Nicolas Sarkozy a t-il perdu son bras de fer contre la nébuleuse Al-Qaeda, section Maghreb islamique (Aqmi) ? On peut le croire après la très plausible exécution de l'humanitaire Français Michel Germaneau, 78 ans, faisant suite au raid manqué auquel ont participé des militaires français jeudi 22 juillet à l'aube dans le désert malien contre un groupe de l'Aqmi, en pensant avoir localisé l'otage. Or, cette opération s'était soldée par un échec, l'ancien ingénieur n'étant pas présent dans le camp de l'Aqmi attaqué par les commandos français et des unités mauritaniennes.
Pour le chef de l'Aqmi, Abou Moussab AbdelWadoud, c'est en réponse à cette opération militaire que l'otage français, enlevé au Niger le 19 avril, a été tué, et cela pour venger les sept djihadistes qui avaient été tués. "Nous annonçons avoir exécuté l'otage français dénommé Michel Germaneau samedi 24 juillet pour venger nos six frères tués dans la lâche opération de la France", a t-il affirmé dans un enregistrement sonore diffusé dimanche soir par la chaîne Al-Jazira. Et de poursuivre: "Nicolas Sarkozy a échoué à libérer son compatriote par cette opération, mais il a, sans aucun doute, ouvert pour lui, pour son peuple et pour son pays l'une des portes de l'enfer". Avant d'ajouter: "La preuve que nos actes suivent nos paroles (...), nous annonçons avoir exécuté l'otage français".
A n'en pas douter, cette intervention devrait bien faire causer pendant le "conseil de défense et sécurité" convoqué à l'Elysée, qui devrait certainement fournir quelques précieux "éléments de langage" aux ministres de la Défense et de l'Intérieur ainsi qu'au Premier ministre qui devront expliquer aux Français qu'il n'y a aucun lien de causalité entre l'échec du raid de jeudi dernier et la mort de leur compatriote. Il faudra plus que la version élyséenne selon laquelle Michel Germaneau "était mort depuis plusieurs semaines". Ben voyons.
Et pourquoi avoir pris le risque de mener le raid du 22 juillet s'il était déjà mort ? Pour récupérer son cadavre, peut-être ? De qui se moque t-on là ?
Ce qu'il faut retenir de ce dénouement tragique, c'est que le pouvoir s'emmèle généreusement les pinceaux dans sa guerre contre le terrorisme "islamiste", confondant à la fois vitesse et précipitation, communication gouvernementale et sécurité intérieure et extérieur des intérêts français. Et l'on peut redouter que la surenchère guerrière adoptée à Grenoble n'aggrave les menaces visant la France. " A Grenoble, le pouvoir adopte des postures de guerre", dénonce le Chercheur en sciences sociales, Mathieu Rigouste. Pour lui, le pouvoir mène à l'évidence une stratégie de "contre-guérilla dans les banlieues comparable à celle dont la guerre d'Algérie a été le laboratoire". Et de dénoncer la construction médiatique de la figure de "l'immigré-islamiste réfugié dans les quartiers populaires".
Et la mise en scène politicienne de la mort du braqueur de Grenoble, c'est à dire une visite-éclair de Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur de quinze minutes et envoie le RAID et le GIPN, soit au moins trois cents hommes supplémentaires, un quadrillage de la zone, des barrages filtrants, le survol d'un hélicoptère, ne peut qu'inquiéter sur le "substrat idéologique des réponses politiques aux violences urbaines". Et que dire de la couverture médiatique au diapason du gouvernement, où de nombreux médias ont évoqué que le braqueur avait été inhumé " dans le carré musulman " d'un cimetière de l'Isère ?
Et Mathieu Rigouste assène l'" islamiste " ou " le casseur " sont des réglages de l'appareil répressif, des "marionnettes ". Comme pour toute opération, il faut communiquer, désigner l'ennemi, encore plus lorsqu'il s'agit de légitimer auprès de la population une opération intérieure menée dans la population". Et de poursuivre: "Lorsqu'on monte des opérations intérieures il faut des ennemis intérieurs crédibles parce qu'il s'agit d'amener la population à accepter, soutenir voire participer à la purge publique"... "La manière dont on désigne l'ennemi intérieur a un lien avec la manière dont on veut contrôler la société. La manière dont on le sacrifie aussi. Mettre une balle dans la tête d'un habitant en bas de son immeuble et laisser le corps à la vue de tout le monde est un message de destruction". "On utilise un peu de "burqa" pour justifier les camps pour étrangers et la guerre en Afghanistan, un peu de "racaille" pour accompagner la destruction des quartiers populaires. C'est un principe de base en stratégie, pour occuper le territoire, il faut occuper les esprits".
"La xénophobie est structurelle dans l'Etat-nation, l'étranger y est défini par principe comme un suspect........Au XIXe siècle, on "racialisait " déjà les"classes dangereuses". On parlait des "bédouins" et en 1848, pour pacifier Paris et mater les révoltes ouvrières on avait déjà fait revenir des militaires d'Algérie spécialisés dans la "guerre au milieu des populations", conclu t-il
Le moins qu'on puisse dire, c'est que " la nouvelle guerre d'Algérie" que le pouvoir mène ne peut que donner du grain à moudre aux salafistes d'Al-Qaeda. Et les mots du "chef de guerre français" ont probablement provoqué des applaudissements chez les " fous de dieu". "Le crime commis contre Michel Germaneau ne restera pas impuni", a déclaré Nicolas Sarkozy.
C'est dire si le va t-en guerre à l'Elysée est l'homme idéal aux yeux des djihadistes et leurs chefs
A2N
Sarkozy agressé à Argenteuil
envoyé par Jeune_Identitaire. - L'actualité du moment en vidéo.


