La France a redécouvert les joies de la passion sportive, oubliant vite les " méchants
footballeurs", ces racailles qui ne respectent pas la patrie. Si nous en sommes là, c'est par la grâce des performances remarquables accomplis par les représentants français aux JO de
Londres 2012. Pourvu que ça dure, alors que la semaine d'Athlétisme démarre.
En attendant, retour sur la semaine " grand bleu" et ses héros, en particulier du côté de la piscine, où Florent et Laure Manaudou, Yannick Agnel, Camille Muffat...ont offert du bonheur à revendre aux millions de Français,
notamment.
D'abord, il y a eu
la victoire sans contestation de Camille Muffat au 400 m nage libre, le premier sacre suprême de la France dans ces JO. La ténébreuse et énigmatique camille Muffat, dont Yannick Agnel,
son coéquipier d'entraînement décrivait comme "discrète, parfois secrète et n’a pas la place qu’elle mérite aux yeux des gens. Surtout avec la présence de Laure qui alpague tous les
médias.", a ensuite exposé le talent qu'on lui connaissait dejà depuis l'âge de 15 ans !
Pour information, elle avait battue Laure Manaudou en 2005, alors qu'elle n'avait que 15 ans. "Avec un
record de France à la clé. La comparaison était inévitable : elle fut présentée comme un nouveau prodige", souligne l'Obs. La reine française des JO mérite son titre, sachant qu'elle a remporté la médaille de bronze lors relais 4x200m féminin (Muffat, Bonnet, Etienne,
Balmy), ce qui n'était encore par le passé."Ce relais, ça fait quelques années qu'on y croit beaucoup, qu'on attend une médaille. On était toujours
déçues, on finissait 4e, 5e. Maintenant, on a notre médaille", savourait-elle à l'arrivée. Et comme Laure Manaudou en 2004, elle s'est offerte la panoplie complète (1 or, 1 argent, 1
bronze).
"Camille Muffat ne rate jamais un entraînement, même quand elle est très
enrhumée", raconte son entraîneur à La
Voix du Nord, Fabrice Pellerin : " Camille, c’est la fille qui aura toujours sa chambre impeccable avec ses affaires pliées en quatre. Si
vous lui donnez rendez-vous à 8 heures, elle sera là dix minutes avant. Et n’oubliera jamais rien.Elle a aussi beaucoup de valeurs importantes sur lesquelles elle se repose. Pour elle, une
médaille, c’est d’abord du travail." Elle devrait beaucoup plaire aux médias, ça change des "footeux riches et mal élévés".
Ensuite, il y a eu Yannick Agnel qui est devenu la nouvelle star
française de la natation "franco-mondiale". Sacré champion olympique du relais 4x100 m, puis tout seul sur 200 m, le nîmois des bassins, 20 ans, est devenu le modèle pris en
exemple par tous les médias pour casser du footeux, une activité en vogue dans le pays où il fait bon de trouver des boucs émissaires pour expliquer ce qui ne tourne plus rond en
France .
"Yannick Agnel, le double champion olympique qui cite Montesquieu", a démarré le site rue
89, relayé de près par l'hebdomadaire Marianne, qui poursuit : "Il lit Nabokov, fredonne Barbara avant de prendre le départ d’un 200
mètres nage libre et il est double médaillé olympique", ajoutant: " Plus encore que ses performances sportives et marines, c’est la personnalité de Yannick Agnel qui séduit la
presse nationale. Le sympathique nageur – cultivé et poli – a damé le pion à ces grossiers footballeurs, désormais honnis par les éditorialistes". Et de poursuivre: " Quelques mois après l’échec moral – et sportif – de l’équipe de France de football à l’Euro, la natation française est devenue la bouteille d’oxygène – un comble
– des analystes soucieux de faire le récit de champions, grands et sympathiques, cultivés et polis." Un " gendre idéal" n'est-ce pas ? Même François Hollande ne s'y est
pas trompé, lui qui a salué ces champions, " fiers de gagner pour la France". Et de poursuivre, accusateur : "cela n’a pas était toujours le cas dans d’autres sports, il
y a peu". Dur, dur d'être un "président normal", notamment lorsque l'on cède à la facilité consistant à hurler avec les loups.
Enfin, il y a eu la belle histoire de la famille Manaudou. On attendait le retour de la soeur
Laure, c'est plutôt Florent, le petit de la fratrie, qui s'est fait un prénom devant les cadors du 50 m nage libre. "L'élimination de Laure Manaudou ou le revers de la
"peopolisation", a tonné le procureur Bilger, et de lâcher un terrible réquisitoire. " L'impossible retour de Laure Manaudou n'est pas
seulement la conséquence de l'inéluctable flamboiement d'hier par rapport à l'inévitable régression d'aujourd'hui mais sans doute, aussi, du fait que la championne, depuis le faîte qu'elle a
connu, n'a plus été confrontée à une atmosphère aussi dure et éprouvante que celle subie à Nice. Entre sa peopolisation et la natation, Laure Manaudou n'a pas cessé d'osciller et ses histoires
amoureuses, le bonheur d'être devenue mère, son compagnonnage médiatique avec son frère, certaines polémiques l'ont rendue plus familière avec un univers clairement opposé à la philosophie d'un
Fabrice Pellerin dressant une cloison étanche entre l'intime de ses nageurs et les exercices quotidiens qu'il leur imposait. Si j'ose dire, Laure Manaudou n'avait plus seulement la tête à l'eau
ou dans l'eau !".
On imagine les procès qui attendaient la nageuse déchue à son retour, sauf que son petit frère ne l'entendait pas
ainsi. Personne n’attendait Florent Manaudou sur 50 m et c’est pourtant lui qui a remporté la course, explosant son meilleur temps sur la discipline, et
vengeant à sa manière sa soeur, dans folle de joie, qui s’est jetée dans ses bras, offrant à la planète entière un grand moment de tendresse sportive et familiale.
Pour l'histoire, le jeune champion, 22 ans, s’était qualifié pour les Jeux en éliminant son principal rival,
Fredéric Bousquet, qui n'est autre que son beau frère, le compagnon de sa grande soeur. Après cette victoire cornélienne, Florent avait dit qu’il était "très déçu », que ce
50 mètres olympique, il le ferait un peu pour son beau frère. Promesse tenue !
EDF - Yannick Agnel & Camille Muffat par franceolympique