’elle n’est pas seulement ce à quoi la mise en images de son interview l’a pourtant réduite : une icône médiatique ?

Une mise en abîme médiatique

Sur la centaine de plans que contiennent les 580 secondes d’entretien (soit une moyenne de 5,8 secondes par plan ce qui n’est pas du tout un rythme excessif pour la bonne perception de la séquence), la moitié environ (53) est constituée de plans de Ségolène Royal seule à l’image (avec Paris la nuit comme fond animé mais peu distrayant) avec une alternance conventionnelle de deux valeurs différentes dans le même axe (plan poitrine et plan taille). PPDA est seul à l’image en plan poitrine à une quinzaine de reprises et uniquement quand il pose une question (soulignons qu’il n’y a pas de plans de coupe sur lui quand elle parle et il ne l’interrompt quasiment jamais !).

 

A une quinzaine de reprises, ils sont tous les deux présents en même temps à l’image dans un plan d’ensemble du studio (elle à gauche et lui à droite de l’écran) avec un fond neutre : une image dans les tons « bleu TF1 » représentant des formes abstraites qui pourraient être des contours de pays.

En revanche, à seize reprises, alors qu’ils sont tous les deux dans le plan, d’autres images sont insérées comme fond : elles sont toujours grand format, « en cinémascope », et séparent presque exactement les deux protagonistes qui apparaissent de trois quarts profil et très éloignés l’un de l’autre. Ces images sont en plein milieu de l’écran : on ne voit qu’elles, les deux interlocuteurs disparaissent au profit de ces images. Or que nous montrent et nous racontent ces images ?

A deux reprises elles ont un rapport direct, quoique complètement superfétatoire, avec les propos échangés : quand PPDA évoque lourdement l’implication du frère de Ségolène Royal dans le sabotage du Rainbow Warrior, on a droit à quelques images archiconnues du port d’Auckland avec le bateau coulé.

Et avant de lui poser la dernière question particulièrement flagorneuse (voir plus haut), il fait référence au prix de l’humour politique que vient de lui décerner le Press Club : apparaît alors ce qui doit être le trophée.

Pour le reste ces images n’ont aucun rapport significatif avec le contenu de la conversation : elles ne peuvent en aucun cas être considérées comme des illustrations. Elles font pourtant sens et même massivement : ce sont des images de propagande au sens fort du terme.

Mis à part la première (un panoramique de droite à gauche qui permet de découvrir successivement les photos de Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal et Laurent Fabius), qui apparaît pendant la question posée par PPDA et avec lequel elle n’entretient aucun rapport puisque la question ne porte pas sur la compétition interne au PS, les autres images, sans doute issues de reportages de TF1, montrent Ségolène Royal en campagne.

(Image BMP)
Royal et DSK

- Quand PPDA évoque le compagnon auquel il consacre tout de même deux questions, les images montrent : Royal et Hollande se souriant avec affection sur un banc de l’Assemblée Nationale ; la même souriante, avec derrière elle une grande photo de François Hollande tout sourire ; le couple se regardant de nouveau tendrement en souriant ; etc.

(Image BMP)
Royal et Hollande

- Plus intéressantes sont encore les autres images : on a droit à deux images du site de la candidate (« Désir d’avenir » sans qu’il y soit fait référence dans la discussion) ; deux images de Ségolène Royal, charmante, lors d’un meeting avec à l’arrière le symbole du PS, une autre à l’Assemblée Nationale sagement assise en tailleurs rose sur les siège en velours rouge foncé et surtout une dizaine d’images de la candidate favorite des sondages serrant des mains, souriante au milieu de fans, les flashs qui crépitent comme pour une rock star, devant une caméra, interviewée par des journalistes ; ou sinon on la retrouve en Afrique au milieu de femmes. Une autre image enfin montre des fans agitant des pancartes (« pour nous c’est elle » ou « les Bouches du Rhône avec Ségolène Royal »)

(Image BMP)
Royal et la foule

Bref toutes ces images sont parfaites pour illustrer un "propos" médiatique qui n’est pas explicitement tenu (ou un reportage qui n’est pas montré) et pourrait être le suivant : Ségolène Royal est une star, elle est aimée des gens au milieu desquels elle est à l’aise, elle est populaire, elle est un phénomène médiatique et, en cela, elle est légitime à la télévision, pour la télévision . Et la télévision nous montre qu’elle y est doublement à sa place : comme invitée et comme sujet d’une narration télévisuelle dans un formidable pléonasme visuel. D’ailleurs, on en a la preuve dans un plan, lors de l’entretien, où on la voit de profil sur le plateau avec, en fond d’image, elle-même dans une position analogue mais en plus grand. On a ainsi deux Ségolène Royal pour le prix d’une : la vraie et la figure de la construction médiatique.

(Image BMP)
Royal en gros plan

On comprend dès lors que la superficialité, la généralité et la légèreté des propos tenus n’aient guère d’importance ou mieux, soient même nécessaires d’un point de vue programmatique puisque le vrai programme, ce sont les images : la présidentielle qui s’annonce sera une bataille d’images.

www.acrimed.org/article2461.html

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HISTOIRE D'EN RIRE !

C'est l'histoire d'une dame âgée qui en traversant la chaussée fait une chute et se ramasse sur le derrière en plein milieu de la rue !
Sarkozy, qui la suivait par hasard, s'empresse de l'aider à se relever et à traverser la rue.
Arrivés de l'autre côté de la rue, le petit Nicolas dit à la vieille dame :
- Ce fut un plaisir pour moi de vous aider. Est-ce que vous m’avez reconnu ? Je suis Nicolas Sarkozy, votre Ministre de l’Intérieur. J’espère que vous voterez pour moi aux prochaines élections.
La vieille dame lui réplique:
- Vous savez, je suis tombée sur le cul, pas sur la tête !

"Sarkozy n'a qu'un handicap d'image : il est petit. Pour qu'une photo de lui soit bonne, il faut travailler baisser, essayer de le décrocher pour le grandir"

 Raymond Depardon, Cinéaste et Photographe 

«L'esclavage des Noirs a été inventé par les Noirs, en Afrique, c'est eux qui vendent les autres Noirs parce qu'ils n'ont aucune conscience de la fraternité Noire, ça n'existe pas ça ». Eric Zemmour, journaliste I-Tele et France 2 

«Beaucoup de ces Africains sont polygames.Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants.Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues.» Hélène Carrere d'Encausse, membre de l'académie Française ( A propos des émeutes urbaines)

 

 



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