Texte libre

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La propagande des médias aux ordres et la désinformation quotidienne de penseurs et pseudos philosophes, qui squattent les plateaux TV et ondes radiophoniques, ont triomphé de la lucidité des Français. Depuis hier, 16 mai 2007, le candidat du CAC 40, du MEDEF et des lobbies, est le président de la République. Sa victoire face à la candidate socialiste, Ségolène Royal, est nette ( sans bavures ???). La majorité des suffrages s'est portée sur son projet, celui d'une droite raciste et ultra-réactionnaire, ce n'est pas la présence de quelques Basanés à l'UMP ou dans le prochain gouvernement, voire les ralliements opportunistes de centristes et d'apparentés socialistes, qui démontrera le contraire. En criant aux loups et en sous-tendant qu'il existait des ennemis de l'intérieur, ceux là qui demandent la "repentance" de la France, comme l'ont suggéré le candidat de la peur et ses amis "intellectuels", les électeurs ont voté sans discernement pour un projet de société néoconservateur. On sait ce qu'il adviendra très bientôt. En clair, comme l'a rappelé le slogan choc de la campagne électorale, "Ensemble tout est possible". Oui, tout est possible, mais sans nous, c'est à dire une grande minorité ( 47%) qui croit en une société plus "juste" et plus "forte", fière de son identité "multiraciale", qui n'a pas honte de reconnaître toute son Histoire, celle qui est à la fois estimable et condamnable. 

Ce n'est qu'à ce prix là que la France se réalisera et évitera de culpabiliser ceux des siens qui ne croient ni au mythe d'une grand ancêtre Gaulois commun, ni aux bienfaits de la colonisation, encore moins aux fables d'un historien de pacotille sorti de la botte d'un journaliste cumulard et chef de la propagande sur l'unicité de l'Histoire ( pas la sienne, bien entendu).

Enfin, le nouvel occupant du château de l'Elysée n'empêchera pas au monde de tourner, même si l'on s'attend à subir, plus que jamais, ses coups de pression et autres intimidations. Il faut l'accepter, c'est le peuple qui l'a souhaité majoritairement ( 53%), mais regrettera très bientôt son choix à courte vue.  En attendant la CENSURE promise par le monarque en puissance, au nom de la protection des "petits intérêts" d'une oligarchie de la finance et de lobbies politico-mafieux, vous pouvez continuer à vous exprimer ou visiter cet espace de liberté sans concession.  Putain 5 ans !

  

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Lundi 9 octobre 2006 1 09 /10 /2006 19:14

Editorial: L’islamophobie en question

Vous n'avez pas ou peu de talent ? Vous souhaitez, vous aussi, votre quart d'heure de gloire planétaire ? Vous rêvez de faire la une des médias malgré votre absence d'envergure? Vous souhaitez faire la promotion de thèses douteuses?

Mesdames et Messieurs, il suffit simplement de cultiver la HAINE de l'Autre, en s'en prenant, par exemple, aux musulmans !

Rassurez vous, l'islamophobie est depuis le 11 septembre 2001 le meilleur support promotionnel de quelques écrivaillons ou apprentis intellectuels  en manque d'inspiration, à l'instar des Houellbecq, Oriana Fallaci, Alexandre Del Valle, Caroline Fourest, Claude Imbert et , depuis peu, le FILOU....SOPHISTE Redeker, qui pousse même  la provocation jusqu'à s'imaginer  être persécuté par des admirateurs de Ben Laden ou autres "kamikazes jihadistes" de la légion Zarqaoui. S'essayer à la prose islamophobe, c'est  s'assurer la compassion inconditionnelle d'idéologues de la laïcité à temps partielle, de casseurs de Nègres révoltés , d'atlantistes , de fervents défenseurs de la doctrine de conflits "civilisationnels" et du temps béni des colonies. 

Décharger sa HAINE de l'Autre, c'est l'assurance de faire tous les JT et de provoquer des débats tronqués chez Calvi, Ruquier, Moati, Giesbert etc... 

Décharger sa HAINE de l'Autre et appeler à son lynchage, c'est permis, à condition d'offenser Mahomet a nom de la sacro-sainte liberté d'expression, celle là même qui est refusée à l'humoriste Dieudonné lorsqu'il dénonce le cynisme et le racisme de la politique d'Israël en Palestine. Etrangement, face aux exactions commises par l'armée de l'Etat hébreu, c'est le silence absolu chez les habituels pourfendeurs de l'intolérance "islamiste". Deux poids, deux mesures, dites-vous? C'est à croire que l'islamophobie est devenue une question de bon sens, c'est à dire la chose la mieux partagée aujourd'hui par ces inquisiteurs des médias et associés. Etre islamophobe, c'est s'assurer la protection des "élites" et "déclinologues", toutes tendances confondues, convertis au Bushisme à l'insu de leur plein gré, au nom d'intérêts éloignés des préoccupations du peuple Français. 

L'exemple du Nouvel observateur, voir TRIBUNE SUR L'ISLAM ci-dessous, hebdomadaire dit de gauche, qui n'en finit plus de se rapprocher des médias dits de droite, en l'occurence le Figaro     ( jusqu'où ira la collusion d'intérêts entre ces médias et  "intellectuels" ?)

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L'inacceptable

NOUVELOBS.COM | 05.10.06 | 09:47

  
jdaniel@nouvelobs.com

L'inacceptable par Jean Daniel,
cofondateur
et directeur
du Nouvel Observateur

UN PROFESSEUR de philosophie publie un article dans le Figaro et il est aussitôt menacé de mort. C?est volontairement que je ne rappelle pas encore le sujet de son article. Parce que, avant toute chose, de manière prioritaire, il nous faut dénoncer les auteurs de ces menaces. Nous vivons dans un Etat de droit où la liberté d?expression est fondamentale et où ses limites sont définies par des lois auxquelles on peut avoir recours. Toute hésitation sur la défense de ce principe ne peut qu?inciter la secte des violents à accroître ses pressions et à tenter de les rendre efficaces.
Certains d?entre nous connaissent les effets des menaces suscitées par un article. Puisqu?il est si souvent, aujourd?hui, question de la guerre d?Algérie, nous avons nos souvenirs. On pouvait être menacé dans sa famille et ses amis. Les appartements pouvaient être plastiqués. Nous devions changer d?adresse et parfois même ? dans mon cas personnel - de clinique parce que l?on redoutait que l?OAS vînt nous y trouver. Les circonstances n?étaient pas les mêmes ? La situation du professeur aujourd?hui menacé est identique à celle du journaliste que j?étais.

 


On peut maintenant, et maintenant seulement, dire que l?article du professeur de philosophie Robert Redeker concerne l?islam et que, dans son titre, il pose la question de savoir "ce que le monde libre doit faire face aux intimidations islamistes". Que faire ? Tout simplement ne pas se laisser intimider? Rappeler que cette intransigeance laïque concerne évidemment n?importe quelle religion. Réaffirmer que, dans le pays de Voltaire, on a conquis, et de haute lutte, le droit au blasphème. Rappeler qu?un cinéaste a été assassiné aux Pays-Bas pour "offense à l?islam". Trouver abjectes les réactions iraniennes après la publication des caricatures danoises. Se réjouir de ce que le pape Benoît XVI, s?il a eu raison d?exprimer sa tristesse devant les réactions qu?il provoquait, n?ait pas éprouvé le besoin de s?excuser.
Après quoi il n?est pas interdit - et il est même indispensable - de choisir les moyens les plus efficaces pour lutter contre la violence islamiste. On peut et on doit se demander si le meilleur moyen d?endiguer l?islamisation, c?est d?injurier l?islam.
On peut et on doit se demander si, pour inciter les musulmans à choisir, dans le Coran, celles des injonctions qui sont les plus pacifiques et qui correspondent le mieux à nos valeurs, il convient de couvrir d?opprobre la personnalité du prophète.
On dira qu?on le fait tous les jours quand il s?agit du christianisme ou du judaïsme. Auteur d?une critique radicale des fondements de la religion juive, je m?autorise pleinement à exiger que l?islam ne soit pas épargné. Mais je défends un principe en même temps que je poursuis un objectif. Je veux concilier l?éthique de conviction et celle de la responsabilité. Et je ne vois pas ce que l?on peut espérer de la provocation délibérée, de l?attaque frontale et de la mise en cause générale telle qu?elles se manifestent dans l?article de Robert Redeker.
Que faire, encore une fois, pour résister aux "intimidations islamistes" ? Eh bien, d?abord, ne pas ignorer que c?est ? surtout depuis la révolution islamique khomeiniste - une question que se posent des millions de musulmans dans le monde. On ne répètera jamais assez que les premières victimes de l?islamisme fanatique, ce sont les musulmans.
Des populations fraternelles et pacifiques, hospitalières et attentives, sont contrainte de subir les flambées d?une violence dévastatrice qui, de plus, n?hésite pas à profaner ce qu?il y a de plus sacré dans leur univers. Et l?évidence, lorsque l?on admet cette vérité, est que ces millions de musulmans sont les alliés naturels de nos conceptions de la critique et de la liberté.
Une autre évidence en découle : il faut tout faire pour aider le combat de ces alliés naturels. Et l?on peut y parvenir en rappelant, par exemple, le parcours d?un prophète qui passe de la spiritualité mystique à une stratégie guerrière. Maxime Rodinson, imprudemment cité dans l?article du Figaro, fait de lui une synthèse entre Jésus et Charlemagne : "Mohammad était un homme complexe et contradictoire. Il aimait le plaisir et se livrait à l?ascèse. Il fut souvent compatissant et quelquefois cruel. C?était un croyant dévoré d?amour et de crainte pour son dieu et un politique prêt à tous les compromis.
(?) Il fut calme et nerveux, courageux et craintif, plein de duplicité et de franchise, oublieux des offenses et atrocement vindicatif, orgueilleux et modes, chaste et voluptueux (?) mais il y avait en lui une force qui, avec l?aide des circonstances, devait en faire l?un des quelques hommes qui ont bouleversé le monde".
L?appréciation des commandements de l?islam pose un problème à tous les musulmans, ils ne le savent que trop. Les réactions que suscite chez eux la liberté des commentaires sur l?islam lorsqu?elle vient de l?Occident ne sont rien en comparaison de ce qui se passe entre musulmans dans le monde arabe et islamique. Et ce ne sont pas les piscines mixtes ou le visage des femmes libéré du voile qui peuvent peser d?une manière quelconque lorsque des musulmans offensent le caractère sacré du premier jour du ramadan par des attentats suicides qui provoquent en Irak la mort de trente-cinq musulmans chiites tandis que deux mosquées sont profanées.
Les affrontements entre musulmans ont fait des centaines de milliers de morts pendant la guerre entre l?Iran et l?Irak, pendant la guerre civile en Algérie, en Afghanistan et au Pakistan, sans qu?aucune voix ne se soit élevée pour appeler à la paix. Dire leurs vérités aux musulmans, c?est souligner le fait qu?ils paraissent plus sensibles aux agressions qui viennent des Occidentaux qu?aux atrocités qu?ils s?infligent les uns aux autres.
Je parle ici "des musulmans" et j?ai tort. Ils sont innombrables, différents, divisés et contradictoires. Ce sont d?ailleurs, il faut le dire, des intellectuels musulmans qui nous ont le plus incités ici à ne pas céder aux sectaires et aux fanatiques. Ils déplorent qu?on ne leur donne pas la parole et que, sur les écrans de télévision, ce soit les plus fanatiques, souvent, qui s?expriment sous les masques de l?ouverture d?esprit et de la conciliation. Simplement, les intellectuels dont je parle ici estiment qu?on ne leur facilite pas la tâche lorsque, d?une part, on a la lâcheté de déprogrammer un opéra de Mozart, comme cela a été fait à Berlin, et que, d?autre part, on a l?irresponsabilité, dans une époque où il faut "vivre avec l?islam", de ne pas imposer un échange d?idées de préférence à l?expression de la haine. Ne laissons pas Tariq Ramadan donner des leçons à Robert Redeker, ce confrère avec lequel, encore une fois, notre solidarité est entière.
J.D.

(le jeudi 5 octobre 2006)

 

 

"Je redoute un retour
à la notion de sacrilège"

NOUVELOBS.COM | 06.10.06 | 11:13

''Je redoute un retour à la notion de sacrilège'' par Elisabeth Badinter,
écrivain et philosophe,
auteur notamment
de "Emilie, Emilie - L'ambition
féminine au XVIIIème siècle"
(Flammarion, 2006)

Pour quelles raisons avez-vous signé l'appel en faveur de Robert Redeker ? En quoi les menaces de mort à l'encontre du philosophe sont-elles "une attaque contre la souveraineté nationale", comme vous l'écrivez dans l'appel ?

- C'en est une dans la mesure où Robert Redeker fait l'objet d'une menace de mort pour avoir exprimé une opinion. Chaque citoyen français doit pouvoir s'exprimer librement sans la moindre menace. Mais notre appel veut d'abord défendre la liberté d'expression. Je n'avais jamais vu cela: quelqu'un est obligé de se cacher parce qu'il a reçu des menaces de mort. Sa photo, sa maison et son adresse sont sur Internet. Robert Redeker est un homme en danger. C'est intolérable! Le précédent en Hollande [assassinat de Theo Van Gogh, NDLR] n'est d'ailleurs pas de nature à nous rassurer.
L'objectif de la pétition est aussi d'obtenir la prise en charge de Robert Redeker et de sa famille. C'est un homme modeste. Il a des enfants, une femme, mais ne peut plus travailler. Il est du devoir de la France de le prendre en charge.

 

Robert Redeker ne pouvait-il pas anticiper le fait que sa tribune allait entrainer de nouvelles réactions? Pensez-vous que les intellectuels doivent se montrer responsables et s'interroger sur l'opportunité de leurs publications?

- Non. Je refuse cette notion de l'autocensure. On peut penser ce que l'on veut du papier de Robert Redeker. Il est critique du Coran, mais on pourrait critiquer de la même façon les autres religions. Son article n'est pas un appel à la haine. Appeler à la responsabilité des intellectuels, cela commence à m'énerver, car c'est un appel à se taire.
Voyez cet opéra de Mozart suspendu à Berlin parce qu'il y a eu des menaces [la mise en scène montrait des têtes coupées de Jésus, de Bouddha, et de Mahomet, NDLR]: mais où va-t-on! On met le doigt dans un engrenage fatal.
A l'époque de Voltaire, ceux qui critiquaient l'Eglise risquaient une lettre de cachet, pas d'être assassinés. Nous retombons dans l'obscurantisme le plus total. Je redoute un retour à la notion de sacrilège. Je pense que toutes les religions doivent être critiquées, comme toutes les idéologies.

Pourquoi les intellectuels français ne sont-ils pas également mobilisés en faveur de la liberté d'expression après l'affaire Dieudonné et ses propos sur Israël?

- Dieudonné à perdu ses procès. Ceci posé, je vous répondrai par un autre exemple. Il y a eu à Téhéran une exposition de caricatures sur la Shoah, sur laquelle la presse française a d'ailleurs été très discrète. Et bien je n'ai pas vu de manifestation hostile dans les rues. Même l'horreur et l'ignominie n'excusent pas la menace de mort, pour laquelle il ne peut y avoir aucun prétexte.

Propos recueillis par Baptiste Legrand
(le jeudi 5 septembre 2006)

 "Nous ne rentrons pas les épaules
face à la menace"

NOUVELOBS.COM | 05.10.06 | 13:13

''Nous ne rentrons pas les épaules face à la menace'' par Alexandre Adler,
éditorialiste, membre du comité éditorial
du Figaro et signataire
de l'"Appel en faveur de Robert Redeker"
paru dans Le Monde

Quelle réaction vous a inspiré la lecture de la tribune de Robert Redeker à propos de l'Islam ?

- Je ne l'ai pas lue immédiatement. C'est seulement quand j'ai appris qu'il était menacé physiquement que je l'ai lue. Ce n'est pas une échappatoire, mais je ne peux pas donner la moindre opinion au risque d'affaiblir sa défense. Comme dans la philosophie Kantienne, l'acte moral est inconditionnel. Si on entre dans des débats avec des si et des mais, on donne à ses agresseurs des prétextes, du crédit. Je ne dirai donc pas un mot sur Robert Redeker, du moins, pas un mot de désolidarisation.

Etait-il opportun selon vous de publier un texte aussi violent à propos de l'Islam ? Robert Redeker ne pouvait ignorer les réactions qu'il allait provoquer. N'est-ce pas à chacun de prendre ses responsabilités ?

- Je ne le crois pas. On a parfaitement le droit de critiquer la religion. Si vous prenez un philosophe très en vue, Michel Onfray, si vous lisez les pages qu'il a écrites à propos de la religion, il y a des choses qui ne font pas plaisir. Il prétend par exemple que la circoncision est une mutilation physique qui altère le comportement de ceux qui y ont été confrontés.

 


Cela concerne les Juifs, mais également une grande partie des Musulmans. Si il estime que je suis un peu taré parce que je suis circoncis, c'est son droit, je ne vais pas lui envoyer des menaces de mort. Les Musulmans qui ne comprennent pas ça doivent comprendre comment fonctionne notre société et se soumettre à ses règles. Au XVIIIe siècle, en France et en Europe, des gens sont morts pour avoir critiqué la religion. C'est désormais un acquis et nous ne reviendrons pas là dessus. Ceux qui ne veulent pas accepter cette règle doivent quitter la France.
Je précise que l'immense majorité des Musulmans n'approuvent pas les intégristes. Et il faut comprendre que ce sont eux les premiers visés par ces intimidations. L'arrivée de millions de musulmans en Europe, la société la plus avancée au monde, au gré des migrations, ne crée pas de l'intégrisme, mais une progression rapide de l'idée de liberté. Notre société transforme le visage de millions de musulmans, et pour les intégristes, c'est une épée de Damoclès au dessus de leur tête. Toutes leurs actions consistent en des man?uvres destinées à la reprise en main de la communauté musulmane, à sa normalisation.
Et ces tentatives marcheront d'autant moins que nous ne sommes pas lâches. Nous ne rentrons pas les épaules face à la menace.

Si l'on se base sur la défense de la liberté d'expression la plus absolue, comment expliquer le fait que la critique tout aussi abusive de Dieudonné envers les Juifs n'ait pas provoqué un soutien similaire à celui dont bénéficie aujourd'hui Robert Redeker ?

-
Premièrement, Dieudonné a été rossé une fois à la Martinique. Il n'a jamais été menacé sous la même forme que Robert Redeker.
Deuxièmement, comme le dit la jurisprudence, il existe une différence entre le livre, l'article et le spectacle. Pour le livre, la liberté d'expression est totale. En matière de journaux, il faut qu'elle soit la plus large possible, dans le respect de l'honorabilité des personnes citées. En matière de spectacle, c'est un peu différent. Les passions s'expriment plus facilement, et à un certain moment, pour des raisons d'ordre public, il convient de pouvoir y contrevenir. Ca n'a pas été le cas pour Dieudonné. Une seule fois, un directeur de théâtre l'a déprogrammé.
Et il n'y a jamais eu, de la part de la communauté juive, une volonté de destruction de Dieudonné.
Je voudrais noter qu'il existe une différence radicale entre le mépris ou la détestation que l'on peut éprouver à l'égard de telle ou telle religion et le mépris ou la haine à l'égard d'un peuple.

C'est une man?uvre dangereuse des islamistes en France de vouloir élever l'islamophobie au rang de racisme. Que les islamophobes soient racistes, nul n'en doute. Que la critique de la religion nous semble plus décente de la part de quelqu'un qui a été élevé dans celle-ci est normal. Mais le fondement de la liberté de conscience, c'est le droit de critiquer toute forme de religion et ceci ne doit supporter aucune limite. La liberté de conscience c'est le droit d'avoir du mauvais goût, d'être un salaud. C'est la raison pour laquelle il n'y a pas eu, par exemple, d'action contre l'Abbé Pierre qui affirmait que l'ancien testament, la bible des Juifs, contenait des appels au génocide.
Dieudonné ne s'est pas contenté d'affirmer que le judaïsme était la religion "la plus con du monde". Il a frôlé de très près le négationnisme. Il s'agit là d'une attitude différente, de nature raciste. C'est comme si Robert Redeker avait voulu caricaturer l'accent des Africains.
Dans ce cas, je ne lui aurai pas apporté mon soutien.
Si l'on relit les ?uvres critiques de la religion sorties au XVIIIe siècle, il y a des choses qui ne sont pas très belles à lire. Mais ces écrits ont été décisifs pour faire sortir la société de cette idolâtrie de la religion. C'est pour cela que nous devons veiller comme à la prunelle de nos yeux à la liberté de conscience.

Propos recueillis par Clément Moulet
(le jeudi 5 octobre 2006)

 

"Redeker a le droit de publier
des tribunes inutiles"

NOUVELOBS.COM | 05.10.06 | 16:01

''Redeker a le droit de publier des tribunes inutiles'' par Guy Sorman,
romancier, auteur
de "L'Année du coq"
(Fayard, janvier 2006)

Pour quelles raisons avez-vous signé l'appel en faveur de Robert Redeker ?

- C'est avant tout un appel en faveur de la liberté d'expression. Le contenu du texte de Robert Redeker, avec lequel je suis en désaccord complet, n'est pas la question. S'il avait écrit un texte sur le droit à l'auto-détermination des Flamands, j'aurai signé aussi? Sa position est d'affirmer que tout est dans le Coran. C'est également ce que soutiennent les fondamentalistes musulmans! Soit on considère qu'une religion se définit toute entière dans le texte, soit, et c'est mon avis, que c'est la pratique qui la définit. Je défends en fait dans cette affaire le droit d'un fondamentaliste à l'être, et je défendrai de la même façon le droit à l'expression de Tariq Ramadan.
Il y ici deux questions: la valeur du texte et la valeur de la menace. Les menaces de mort sont
établies. Elles ne cherchent pas à atteindre Robert Redeker mais bien la liberté d'expression.

 

Après l'assassinat de Theo Van Gogh ou encore les manifestations violentes contre le discours du pape à Ratisbonne, Robert Redeker ne pouvait-il pas anticiper le fait que sa tribune allait entrainer de nouvelles réactions? Les intellectuels doivent-ils se montrer responsables et s'interroger sur l'opportunité de leurs publications ?

- Oui. En ce qui me concerne, je n'aurais jamais publié ce texte. Je ne considère pas qu'il soit utile. Mais je défends le droit de Robert Redeker à publier des tribunes inutiles, comme j'ai défendu le droit de Charlie Hebdo de publier les caricatures de Mahomet.

Partant de là, pourquoi les intellectuels français ne se sont-ils pas mobilisés en faveur de la liberté d'expression après l'affaire Dieudonné et ses propos sur Israël ? Y-a-t-il des religions que l'on peu critiquer plus facilement que d'autres ?

- Ce n'est pas la même chose, car il y a une loi française qui pénalise le négationnisme historique. On peut regretter cette loi, mais c'est une question très différente. Et je ne crois pas que Dieudonné appelle au débat. L'holocauste et l'antisémitisme ne sont pas des débats. La nature de l'islam en est un. On aimerait entendre ce que pensent les musulmans modérés.

Propos recueillis par Baptiste Legrand
(le jeudi 5 octobre 2006)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fabius
appelle Chirac à s'exprimer

NOUVELOBS.COM | 06.10.06 | 17:48

Le candidat à l'investiture socialiste appelle le Président à "prendre ses responsabilités" concernant l'affaire Redeker. Le professeur vit toujours caché.

  La tribune de Robert Redeker
La tribune de Robert Redeker
 
L aurent Fabius, candidat à l'investiture PS à l'élection présidentielle, a condamné mercredi 4 octobre, les menaces de mort contre Robert Redeker et a appelé le président de la République à s'exprimer sur le sujet pour défendre la liberté d'expression. Dans un long portrait publié dans son édition du jeudi 5 octobre, le journal Le Monde revient sur les conditions d'existence actuelle du professeur agrégé de philosophie, qui vit caché. "Robert Redeker est sous protection policière, dans un lieu indéterminé, depuis le 21 septembre, (…) caché pour échapper à l'avalanche de menaces de morts proférées par des groupes islamistes à la suite de la publication de son article dans Le Figaro", rappelle le quotidien. "Je ne sais pas où je serai demain. Mais j'ai un ordinateur", a-t-il prévenu, alors que sa femme et ses enfants auraient également quitté le domicile familial pour vivre disperser et sous protection judicaire.

Condamnation

Sur son blog Internet, Laurent Fabius a "condamné avec la plus grande fermeté les 'fatwas' lancées à l'encontre du philosophe" qui sont "inacceptables dans notre République".

"La vie de Robert Redeker et la liberté d'expression doivent être défendues, sans état d'âme", ajoute l'ancien Premier ministre, en précisant qu'il "ne partage absolument pas" la vision du philosophe dont le texte dans le Figaro était "truffé d'affirmations sans démonstration et de généralisations abusives". "Si ses propos sont diffamatoires, il existe des tribunaux pour en juger", estime-t-il.
Selon lui, Jacques Chirac, "resté silencieux dans cette affaire", doit "prendre ses responsabilités sur un sujet qui est au cœur de notre pacte républicain".
"En tant que chef de l'Etat, il lui appartient de rappeler la loi fondamentale: la France est une République laïque, indivisible, démocratique et sociale", ajoute Laurent Fabius.

 

 

 

 

 

 

 Intolérable tolérance

NOUVELOBS.COM | 04.10.06 | 16:48

  
jjulliard@nouvelobs.com

Intolérable tolérance par Jacques Julliard,
directeur délégué
de la rédaction
du Nouvel Observateur

L’extraordinaire sensiblerie intellectuelle de notre temps à toutes les croyances aboutit paradoxalement à la restriction de la liberté de penser et de débattre.

IL EN VA
dans nos sociétés de la tolérance comme du sexe : plus on en parle, moins on le pratique. Nous vivons un moment de verbalisation universelle où on laisse le mot se substituer à la chose au point de l’escamoter. D’où le paradoxe d’une humanité où l’on n’en finit plus de se réclamer des droits de l’homme, tandis que la liberté de penser et d’écrire s’étiole sur le sol même qui l’a vu naître. Certes, nous ne sommes plus à l’époque où le pouvoir temporel punissait le blasphème et où le chevalier de la Barre était torturé, décapité et brûlé sur le bûcher pour avoir mutilé un crucifix. Mais nous sommes bel et bien à celle où un descendant de Van Gogh est assassiné dans la rue pour avoir mal parlé de Mahomet. Cette époque a privatisé la barbarie ; de plus en plus, elle tolère l’intolérance.


Voici un professeur de philosophie, Robert Redeker, qui, à son tour, médit de Mahomet : quel est le premier réflexe de son protecteur légal, le ministre de l’Education nationale, Gilles de Robien ? Suggérer, tout en condamnant les menaces, que par son outrance, il ne les a pas volées. On ne s’étonnera pas de trouver le MRAP et son président, Mouloud Aounit, sur la ligne du ministre… A des signes comme ceux-là, on mesure les progrès réalisés, au nom de l’immonde principe de précaution, par l’esprit de soumission dans la conscience commune.
Qu’est-ce donc que la tolérance ? Le mot, en vérité, n’est pas heureux. Sans parler de la boutade de Claudel -"La tolérance, il y a des maisons pour ça !"- on constate que son premier sens est terriblement restrictif. Tolérer, c’est d’abord ne pas réprimer alors que, juridiquement, on le pourrait : c’est ainsi que l’on "tolère" de plus en plus des voitures sur le trottoir. Cette tolérance-là est le contraire du droit.
Le deuxième sens, celui où nous l’employons désormais, notamment en matière religieuse, consiste à "admettre chez autrui une manière de penser et d’agir différente de la nôtre" ("le Robert").
La tolérance, c’est le respect de toutes les croyances. Fort bien. Mais là encore, nous sommes en pleine ambiguïté. Dans la tradition française de libre examen, cette tolérance implique le droit pour chacun de critiquer sans ménagements chacune de ces croyances, à condition de n’en pas entraver l’exercice. En un siècle d’anticléricalisme, l’Eglise catholique en a entendu de toutes les couleurs, et c’est très bien ainsi ; cela l’a aidée à se réformer. Mais une autre conception de la tolérance se fait jour aujourd’hui et chemine dans les esprits : respecter la croyance d’autrui consisterait à ne pas la critiquer. Un sondage dans la Vie (28 septembre 2006) indique que près de la moitié des Français (45%) estiment que l’on ne doit pas critiquer les religions. Ce respect absolu va de pair avec une irréligion croissante : voilà une conséquence à méditer.
Ainsi, la sacralisation des croyances est un présage lugubre dans une société qui se communautarise chaque jour davantage et qui ne parvient plus à concevoir le débat public autrement que sous la forme de la coexistence pacifique des communautés, de leurs croyances, de leurs absurdités, de leurs tabous, de leurs interdits, de leur terrorisme intellectuel – en un mot, de leur sectarisme. Et voilà le résultat ! La "tolérance" comme rempart ultime du fanatisme, quelle absurdité ! L’extraordinaire sensiblerie intellectuelle de notre temps à toutes les croyances aboutit paradoxalement à la sacralisation du sectarisme, à la restriction de la liberté de penser et de débattre.
C’est pourquoi à la tolérance, mot ambigu, mot ramollo, je préfère de beaucoup le principe de laïcité. La tolérance, au sens que le mot est en train de prendre, c’est la cagotisation des esprits. La laïcité, elle, implique non seulement la neutralité axiologique de l’Etat mais le primat intellectuel de la raison. C’est pourquoi – que mes lecteurs anticléricaux me pardonnent encore une fois – j’applaudis sans réserves à Benoît XVI quand, dans son discours de Ratisbonne, il plaide pour une réconciliation – mieux que cela, une alliance – de la raison et de la foi. Et à mes lecteurs croyants, qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans, je pose cette question : que vaut donc une foi qui ne saurait résister à la critique, voire au blasphème ? A mon avis, elle ne vaut pas tripette.
J.J.

(le mercredi 4 octobre 2006)

Ce prof que les islamistes veulent tuer

Sous haute protection policière, Robert Redeker, enseignant de philosophie, est-il le Salman Rushdie français ? Pour une virulente tribune anti-islamique, il est menacé de mort

Le moment où le monstre a pris forme, il en parlait depuis si longtemps. Robert Redeker a regardé cette page internet qu'on venait de lui adresser. Sa photo ; un plan pour venir chez lui ; et sa condamnation. «Voilà le porc qui a critiqué le Meilleur jamais créé - le prophète Mahomet - et voilà son adresse.» Un forum djihadiste, lié au terrorisme islamique. Un forum de la mort, et lui, prof de philo de l'Education nationale française, en était le héros. Redeker a contemplé son supplice inscrit sur l'écran : «Il est impossible que passe un jour sans qu'il soit puni par les lions de France. Ils doivent suivre ce qu'a fait le lion de Hollande, Mohammed al-Bouyeri.» Bouyeri, l'homme qui avait assassiné le cinéaste Theo Van Gogh en novembre 2004 dans une rue d'Amsterdam... Van Gogh, et maintenant lui, Redeker ? «Ils ne vont pas m'envoyer un commando depuis l'Irak, dit le professeur. Mais si un endoctriné en banlieue toulousaine décide de gagner le paradis et s'empare de cette fatwa?»
C'est ainsi que le philosophe est entré en réalité. Jusque-là c'était des mots, des concepts. Son champ de bataille. Redeker y défendait l'Occident, le «monde libre», contre le «totalitarisme islamique». Il y allait farouchement.Il cherchait dans le Coran les sources du terrorisme. Il dénonçait la religion, et la figure du Prophète : «Chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran», avait écrit Redeker dans une tribune du « Figaro »,le 19 septembre, publiée en soutien à Benoît XVI. «Comme au temps de la guerre froide, violence et intimidation sont des voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l'islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde.»
Amalgame, outrance, provocation... Ou prémonition ? Le 20 septembre, Redeker est dénoncé sur Al-Jazira par le téléprédicateur Youssouf al-Qaradawi, maître à penser des mouvances islamistes et notamment, en France, de l'UOIF. « Le Figaro » est interdit de vente en Tunisie ; puis averti par la diplomatie française qu'un de ses journalistes est menacé à Gaza. Des mails orduriers commencent à tomber sur le site internet du professeur. Ensuite la sentence tombe : «Ce sont des Anglo-saxons qui surveillent les sites djihadistes qui m'ont envoyé la page de ma condamnation, pour m'avertir. Puis la DST m'a appelé.» Jeudi 21 septembre, des policiers viennent chercher Robert Redeker à son domicile. Depuis, le quinquagénaire à l'accent pyrénéen vit en reclus. Changeant sans cesse de domicile, toujours veillé par des policiers. Il ne communique que par téléphone ou via internet, réconforté par des messages de soutien, qui affluent aussi du monde arabe. Dehors, la vie continue. Les terminales du lycée Pierre-Paul-Riquet de Saint-Orens-de-Gameville, près de Toulouse, ne revoient plus leur prof de philo. Redeker est remplacé. Ses collègues font profil bas. Inquiets de se mettre eux-mêmes en danger, ou réticents vis-à-vis du texte du philosophe. «Au fond, ils ne croyaient pas à la menace pesant sur Robert, analyse un enseignant. Aujourd'hui, les choses bougent. Il y a plus de sympathie envers lui.»
La France réagit, à l'image du lycée occitan. Un responsable du « Figaro » va s'excuser sur Al-Jazira.Gilles de Robien, ministre de l'Education, commence par donner une leçon de « modération » à l'enseignant menacé, avant de l'appeler pour l'assurer de son soutien. La conscience de l'enjeu prend le dessus. «On découvre ce qu'ont subi les démocrates algériens», avance le philosophe André Glucksmann. Les syndicats d'enseignants défendent leur collègue. Les pétitions s'organisent. Le député européen socialiste Vincent Peillon en appelle au «patrimoine de liberté et de tolérance» de la République, dénonçant «la gêne, la peur et l'indifférence». Pourtant, Redeker, même en danger, continue d'être attaqué. La Ligue des Droits de l'Homme fustige sa «haine de l'islam et des musulmans». D'autres réclament son exclusion de l'Education nationale ou l'accusent - jusque dans son lycée - d'être un partisan de Philippe de Villiers...
Le reclus en rirait presque. «Je suis de lagauche laïque et républicaine, dit Redekerau «Nouvel Observateur». J'ai soutenu Chevènement en 2002. Je dénonce une idéologie. Et ce qui m'arrive démontre que j'avais raison.» Petit homme têtu, victime de son orgueil de roseau pensant. Naguère il grimpait les cols de ses Pyrénées, cycliste amateur de bon niveau, seul face à la pente, les muscles en feu. Crever de souffrance tellement c'était bon. Ses parents sont des Allemands échoués dans les Pyrénées dans le grand chambardement de la guerre. Son père, prisonnier des Alliés, envoyé après 1945 en France pour servir de domestique à des paysans. Sa mère, antinazie cachée dans le Sud-Ouest. Robert est le fils de ces étrangers. L'allemand fut sa langue maternelle. Le français est venu ensuite, et l'amour absolu de la République qui illumine les enfants pauvres quand un instituteur leur offre « la Peste » de Camus pour fêter un passage en sixième... La lecture, le vélo, les idées. Van Impe et Bergson. Castoriadis, ce pourfendeur du totalitarisme soviétique. Redeker l'a côtoyé et admiré. Son grand-père maternel, catholique rhénan, avait refusé qu'on accroche un portrait de Hitler dans sa classe en 1933... Voilà Redeker. Idéaliste, solitaire agnostique en mal d'humanité. «J'ai rêvé d'être Alain, le professeur de philosophie par excellence. Choquer, pour provoquer la pensée...» Philosophe gourmand, profus. Tremblant d'émotion quand il est convié au banquet des « Temps modernes » par le pape Claude Lanzmann, dont lui, l'enfant d'Allemands, a tant admiré « Shoah »...
C'est l'Histoire qui a entraîné cet homme heureux. «La seconde Intifada et le 11-Septembre m'ont transformé. J'ai découvert un mot, l'Occident, que je n'aurais jamais revendiqué auparavant. J'ai réalisé que les valeurs qu'il recouvrait me permettaient de vivre, et qu'elles étaient menacées.» Il ne part pas en guerre contre Al-Qaida. Ses ennemis sont plus proches, en France, à sa mesure : cette partie de la gauche qu'il trouve «aveugle ou complice» face au danger. Dans « le Monde », il dénonce la «cécité volontaire» des «islamophiles», qui, par haine du capitalisme, idéalisent les musulmans, comme jadis fut idéalisé le prolétariat. Il y célèbre la «majestueuse beauté» et le «cosmopolitisme» des Twin Towers détruites, et lance une lourde charge : «Le capitalisme, parce qu'il permet sans le nécessiter un plus ample développement de la liberté, parce qu'il a créé aussi de la richesse et de la beauté, est préférable à l'islam.»
Ensuite, ce ne sera plus que guerre - cette guerre essentielle et picrocholine du débat français. Redeker est avec les «laïques», les «républicains», contre les «islamo-gauchistes» en proie à la «tentation obscurantiste» décrite par Caroline Fourest (1). Son évolution n'est pas inédite : la marche de Redeker fait écho à celle d'Alain Finkielkraut. Elle l'amène près d'André Glucksmann, autre figure du combat des idées. «Il y a entre nous non pas des valeurs communes, dit Glucksmann, mais la conscience d'un danger commun. C'est la «solidarité des ébranlés» dont parlait le philosophe tchèque Jan Patocka à propos des opposants au communisme.»
Les nouveaux dissidents ? Mais Redeker est à part. Sa rage d'ancien sportif à se « mettre dans le rouge ». Sa formation de philosophe. La belle violence des idées. La folie du montagnard ? Il est allé acheter des traductions du Coran dans ses librairies toulousaines. Il croit comprendre. «J'ai trouvé dans le Coran une alternance, dit-il. Une grande douceur, puis une grande violence. Je comprends qu'on puisse être pris par la douceur. Mais l'islam n'a pas eu son Spinoza. L'islam présente le texte comme divin, à prendre littéralement. Alors la violence qu'il porte a des conséquences. Si l'islam se réformait, il deviendrait une source d'humanisme...»
Dans sa tribune du « Figaro », Redeker prend moins de précautions. Sait-il qu'il peut blesser ? «Me faire traiter d'islamophobe ne me dérange pas. Les islamistes utilisent ce mot pour interdire de penser. Mais jamais je ne voudrais accuser les musulmans. Ils sont les premières victimes - souvent consentantes - de cette idéologie.» Quand sort « le Figaro », Redeker attend les attaques. Il a l'habitude. En 2004, sa candidature au Collège international de Philosophie a été refusée après une polémique interne. Ce sont les risques du combat. Mais cette fois de véritables ennemis vont s'emparer des mots du prof. Non plus seulement des marxistes parisiens «fascinés par les masses islamiques», ou des humanistes indignés, ou des musulmans excédés à force de «stigmatisation»... Cette fois de véritables méchants s'intéressent à Redeker. Ceux-là ne sont pas gênés qu'on assimile l'islam et la violence. Ils pensent effectivement que Dieu parle dans les sourates, et qu'il ordonne de tuer les ennemis du Prophète. Ceux-là réclament du sang, quand ils ne le versent pas eux-mêmes. Ils ont applaudi au 11-Septembre, aux supplices de Daniel Pearl, de Theo Van Gogh. Et ils vont réclamer celui du philosophe. Robert Redeker a rencontré ses diables.

(1) « La Tentation obscurantiste », Grasset

Chronologie
1989. Salman Rushdie.Le 14 février, l'imam Khomeini lance un appel au meurtre de l'auteur britannique des « Versets sataniques », jugés blasphématoires par les intégristes chiites. Le « contrat » proposé à tous les musulmans s'élève à 1 million de dollars et à 3 millions si le justicier est iranien. En 1998, le président Khatami annule la fatwa. Entre-temps, l'un des traducteurs a été tué.
1993. Taslima Nasreen. En novembre, au Bangladesh, la tête de la jeune médecin est mise à prix par un groupe fondamentaliste (le Conseil des Soldats de l'Islam) après la publication de son livre « la Honte » (Lajja), qui raconte les violences subies par une famille hindoue dans ce pays musulman. Taslima émigre l'année suivante en Suède, d'où elle continue sa lutte contre l'obscurantisme religieux. Elle vit aujourd'hui à Berlin.
2004. Theo Van Gogh. Le 2 novembre à Amsterdam, le réalisateur et écrivain de 47 ans, arrière-petit-neveu du peintre, est assassiné dans la rue par Mohammed Bouyeri, un Néerlandais d'origine marocaine, inspirateur du groupe terroriste Hofstad. Une lettre retrouvée sur lui menace directement la députée néerlandaise d'origine somalienne Ayaan Hirsi Ali, connue pour ses critiques sans détour de l'islam, aveclaquelle il avait collaboré.
2005. Les caricatures de Mahomet. Après la publication de douze caricatures du Prophète dans le quotidien danois « Jyllands-Posten », et suite à leur condamnation par les ministres des Affaires étrangères arabes en décembre,le magazine chrétien norvégien « Magazinet » les publie à son tour en janvier. Les rues du monde arabo-musulman s'embrasent. Les manifestations et les violences font des dizaines de morts. Les deux journaux présentent leurs excuses.
2006. Le pape BenoîtXVI.Le 12 septembre, en Allemagne, le pape prononce un discours portant sur la foi et la raison à l'université de Ratisbonne. Il y évoque le problème de la violence et cite l'empereur byzantin du xive siècle Manuel II Paléologue affirmant que Mahomet n'a rien apporté d'autre que «de mauvais et d'inhumain». Tollé dans le monde musulman ; une religieuse italienne (photo) est assassinée en Somalie. Le chef de l'Eglise exprime ses profonds regrets.
Opéra de Berlin. Le 25 septembre, le Deutsche Oper annule les représentations de l'« Idoménée » de Mozart,jugeant qu'une scène montrant les têtes sacrifiées de Poséidon, de Jésus, de Bouddha et de Mahomet pourrait lui attirer des ennuis.


Claude Askolovitch  Marie Lemonnier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mardi 10 octobre 2006 2 10 /10 /2006 01:32

par Leila Salem

5 octobre 2006

Naissance d’une « étoile »

Hier, c’était un parfait inconnu ; aujourd’hui, il est devenu une vedette dans les colonnes de la presse, sur les écrans de télévision et sur la toile. Professeur de philosophie dans un lycée de la banlieue toulousaine ; Robert Redeker fut toujours persuadé d’être "Je suis une célébrité, sortez moi de là" . Il est décrit par plusieurs de ses collègues comme quelqu’un d’imbu de sa personne, arrogant et égocentrique et les élèves n’en pensent pas moins ; ses cours de philo tournaient autour de sa petite personne et ses articles étaient souvent lus en classe.

Cet ardent défenseur des valeurs occidentales est devenu plus sioniste que sioniste et fait tout pour le faire savoir. En effet, Redeker écume depuis longtemps les rédactions de tout ce que la France compte comme gazette islamophobe, ses papiers sont imprégnés par un fort racisme et une rage contre la gauche qui à ses yeux est coupable de complicité. Il justifie son « islamophobie au nom de ses sympathies sionistes... » comme l’écrit Danielle Bellatrach. Ses tribunes répétées, concentré de haine anti-musulman, lui ont permis d’avoir le ticket d’accès au cercle des nouveaux réactionnaires ; ces intellectuels de la « gauche » ultralibérale fort médiatisés et promoteurs de la guerre des civilisations.

Il faut dire que notre homme, développe des théories aussi extravagantes les unes que les autres avec une parfaite médiocrité qui lui est sienne.

Pour rehausser son CV et donner plus de consistance au personnage, ses parrains n’ont pas hésité à lui trouver des jobs dans diverses revues.

Il est, par exemple, membre du comité de rédaction de la revue « les Temps Modernes », publication dirigée par Claude Lanzman, réalisateur d’un film qui fait l’apologie de l’armée sioniste .

Redeker est aussi ami et ex-collaborateur pour ProChoix de Caroline Fourest, une autre islamophobe patentée.

Il a également publié des tribunes véhémentes dans divers quotidiens dont Le Monde, Libération, Le Figaro.... Dans l’une de ses publication, il traita les médias de complaisants (sic !) à l’égard des dernières émeutes des banlieues. D’après lui, la faiblesse et le laxisme de ces derniers les ont conduits à chercher une « justification » sociale à cet embrasement. Dans une autre, il dénonça la « pédagogie déferlante » et la « sociolâtrie » qui transforment, selon lui, les professeurs en vulgaires animateurs de quartiers. Il y eut aussi cette autre tribune où il légitima la publicité et fit son éloge « suscitant du désir (...), humanise, nous rendant, au même titre que la raison, plus hommes... » avait-il affirmé.

De même, il a collaboré dans l’Arche, mensuel du judaïsme français. Dans cette revue, il y a publié un article virulent contre les palestiniens et les jeunes des banlieues « le Palestinien et le jeune de banlieue jouent les fantômes du Prolétaire, venant hanter les nostalgies de certains intellectuels et des militants de gauche », à la différence du Prolétaire qui « était affecté du signe positif du progressisme » le Palestinien et le jeune de banlieue « n’expriment qu’un mixte de fanatisme religieux et de fétichisme consumériste » écrivait-il dans l’Arche.

Dans un autre article publié dans la même revue, il s’attaqua à la gauche devenue, selon lui, « antisémite » par « vacuité intellectuelle et politique » « Le vide politique actuel de la gauche » l’a conduit à « la haine sur son objet primaire ancestral, le Juif. » affirmait-il.

Tempête dans un verre d’eau

Le 19 septembre, le « philosophe » revint à son activité favorite, l’islamophobie, et publia dans le Figaro une diatribe sur l’islam. Le 20 septembre, dans son bulletin d’information « Hassad Al Yaoum » la chaîne Al-jazeera diffusa la nouvelle - sans citer le nom de l’auteur- Le même jour, dans une émission hebdomadaire d’Al Jazeera, dont le thème portait sur la polémique créée par les propos du pape, Al-Kardaoui, survola l’affaire de la publication du Figaro sans citer ni le nom du journal ni celui de l’auteur. Au cours de cette émission, il appela à une manifestation pacifique le 22 septembre, baptisée « jour de la colère » en guise de protestation contre les multiples attaques subies par les musulmans ces derniers temps. Il mit en garde contre tout débordement et conseilla les musulmans de ne pas tomber dans le piège des médias occidentaux et donner l’image du musulman violent, cliché dont les médias sont friands. À aucun moment, Al-Kardaoui n’a désigné le « philosophe » français à la vindicte, comme l’ont affirmé Caroline Fourrest et autres personnes et médias français (y compris l’Huma qui devrait vérifier ses informations avant de les publier). L’émission est archivée sur le site de la chaîne et consultable .

La liberté d’expression s’arrête là où mes intérêts commencent

Le Figaro qui se pavane devant son lectorat français dans les habits du grand défenseur de la liberté d’expression, se fend, au même moment, en excuse devant ses clients arabes et se désolidarise de Redeker. Le 21 septembre Pierre Rousselin, directeur-adjoint de la rédaction du Figaro exprima sur Al Jazeera ses regrets concernant la publication de l’article de Redeker. Il déclara que la publication d’un tel article est une erreur ; il affirma que ce texte n’exprime pas l’avis du journal et qu’il a été publié dans le cadre d’une tribune libre qui n’engage que son auteur. Il ajouta que parfois des erreurs se produisent, des textes sont publiés sans vérification préalable et il s’en excusa. Le même jour, l’article incriminé fut retiré du site du Figaro.

La désillusion

Le 22 septembre, jour de la dite manifestation, les médias français se mirent en branle et sortirent leur grosse artillerie pour capter les images de foules musulmanes hystériques et violentes afin de les diffuser sur toutes les chaînes occidentales. À leur grand regret, rien ne se passa comme ils l’escomptaient ; les rares manifestations se déroulèrent dans le calme et aucun acte violent ne fut relevé. Ce jour-là, l’attention des gens étaient portée vers le discours « Du jour de la Victoire » de Nasrallah. Personne ne demanda la tête de Redeker ni même évoqua l’affaire du « philosophe » français. Redeker conserva son statut du parfait inconnu dans le monde arabo-musulman ; les peuples arabes et musulmans restent beaucoup plus préoccupés par les situations dramatiques que vivent la Palestine, le Liban, l’Irak et l’Afghanistan que par les petites bisbilles franco-françaises à la sauce Redeker.

Une opération publicitaire bien réussie.

Redeker, cet intégriste du vedettariat et de la publicité a signé sa tribune dans le Figaro en se présentant comme professeur au lycée Pierre-Paul-Riquet impliquant ainsi le lycée où il exerce et la ville qui l’accueille. Le 22 septembre, Redeker informa le lycée des menaces de mort dont il aurait fait l’objet et que désormais, il vivra dans la clandestinité sous la protection de la DST. Cette nouvelle se propagea comme une traînée de poudre et une vraie effervescence régna au lycée « y a mon prof de philo qui a fait un sale article ! » dit un élève de cet établissement. Les lycéens se passèrent des papiers chiffonnés reproduisant des extraits de l’article de Redeker, les survolèrent d’abord vaguement, puis s’arrêtèrent, choqués, sur la violence des propos : « Jésus est amour » contre « Mahomet est haine », « massacreur de juifs », « pillard »...L’un d’entre eux demanda, « il est de qui cet article ? Redeker ! Ah oui, celui qui brandit ses articles et les partage si humblement à ses élèves... je m’en souviens ! ». Un autre lança, désabusé, « je ne lirai pas son torchon car lui, il dit qu’on mérite pas ses cours je ne vois pas pourquoi il mériterait mon attention ». Et un autre ajouta « y a mon frère qui l’a eu l’an dernier, ce prof dit que la dictature est le meilleur système possible et il dit que quelqu’un qui n’aime pas la pub est quelqu’un qui n’aime pas la vie ? ». « Ah ! bon » s’en étonna un autre, « c’est dans le programme de philo ça ? » Questionna-t-il. « Pas plus que ses articles qu’il fait lire à ses élèves sur ses heures de cours » répondit un autre. « Chapeau Redeker, joli coup de pub » ricana un autre ; « C’est son jour de gloire, c’est ce qu’il a toujours cherché, il doit en être content » poursuit-il en éclatant de rire.

L’armada de l’islamophobie

Au fil des heures, élèves et enseignants se rendirent compte du piège dans lequel veut les faire entraîner Redeker et ses acolytes. Avec intelligence et lucidité, les élèves et leurs professeurs calmèrent la situation et oublièrent, dès le lendemain, l’affaire Redeker, et la vie au lycée de Saint-Orens reprit son cours normal.

Cependant, certains médias, ses pompiers pyromanes amateurs des eaux troubles, ne l’entendaient pas de cette oreille. Eux, qui voulaient la tempête, ont été déçus par l’attitude responsable des élèves, du corps enseignant, des syndicats et du maire de la ville de Saint-Orens. Deux jours après, caméras au point, les télés débarquèrent en meute au lycée Saint-Orens pour rallumer le feu. Les émissions se multiplièrent, les journaux abondèrent dans le même sens et les défenseurs inconditionnels du « philosophe » se précipitèrent sur les plateaux de télévisions et ondes de radios pour venir à son secours contre les méchants ennemis de la liberté d’expression-entendez par là : musulmans et une gauche accusée de complicité.

D’un côté, les extrémistes communautaires issus d’une partie de la droite, de l’extrême droite traditionnelle et des groupes ultrasionistes dénoncèrent « la menace totalitaire et fanatique » réclamèrent « l’expulsion des extrémistes » et saluèrent « la lucidité des propos » de Redeker. De l’autre côté, les nouveaux réactionnaires d’André Gluksmann à Alain Finkielkraut en passant par Bernard-Henri Lévy, Pierre-André Taguieff, Caroline Fourest et Cie profitèrent de l’occasion pour renouveler leur haine et leur racisme anti-musulman à haute voix et sans aucun complexe. Afin de venir en aide à leur frère siamois, ils lancèrent un appel de soutien au « philosophe »

Philippe de Villiers , allant dans le même sens, lança sa propre pétition de soutien et demanda, sans rire, à Jacques Chirac "d’héberger" le bon père de famille.

La culture de la haine

Par sa haine aveugle, ce pseudo philosophe cherche à propager davantage la thèse du choc des civilisation au sein de la société française et à semer la haine entre les citoyens. Par son égocentrisme et son irresponsabilité, il a terrorisé les élèves du lycée où il exerce et a inquiété les parents, les élèves et les parents musulmans plus que les autres. En effet, des groupuscules d’extrême droite sont très actifs dans la région Toulousaine et cette affaire risque de les revigorer. Cet été un lycéen de Saint-Orens de la mouvance d’extrême droite fut mis en examen pour avoir fabriqué un engin explosif de 6kg ! Ce garçon, au profil dangereux se préparait à passer à l’acte. Bien entendu, les médias, si prompt à dénoncer les méchants métèques n’ont dirent mot, à peine un petit encadré paru dans la dépêche du midi [30/08/2006].

La liberté d’expression

Redeker, le menacé, n’est qu’un pion faisant partie d’un système qui utilise la propagande de façon subtile afin de guider le peuple vers des buts bien précis. Les médias, ces organisations aux pratiques totalitaires disposent de pouvoirs considérables et sont liées entre elles par des objectifs et des intérêts communs et inavoués. Elles instrumentalisent les peurs, divisent les citoyens, fabriquent les évènements et les opinions ; de plus, elles ont appauvri la vie culturelle, ont favorisé la pensée unique et ont réussi à tuer l’esprit critique du citoyen.

Avant d’accuser les musulmans, une proie si facile, les vaillants défenseurs de la liberté d’expression devraient s’attaquer à Goliath et libérer la parole du joug des industriels et des marchands d’armes.

www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=4173

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Mardi 10 octobre 2006 2 10 /10 /2006 22:37

Dix remarques sur un « collègue »,

par Pierre Tevanian



Les articles et dépêches sur les « menaces de mort » qu’aurait reçues le « prof de philo Robert Redeker » suite à une « tribune sur l’Islam » publiée dans Le Figaro, [1] inspirent, au « prof de philo » que je suis moi aussi, les réflexions suivantes:

 

1. Il va de soi que de telles menaces sont injustifiables. Rien ne justifie ni la mise à mort, ni même le recours à des simples menaces, contre qui que ce soit, quels que soient les griefs qu’on peut concevoir. Y compris si ces griefs sont fondés.

2. Les propos racistes, pas plus que n’importe quel crime ou délit, ne justifient ni la mise à mort ni les menaces de mort. Ils se combattent judiciairement (en portant plainte), idéologiquement (en produisant et en diffusant un contre-discours argumenté) et politiquement (en organisant des actions collectives de protestation, de sensiblisation ou de boycott). Je parle à dessein de propos racistes : comme certaines des caricatures danoises, comme le pamphlet d’Oriana Fallacci intitulé La rage et l’orgueil, l’article de Robert Redeker qui semble avoir provoqué les menaces de mort va bien au-delà du droit à mes yeux inaliénable à la « critique des religions » ou au « blasphème ». Cet article relève du pur et simple racisme. Il ne cesse d’essentialiser deux « blocs » homogènes qui ne correspondent à aucune réalité, « l’Occident » et « l’Islam », au mépris de la diversité des courants, des évolutions, des tensions, des conflits et contradictions internes qui traversent depuis toujours ces deux « entités ». Il hiérarchise ces deux « essences », l’Occident incarnant ce que l’humanité a produit de meilleur, et l’Islam incarnant le pire. « Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine » [sic !] D’un côté, une « ouverture à autrui, propre à l’Occident » [sic !] qui « se résume ainsi : l’autre doit toujours passer avant moi » [sic !] De l’autre, « l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des mœurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence. »  ! [2] Robert Redeker conclut enfin en soulignant bien, pour les lecteurs qui n’auraient pas compris ses sous-entendus, le lien qui s’impose entre phobie de « l’Islam » et phobie des musulmans : « Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran ». On ne saurait être plus clair : c’est bien tout musulman qui est sous-éduqué et donc sous-humanisé, ou pire : éduqué et humanisé sur un mode pervers, dans un système de normes régi par la haine et la violence.

3. Robert Redeker n’est pas, en matière de racisme anti-musulmans, à son coup d’essai. En novembre 2001, déjà dans Le Figaro, il essentialisait déjà « l’Islam », présentait cette « essence » comme fondamentalement mauvaise (« l’idéologie la plus rétrograde », « une régression barbarisante ») et soulignait déjà aussi le lien entre phobie de l’Islam et phobie des musulmans, en affirmant que « l’Islam installe au plus intime de chaque musulman la paralysie de l’intelligence ».

4. Au regard de la violence raciste de ses écrits, on peut à bon droit s’étonner que M. Redeker n’ait pas été jusqu’à présent convoqué devant les tribunaux. On peut à tout le moins s’étonner que les autorités académiques n’aient pas suspendu, pour d’évidentes raisons d’ordre public autant que d’éthique pédagogique, ce provocateur irresponsable. Les écrits de ce monsieur sont en effet en tous points contraires avec les principes de liberté, d’égalité et de fraternité censés animer l’école de la république. Des propos équivalents à ceux de Robert Redeker sur les Juifs (« Le judaïsme installe la paralysie de l’intelligence au plus intime de chaque juif » ; « Jésus est un maître d’amour, Moïse est un maître de haine », « Haine et violence habitent le livre dans lequel tout juif est éduqué, la Torah ») vaudraient sans doute, et à juste titre, à leur auteur une suspension immédiate. On est en droit d’exiger de l’institution la même intransigeance avec le racisme anti-musulman.

5. Si Robert Redeker n’a pas sa place à l’école publique, il déshonore aussi, plus spécifiquement, la corporation des professeurs de philosophie. Notre discipline est en effet censée former nos élèves à la réflexion, à la rigueur conceptuelle, au refus des généralités, des amalgames et des préjugés. Loin, très loin du « doute hyperbolique » de Descartes, de la passion nietzschéenne pour les « nuances », du questionnement et du « Je sais que je ne sais pas » de Socrate, Robert Redeker se dispense de toute interrogation, de tout doute et de toute nuance, et véhicule sans le moindre complexe les pires stéréotypes. Doublement ignorant, ignorant sur « l’Islam » et ses innombrables déclinaisons, et ignorant de sa propre ignorance, il nous gratifie du « Je les connais, moi » qui est le cri de ralliement de tous les racistes. Il les connaît, lui, les musulmans. Incapable de cet élémentaire bon sens qui comprend que « l’Islam » n’est pas un bloc homogène, pas plus que « l’Occident », Robert Redeker n’est pas non plus capable de faire la différence entre un leader religieux et un simple fidèle, entre un pratiquant ordinaire et un fanatique, entre une autorité politique et une population civile. Il ne connaît qu’un seul personnage : un personnage spectral, aux contours étonnement fluctuants, qui se nomme « l’Islam », et dans lequel viennent se fondre tous les musulmans, quelle que soit leur obédience, leur école, leur statut social, leurs options idéologiques, leurs actes. Le « philosophe » ne recule pas même devant des sophismes aussi grossiers que celui-ci : l’interdiction du string sur les rives de Paris-Plage cet été découlerait d’une « islamisation des esprits » !

6. Faut-il en rire ? Faut-il en pleurer ? On serait tenté de rire de la bêtise de tels propos, s’ils ne venaient mettre de l’huile sur le feu en se surajoutant à un avalanche quasi-quotidienne de sarcasmes ou d’injures à l’égard de « l’Islam » et des musulmans, sur fond de précarité sociale et de discriminations en Europe, de misère, de dictatures et d’« Ordre Mondial » oppressif au Maghreb et au Moyen-Orient. Ne pas rire, ne pas déplorer, ne pas haïr, mais comprendre, disait un authentique philosophe, nommé Baruch Spinoza. Posons nous donc quelques questions : quel intérêt un Robert Redeker trouve-t-il à publier de telles invectives ?

7. Une première piste, psychologique et sociologique, figure dans l’astucieux et souvent désopilant roman publié par « Y.B. » en 2002 et intitulé Allah Superstar. Dans ce roman, qui s’avère chaque jour un peu plus visionnaire, le narrateur est un jeune banlieusard qui se dit lui-même « d’origine difficile » et « musulman pratiquement ». Nourri de culture télévisuelle, il découvre que le chemin le plus court vers les « 15 minutes de célébrité » dont parlait Andy Warhol n’est pas la Star Academy mais une espèce d’Islamophobic Academy : une provocation antimusulmane, qui provoquera immanquablement un tollé médiatique, suivi d’une fatwa ou de menaces de mort, à leur tour surmédiatisées, et voilà comment, du jour au lendemain, n’importe quel galérien se retrouve sous le feu des projecteurs, élevé au rang de héros de la liberté d’expression. Tel n’est-il pas le plan de carrière qui a assuré le succès d’Oriana Fallacci aussi bien que celui de Jack-Alain Léger, Michel Houellebecq, Chahdorrt Djavann et maintenant Robert Redeker : des tâcherons sans talent, écrivains médiocres et (à l’exception de Michel Houellebecq) médiocrement connus et appréciés du public comme de la critique, qui finissent par s’offrir une petite heure de gloire à peu de frais en publiant un brulôt islamophobe ?

8. Une autre piste est politique, et je laisse la question ouverte : quel intérêt a-t-on à souffler sur les braises et à provoquer ainsi à la haine antimusulmane ?

9. À l’heure qu’il est, la police se charge d’assurer la sécurité de Robert Redeker. Des enquêteurs tentent de retrouver la trace, pour le sanctionner, de l’auteur du mail de menaces. Cette mobilisation policière est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. L’éducation nationale doit prendre ses responsabilités [3] Les associations antiracistes doivent prendre les leurs [4]. Chaque acteur du système médiatique doit s’interroger sur la complaisance dont ce système a fait preuve jusqu’à présent à l’égard de l’islamophobie, qu’elle soit militante ou histrionique [5] Enfin, chacun d’entre nous, musulman, chrétien, juif, athée, agnostique, doit s’astreindre à la vigilance, à l’effort de comprendre et au courage de parler, afin de débusquer le racisme partout où il s’insinue, et de le combattre par les seuls moyens éthiquement défendables et politiquement efficaces : le droit, la pensée et l’action politique.

10. Tous, enfin, méditons cette question que posait le jeune Marx : « Qui éduquera les éducateurs ? »

Suite et fin des réflexions sur l’affaire Redeker


Mes « Dix remarques sur un collègue » ont été écrites « à chaud », en réaction aux premières dépêches consacrées aux menaces de mort reçues par Robert Redeker. J’espérais alors que « l’Affaire » n’allait pas prendre de dimensions démesurées. Hélas, dès le lendemain, la machine médiatique commençait à s’emballer, avec son lot de généralisations, d’amalgames et de simplifications. Le traitement médiatique et la teneur des réactions politiques, syndicales et associatives, appellent deux ultimes remarques.

1. Injures et menaces

S’il fallait résumer « l’affaire Redeker » en deux mots, ce serait : injures et menaces. Des injures ont été suivies de menaces. Plus précisément, des injures racistes, publiées dans un grand quotidien national, ont valu à leur auteur des menaces de mort par mails interposés. Or, ce qui est remarquable, c’est que si la seconde partie de l’histoire a été largement médiatisée, commentée et condamnée, aussi bien par les journalistes que par la classe politique et la « société civile », une lourde chape de silence s’est abattue sur son premier versant. Condamnation unanime des menaces de mort, appels solennels à défendre la liberté d’expression, mais rien ou presque sur le texte qui est à l’origine de l’affaire, et sur son profond racisme. Tout se passe donc comme si on nous sommait de choisir entre la non-violence et l’antiracisme, entre la réprobation des menaces de mort et celle de l’incitation à la haine anti-musulmane - alors que rien n’a jamais empêché qui que ce soit d’être à la fois non-violent et anti-raciste. Il est en d’autres termes tout à fait possible de protéger un homme menacé de mort sans nécessairement le soutenir - et il est même nécessaire de le protéger sans le soutenir lorsque lui-même soutient des thèses racistes.

En dehors des associations ou des personnalités musulmanes, seul le MRAP, et de manière plus claire la Ligue des Droits de l’Homme, ont su condamner le recours à la violence sans taire pour autant le caractère irresponsable et inacceptable des propos de Robert Redeker. En revanche, le principal syndicat enseignant, la FSU [1] s’est contenté, dans son communiqué du 29 septembre, d’émettre des réserves : les menaces sont dénoncées comme inacceptables « quoi que chacun puisse penser du contenu de cette tribune... » [2]. Interrogé par des journalistes, le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, est allé à peine plus loin en marquant de la distance en son nom propre, mais sans aller jusqu’à exprimer de l’hostilité : « Je suis loin de partager ses idées, c’est une évidence ». Il y a donc désaccord, mais pas d’opposition radicale. Et de racisme, il n’est en tout état de cause pas question. Le communiqué de la FSU affirme « sa volonté de défendre sans réserve la liberté d’expression  », « dès lors qu’elle reste dans le cadre de la loi ». Implicitement, les propos de Robert Redeker sont donc rangés du côté des « opinions » licites, et non du côté des injures racistes.

Au-delà de cette complaisance, c’est l’existence même d’un communiqué de la FSU sur une affaire de menaces de mort qui pose problème. En effet, s’il est légitime que Gérard Aschieri, comme n’importe quel citoyen, réprouve la pratique des menaces de mort, il n’y avait en revanche aucune raison de réagir en qualité de responsable syndical, et moins encore d’adopter une position syndicale et de diffuser un communiqué sur ces menaces de mort. Car c’est ce qui se passe sur le terrain scolaire qui justifie la prise de position d’une organisation spécifique comme un syndicat enseignant ; or, en l’occurrence, le problème des menaces était extérieur au terrain scolaire : ce n’est pas à école que les menaces ont été proférées, et rien n’indique que des élèves sont impliqués. La FSU n’avait donc aucune raison de prendre publiquement position [3]. Il y avait certes un lien, dans toute cette affaire, avec le terrain scolaire : c’était le fait que Robert Redeker avait signé sa tribune raciste en tant que « Professeur de philosophie », en mentionnant même le nom de son lycée ; et réciproquement, le fait que des élèves soient confiés, au sein de l’école de la république, à l’auteur de textes racistes. Il y avait là un vrai problème d’éthique pédagogique, sur lequel un syndicat enseignant comme la FSU avait son mot à dire. Mais c’est précisément sur ce point que le syndicat a choisi de rester muet.

L’ambiguité atteint son summum lorsque, pour conclure, la FSU demande solennellement que « tout soit fait pour que l’Ecole reste un lieu de formation de l’esprit critique, de respect des autres et de tolérance ». On voit certes en quoi des menaces de mort peuvent être contraires à l’esprit critique, au respect des autres et à la tolérance, mais on ne voit pas en quoi, dans cette affaire, l’esprit critique, le respect et la tolérance ont été mis en péril au sein de l’espace scolaire. Il ne s’est strictement rien passé au lycée où Robert Redeker enseigne la philosophie : l’appel solennel de la FSU, en laissant entendre le contraire, entretient les pires stéréotypes et renverse singulièrement le problème : car la seule chose qui, au sein de l’école, menace l’esprit critique, la tolérance et le respect d’autrui, c’est en l’occurrence la violente islamophobie d’un professeur nommé Robert Redeker.

On retrouve les mêmes réserves à dose homéopathique, et le même refoulement de la question raciste, dans le communiqué de l’UNSA-éducation, qui s’indigne des menaces de mort « tout en ne partageant pas les convictions de Robert Redeker... ». De même, du côté du gouvernement, le Premier ministre Dominique de Villepin a dénoncé « l’intolérance » des auteurs des menaces, sans jamais mentionner l’intolérance du texte de Robert Redeker. « Nous sommes dans une démocratie, chacun doit pouvoir s’exprimer librement dans le respect bien sûr des autres, c’est la seule limite qui doit être acceptée à cette liberté » a-t-il conclu [4], sans dire que la limite avait en l’occurrence été largement franchie par la tribune du Figaro. Quant au ministre de l’éducation nationale, Gilles de Robien, il s’est déclaré solidaire avec le professeur tout en faisant valoir qu’en tant que fonctionnaire, il aurait dû se montrer « prudent, modéré, avisé en toutes circonstances ». Ce minuscule reproche, qui est loin d’être à la mesure de la gravité des propos de Robert Redeker, a valu au ministre un rappel à l’ordre de la part du président de l’Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public, M.  Aujaleu. Ce dernier a défendu le droit de Robert Redeker, « en tant qu’homme public », « d’exprimer des jugements personnels dans la presse et ailleurs ». Là encore, les invectives antimusulmanes sont implicitement reconnues comme des opinions licites et non comme des injures racistes.

Mêmes non-dits et mêmes euphémismes dans l’éditorial de Libération, signé Antoine de Gaudemar : à aucun moment l’hypothèse raciste n’est envisagée. L’éditorialiste se contente de laisser entendre qu’il est possible de n’être « pas d’accord » avec Robert Redeker [5]. Idem enfin chez l’essayiste Caroline Fourest, spécialiste auto-proclamée de l’obscurantisme contemporain, avec une prédilection particulière pour le champ musulman : consultée par Libération, elle ne parle pas de racisme, elle se contente de laisser entendre qu’elle n’est « pas nécessairement d’accord » avec Robert Redeker et que celui-ci ne lui est « pas sympathique », moyennant quoi elle peut en définitive appeler, par principe, au nom de la liberté d’expression, à le « soutenir » malgré tout - et non simplement à le protéger contre ceux qui le menacent  [6]. Rappelons à nouveau la teneur des propos de Robert Redeker, ou plutôt imaginons à nouveau que ces propos aient porté sur une autre cible, et demandons nous par exemple si nos ministres, éditorialistes, syndicalistes et spécialistes de l’obscurantisme auraient exprimé avec autant de retenue leurs réserves, distances, désaccords ou antipathies face à un auteur qui expliquerait que « le judaïsme installe la paralysie de l’intelligence au plus intime de chaque Juif », que « Jésus est un maître d’amour et Moïse est un maître de haine », ou encore que « la haine et la violence habitent le livre dans lequel tout juif est éduqué, la Torah » [7]. Demandons nous si, en pareil cas, ils auraient aussi unanimement et solennellement conclu à la primauté et au caractère intouchable ou indivisible de la liberté d’expression.

On vient de voir avec Caroline Fourest par quels détours rhétoriques, euphémismes, non-dits, on glisse de la nécessaire protection d’un homme menacé de mort au soutien d’un auteur islamophobe. Ce soutien, plus ou moins explicite, a été encore plus marqué dans d’autres réactions. Certaines n’ont rien de surprenant : celles par exemple de personnalités de la droite extrême et ou de l’extrême droite, coutumières des dérives racistes ou xénophobes (Jacques Myard, Martin Peltier, Philippe de Villiers, dont le parti a même lancé une pétition de soutien [8]. D’autres sont plus choquantes, celle par exemple du socialiste Vincent Peillon, qui a apporté son soutien à Robert Redeker, et a même déclaré que « c’est la République toute entière qui, attaquée dans ses fondements, se doit de le défendre » [9].

2. Pas en notre nom !

Revenons pour finir sur la Une de Libération du 30 septembre. Le quotidien pose la question en des termes plus que discutables :

« Peut-on encore critiquer l’Islam ? »

Poser le problème en ces termes, avec ce terrible « on » qui permet une incroyable montée en généralité à partir du cas particulier de Robert Redeker (amalgamé pour l’occasion avec une ou deux autres « affaires » [10]), c’est suggérer aux lecteurs, et plus largement aux innombrables passants qui croisent cette une sur la devanture des kiosques à journaux, que dans la France ou l’Europe d’aujourd’hui, la moindre critique de « l’Islam » suscite un déferlement d’intolérance. C’est laisser entendre que règne une véritable terreur, qui inhibe toute velléité critique à l’égard de la religion musulmane. Or, la réalité, que n’importe quel téléspectateur honnête peut constater facilement, c’est que, quasi-quotidiennement depuis le 11 septembre 2001, des propos non seulement critiques, mais aussi caricaturaux, simplificateurs, méprisants, haineux, sont tenus à heure de grande écoute à l’encontre de « l’Islam » et des musulmans. La question « Peut-on critiquer l’Islam ? » est donc une fausse question, à laquelle s’impose une réponse évidente : oui, il est possible de critiquer l’islam, c’est même devenu, en France comme dans d’autres pays européens, un véritable sport national. Et à de rares exceptions près, l’attitude des musulmans de ces pays consiste à endurer en silence la critique et la stigmatisation, ou à protester par les moyens non-violents (paroles, écrits, manifestations ou actions en justice) qui sont ceux de l’État de droit démocratique. La résignation et la modération sont la règle, les menaces de mort adressées à Robert Redeker par une poignée de fanatiques ou de plaisantins irresponsables sont l’infime exception [11]. C’est pourtant cette infime exception qui est présentée comme la règle, à la Une de Libération comme dans un grand nombre d’autres médias. En d’autres termes : le quotidien de gauche, en transformant un fait exceptionnel en « phénomène de société », reconduit la logique de généralisation qui était au cœur de l’article de Robert Redeker - et qui est au coeur de tous les racismes [12].

Face à ces réactions outrancières et biaisées, tant des médias que de la société civile, à l’heure où des activistes irresponsables ne cessent de provoquer au « choc des civilisations », le plus urgent est que chaque citoyen responsable balaye devant sa porte, se démarque de ses « faux amis » et dénonce prioritairement les méfaits commis en son nom. Que, de toutes parts, des citoyen-ne-s courageu-se-s s’élèvent pour dire, comme les manifestant-e-s américain-e-s contre la guerre en Irak : « Pas en notre nom ! ». Cela signifie en l’occurrence une double nécessité. La première est bien connue, c’est une injonction que les Musulmans de France connaissent par coeur : ils doivent condamner clairement les menaces de mort que quelques fanatiques ou quelques imbéciles irresponsables ont adressé à Robert Redeker au nom de l’Islam et des musulmans. Ce que tous les responsables associatifs musulmans ont su faire. La seconde nécessité est en revanche loin d’être entrée dans les moeurs : il faudrait que parmi les non-musulmans, les professeurs de philosophie refusent que le label de professeur ou celui de philosophe soient utilisés pour légitimer des invectives racistes. Et que ces invectives qui, de Redeker à Fallacci, Dantec, Imbert et mille autres, sont toujours proférées au nom de la démocratie, du progrès et du féminisme, soient dénoncées avec la même fermeté par tous les démocrates, les progressistes et les féministes. Ce que très peu ont su faire - tout le problème est là.

http://lmsi.net/article.php3?id_article=572

 

Par alert2neg - Publié dans : Societe
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Vendredi 13 octobre 2006 5 13 /10 /2006 11:45

 

Clément aura 13 ans le 19 octobre et il n'a plus de maison. Clément vit dans un bungalow, à quelques kilomètres de Clermont-Ferrand, et il frissonne de peur, chaque matin, quand ses parents partent travailler. Dans la nuit du 25 au 26 septembre, son père, François Philippe, l'a découvert prostré, sur son lit, tandis que de hautes flammes dévastaient le pavillon familial d'une superficie totale de 439 mètres carrés. Aujourd'hui, il ne reste plus grand-chose de la bâtisse. Mais l'incendie a épargné les inscriptions qui se détachent, en grandes lettres noires, sur les façades avant et arrière : "SALE NÈGRE", "NEGRO TU VA CREUVE" et "BATAR". De temps à autre, des curieux s'aventurent à Espirat, petit village de 315 habitants, au coeur de la Limagne, et jettent un oeil avide sur la maison en ruine, dont l'entrée est barrée par un ruban jaune de la gendarmerie.

François Philippe, 43 ans, ne supporte plus les badauds, les questions pressantes, les regards lourds. Quand il marche dans les débris calcinés de ce qui fut sa maison, il baisse la tête. Ecarte du pied un vélo d'enfant. Effleure de ses mains noueuses un parpaing noirci. Il aimerait comprendre. François Philippe est métis, né d'un père malgache et d'une mère anglaise. Technicien dans un bureau d'études, il dit n'avoir jamais souffert du racisme. Jusqu'à ce dimanche de mai 2003, quand tout a commencé.

C'était le jour de la Fête de la pierre et du vin. Le vieux fort du village était paré de mille couleurs, et les gamins couraient dans les ruelles. Venu d'un village voisin, François Philippe construisait, seul, sa maison, depuis 2002. A mains nues, un peu à l'écart de la départementale qui traverse Espirat. Charpente, menuiserie, plomberie, électricité, il s'occupait de tout. C'était son rêve, son bonheur promis, pour héberger sa deuxième femme, Véronique, et Clément, né d'un premier mariage. Deux chambres avaient même été prévues à l'étage pour accueillir des enfants de la Ddass.

"Dans la matinée, se souvient François Philippe, j'ai découvert une feuille de papier, type A4, posée sur une truelle. Des lettres avaient été découpées dans un journal, puis collées sur la feuille. Ça disait : "PAS DE NÈGRE À ESPIRAT, PREMIER AVERTISSEMENT." Je n'ai pas compris, j'ai cru à une plaisanterie. Il n'y avait aucune raison de mal m'accueillir, ici. Mais je suis quand même allé à la gendarmerie, pour faire une main courante. Ils ont conservé le mot. Moi, je n'avais jamais eu de problèmes en France. A Espirat, je n'avais senti aucune animosité, j'étais venu ici pour la tranquillité."

L'affaire en reste là. Les gendarmes ne s'inquiètent pas outre mesure, pas plus que le maire, Daniel Rousselot. "Que pouvait-on faire de plus, dit aujourd'hui l'élu. Les gendarmes ont fait ce qu'ils ont pu, avec leurs moyens." Pendant trois ans, il ne se passe plus rien. François Philippe continue à bâtir son rêve, pierre après pierre, la maison sort de terre, le couple et l'enfant s'installent dans les chambres.

Chaque week-end, chaque soir, l'homme travaille sur le chantier. Il choisit les meilleurs matériaux. En guise de poutres, il achète de gros rondins à Saint-Flour, qu'il fait sécher pendant trois ans avant de les placer avec soin, dans le salon. "Je n'ai pas pris de vacances pendant trois ans, ni ma famille d'ailleurs. Cette année, seulement, on a réussi à partir une semaine, à Noirmoutier."

Un jour de février 2006, Véronique Philippe, Clément à ses côtés, ouvre la boîte aux lettres. François Philippe ne se rappelle plus vraiment la date. Il se souvient seulement que c'était la semaine où Youssouf Fofana, le chef autoproclamé du "gang des barbares de Bagneux", responsable du meurtre d'Ilan Halimi, s'était enfui en Côte d'Ivoire.

Dans une enveloppe, une feuille A4, à nouveau. Toujours ces lettres, découpées dans un journal. Et ce mot : "LES NÈGRES AU BÛCHER, DEUXIÈME AVERTISSEMENT." Désormais, la famille vit dans la peur. Une plainte est déposée. "Le petit était terrorisé, il pleurait tout le temps. Il y avait un tas de bois derrière la maison, je l'ai déplacé. "Les nègres au bûcher", on avait compris ce que ça voulait dire. Et chaque soir, je laissais mon tuyau d'arrosage prêt, au cas où. C'était dur à vivre, on ne parvenait pas à palper la chose qui nous voulait du mal."

La famille vit repliée sur elle-même. Le village ne sait rien de ce drame intime, ou feint de l'ignorer. Arrive mai 2006, la France fête la commémoration de l'abolition de l'esclavage.

Un matin, à 6 heures, en rentrant de son travail, Véronique Philippe regarde sa maison, écarquille les yeux, les bras ballants. Dans la nuit, les inscriptions racistes ont été dessinées sur la façade. A l'arrière, une croix a été peinte sur un mur, surmontée de trois points. Cette même croix est dessinée sur le pare-brise de la vieille 406 de François Philippe, à hauteur du conducteur. "J'ai tout de suite pensé au Ku Klux Klan, indique François Philippe, les trois points, c'était pour ma femme, mon fils et moi." Au boulot, ça va mal. La situation pèse sur son moral. "Je ne dormais plus, je multipliais les bêtises, j'ai même eu un blâme. Je me sentais responsable de tout ça. Et puis j'ai fini par en parler à mes collègues."

Les gendarmes pataugent. Pas facile de cerner l'adversaire invisible. Ils épluchent le passé de François Philippe, ne lui découvrent aucun ennemi. Auditionnent à tour de bras. Sans résultats. Le 11 septembre, trois carreaux de la maison sont brisés, deux à l'étage, un au rez-de-chaussée. Quinze jours plus tard, c'est le drame. "Vers 3 heures, le 26 septembre, j'ai été réveillé par une explosion. Je me suis levé, j'ai vu que le garage et le toit de la maison étaient en feu, ça sentait l'essence dans le salon. J'ai couru voir mon fils, il était assis sur son lit. On a couru dehors, j'ai eu le temps de prendre mon portefeuille, mes clés de voiture. Dire que le soir même, Clément m'avait dit : "Papa, il y a quelqu'un dehors." Il était en crise, il pleurait, je ne l'ai pas cru." De la maison du voisin, en pyjama et en claquettes, il voit sa vie s'envoler en fumées noirâtres. Son fils à ses côtés, en larmes, son jouet préféré arraché aux flammes dans les bras

Espirat vit maintenant à l'heure de la suspicion. Les assurances ont relogé la famille à l'écart, dans un petit bungalow en bois. Les Philippe ont pris un avocat, Me Gilles-Jean Portejoie. "Le parCette affaire est révélatrice d'un climat, pense celui-ci, la déshumanisation touche aussi le tissu rural, et le racisme pousse sur ce terreau." quet de Clermont-Ferrand s'est décidé à ouvrir une information judiciaire le 2 octobre pour "destruction volontaire par incendie " aggravée par les circonstances que "les faits ont été commis en raison de l'appartenance à une race". "Les différents incidents et menaces dont cette famille a été victime sont de nature à faire penser que cet incendie, s'il est bien criminel, peut être lié à une démarche raciste ", explique, prudent, Michel Valet, le procureur de la République à Clermont-Ferrand, qui assure avoir débloqué des moyens pour l'enquête.

Mais les indices sont maigres. Le "corbeau" ne semble pas avoir laissé de traces d'ADN sur les lettres anonymes. Les gendarmes ont placé deux villageois en garde à vue, réalisé des expertises graphologiques. Ils ont aussi vérifié le contrat d'assurance de la famille Philippe, on ne sait jamais. Mais l'incendie ne leur est guère profitable.

"Je suis pacifique, je n'ai pas d'ennemis", dit François Philippe. Qui regrette l'attitude du maire d'Espirat. "Il n'a pas bougé, c'est chacun pour soi et Dieu pour tous." Dans son bureau de la mairie, Daniel Rousselot laisse dire. "Tout ça ne vient pas du village, s'il y avait ici des gens racistes, ça se saurait." Au premier tour de l'élection présidentielle, en 2002, 25 habitants d'Espirat avaient voté pour le FN. 25 sur 169 suffrages exprimés, soit 14,8 % pour l'extrême droite. Une proportion "normale". "D'ailleurs, tenez, M. Martin n'a jamais eu de problème", poursuit l'élu. Cyril Martin, c'est l'autre "Noir" du village. Qui confirme : "Je n'ai jamais été confronté au racisme à Espirat." Et Daniel Rousselot d'ajouter : "Ce serait à refaire, je ferais la même chose." Il peste contre "la récupération par certains de ce drame".

Quelques villageois ont organisé une réunion à la salle des fêtes, dix jours après les faits. "On n'a pas réagi assez vite, explique Didier Croze, traducteur de profession, et proche de la famille Philippe. Nous sommes restés chacun dans notre coin, sans penser que cela irait aussi loin. Il faut aujourd'hui qu'on agisse." La création d'une association a été décidée, une pétition de soutien a recueilli 140 signatures. "Le racisme est partout, déclare Jean-François Veyrières, proviseur à la retraite à Espirat. Même ici, on ne se parle pas. S'il y avait eu une prise de conscience de la population, il n'y aurait pas eu ce drame." Et François Philippe n'en serait pas, aujourd'hui, à ressasser la couleur de sa peau. "Moi qui me suis toujours senti blanc", dit-il, les yeux baissés.

www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-822745,0.html

 

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Dimanche 15 octobre 2006 7 15 /10 /2006 13:08

 Par Xavier Ternisien

C 'est un disque qui sent bon le sable chaud, la casbah d'Alger et ses moukères, Saïgon et ses mousmés... La jaquette reproduit le célèbre dessin d'un tirailleur sénégalais hilare, dégustant une boisson au chocolat : "Y'a bon !" Le titre de cette compilation, dans les bacs début octobre, est tout un programme : Le Beau Temps des colonies.
On y trouve des chansons bien connues telles que Mon légionnaire d'Edith Piaf et La Petite Tonkinoise de Joséphine Baker.
D'autres sont des produits de propagande. La Marche triomphale du centenaire de la conquête de l'Algérie fait un éloge sans nuances de l'oeuvre accomplie dans ce pays : "Ah ! Si le brave Abd el Kader revenait en Algérie, il serait heureux de voir comme elle est jolie. Y a du pinard, du chemin de fer, de l'industrie ! (...) Ces trésors dont nous sommes émerveillés, qui nous les a gagnés ? C'est le père Bugeaud et ses troupiers ! (...) Viens dans la casbah, et culbute-la, ta jolie Fatma !"
La marche officielle de l'exposition coloniale de 1931 évoque "Nénufar, le petit négro", venu visiter l'exposition, "nu comme un ver, le nez en l'air et les cheveux en paille de fer". Beaucoup de textes reflètent l'imaginaire du colonisateur fantasmant sur la femme des colonies. La Fille du Bédouin, chantée par Georges Milton, "rangeait des bananes dans son petit couffin" et "connut tour à tour les 3 000 bédouins de la caravane".
Sur le site Internet de la Fnac, le débat fait rage. "Comment osez-vous mettre en vente des chansons procolonialistes et ouvertement négrophobes au sein d'une institution telle que la vôtre, où il apparaît désormais officiel de calomnier nos aïeux et se faire traiter de négro en musique !", s'indigne un internaute de Paris. "Je suis choquée, je n'ai pas de mots, s'indigne une femme. J'attends la suite, "Au beau temps de Vichy". D'autres personnes trouvent des vertus au disque. "Chaque morceau est un rayon de soleil qui illumine notre quotidien !", s'exclame un internaute de Paris. "C'est un témoignage historique et en rien un appel au racisme", écrit un autre, et conclut : "Vive la liberté d'expression !"
Emmanuel Chamboredon, PDG de la société Milan Music, qui publie le disque, reconnaît qu'il a eu l'idée de sortir la compilation en voyant les nombreux livres consacrés à la période coloniale.

"Les chansons les plus excessives ont été écartées, précise-t-il. Notre but est de restituer l'ambiance de l'époque. Quant à la couverture, elle est bien choisie car elle reflète à la fois la mythologie des années 1930 et l'héroïsme des troupes coloniales."


Les associations antiracistes s'interrogent sur les suites à donner à cette parution.


www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-821820@51-821915,0.html

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Lundi 16 octobre 2006 1 16 /10 /2006 01:40

( une tribune en réponse aux  gesticulations éhontées des "intellos" imposteurs, voir appel encadré ci-dessous)

par A.J. M

dimanche 8 octobre 2006 ,

Ce sont toujours les mêmes qui parlent, écrivent, mentent, calomnient ou s’arrogent le droit de dire, d’établir les « qui » détiennent la vérité. Au nom de leur sacro-sainte démocratie et/ou liberté d’expression qu’ils disent défendre, se cachent en fait, une bande d’islamophobes et de négrophobes de la pire espèce.

Ce qui arrive au professeur de philosophie Redeker est regrettable. Néanmoins, ceci rentre en droite ligne dans ce que vit Dieudonné. Cet exemple est pourtant balayé honteusement du revers de la main car, un acharnement indescriptible d’un Noir n’est que ....justice.Convaincus par leurs propres mensonges, les victimes ou chantres de l’Occident comme paradigme culturel veulent faire croire à beaucoup que des trois religions monothéistes, le christianisme qui défend la liberté à géométrie variable est né en.....Europe. Balivernes !

L’art de la liberté d’expression comme voltige mensongère.

Lire l’interview au Nouvelobs de l’éditorialiste sioniste et contorsionniste (Sans vilain jeux de mot) donne la nausée. Toute honte bue, son associée, la très respectable Elisabeth Badinter arrive même à dire que Dieudonné a perdu ses procès pour refuser d’évoquer son cas d’acharnement ubuesque. Leur haine et leurs imprécations sont plus fortes qu’une menace de mort. D’ailleurs la chanteresse Shirel pensait déjà chez l’ami Ardisson que Dieudonné devait dormir en prison(sic). Ceci montre bien le degré d’acharnement médiatique dont est victime le voltigeur de la vérité Dieudonné Mbala Mbala. Avec autant de bévues, les gens se rendent bien compte de la sempiternelle escroquerie sioniste. Enfin... il est interdit de critiquer Israël j’oubliais, surtout lorsque la « légitime défense » commande qu’on dévaste un pays, le Liban, tue ses habitants, détruit ses infrastructures ou ses biens culturels protégés par l’UNESCO etc.

Le discours « adlérien » est sans doute le plus « élaboré » du moment. En répondant à la question sur le deux poids deux mesures que tout le monde constate sans exclusive entre la défense d’un professeur provocateur et le lynchage d’un humoriste dont le métier est de frapper là où ça fait mal, notre illustre botte en touche et assène les contrevérités les plus malsaines et morbides qui soient. Que vaut un Nègre devant Adler ? Les menaces de mort dont a été victime Dieudonné par la faute de certains « penseurs « de » bien » autoproclamés étaient apparemment normales. De voir un journaliste, le sieur Moulet, confondre volontairement reproches et critiques est aussi immonde que la charité se moquant de l’hôpital.

Au détour d’une conversation ce matin, une femme me dit qu’elle n’aime pas Dieudonné parce qu’il a dit des choses très graves. Question : Qu’à-t-il dit, lui demande-je ? Je ne me souviens pas répond-elle. Voilà. Fermeture des rideaux. Certains sont tellement endoctrinés qu’ils perdent leur sens critique. Le béni oui-oui est la proie d’une bande de malfrats qui ne prêchent que pour leur chapelle. Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse, non ? Les tueurs à gages sont toujours dans l’arène. Si l’on en croit notre Adler de gala, les différentes défaites de son camp malgré les procès intentés contre Dieudonné sont simplement de leurs faits. Ils aiment tellement perdre ces hommes... En surfant sur la vague de l’ignorance ambiante, ceux qui s’informent par ouï-dire ne sont pas encore sortis de l’auberge.

Le mystère élucidé du verbe de Bibendum-Adler.

Véritable révélateur, l’interview partisane de notre illustre est sublimissime. En revanche cet homme n’acceptera jamais que le Figaro publie un billet pro-Dieudonné susceptible de démolir leurs mensonges. J’en fais d’ailleurs solennellement la demande... De toutes les façons, ça ne passera pas. Pas besoin de vous faire un dessein. Vous êtes adultes et vaccinés.

Au cours d’un même interview, je n’ai jamais vu autant de contradictions et d’inepties. Dans un seul papier, quelle histoire ! Est-ce le mépris que notre philosophe a de ses lecteurs ou simplement est-il encore lucide ? Est-ce le prix de l’intolérance et de l’arrogance ? Il n’y a que le maître ès art Adler qui nous le dira. De toutes les façons, si vous ne partagez pas la même idéologie que lui, ou que vous êtes différents, vous ne passerez pas. Dire deux lignes auparavant que ceux qui veulent ériger l’islamophobie en racisme sont malsains et la ligne d’après accuser Dieudonné de racisme parce qu’il critique le judaïsme est tellement jouissif que même les bébés comprennent cette éternelle supercherie. Sarkozy roule en Vel satis noire. Pourtant, Adler est prêt à jurer mordicus qu’elle est rouge la belle mécanique du ministre et finalement la voir rouge. Passons.

L’argumentation de nos bien-pensants commence à prendre un sacré coup de vieux. Le disque est rayé. Y’a que la vérité qui compte comme le disent nos amis Bataille et Fontaine. L’heure a enfin sonné pour qu’on nous disent « qui a le droit, qui a le droit, qui a le droit....d’faire ça aaa ? » De Michel Onfray à l’abbé Pierre, les exemples d’Adler ne ressemblent qu’à du roussi, c’est cramé. Le seul problème de Dieudonné c’est que les Noirs ne forment pas une véritable communauté. Et voir les communautaristes en chef l’accuser de communautarisme est simplement ridicule.

J’ai appris que les livres ne doivent avoir aucune restriction. Bibendum-Adler, je vous prend au mot. J’ose espérer que le livre que je vais publier courant novembre-décembre sur Dieudonné bénéficiera aussi de la même publicité et de la même liberté au nom de la liberté d’expression que les torchons anti-Noir, anti-Islam, anti-Arabe et j’en passe. Ne dit-on pas souvent qu’il n’est pas interdit de rêver ? Alors, laissez-moi rêver...

Ceux qui crient toujours au loup sont les mêmes qui prennent les fusils pour tuer des innocents. Ils sont de toutes les pétitions, de tous les combats sauf ceux qui concernent les plus faibles. Redeker vaut-il plus que les centaines de personnes à qui on nie l’existence à Cachan ? Ceux qui ont lancé une fatwa anti-Dieudonné ont tort ainsi que ceux qui la lancent contre Redeker. Néanmoins, plus dur sera la chute des opportunistes dont la vie de Redeker importe peu. Ils veulent rester toujours à la UNE. Point barre.

www.lesogres.org/article.php3?id_article=2429

Appel en faveur de Robert Redeker


NOUVELOBS.COM | 04.10.06 | 16:54

Elisabeth Badinter, Bernard-Henri Lévy, ou Alain Finkielkraut figurent parmi les signataires du texte qui soutient le professeur de philosophie menacé de mort pour avoir publié une tribune très critique sur l'islam.

Une vingtaine d'intellectuels, cinéastes et journalistes ont lancé un appel en faveur de Robert Redeker, professeur de philosophie menacé de mort pour avoir publié dans Le Figaro une tribune très critique sur l'islam, en soulignant que "l'heure n'est pas à la lâcheté".
Dans le Monde daté de mardi, ces personnalités en appelent "solennellement aux pouvoirs publics afin, non seulement, qu'ils continuent de protéger comme ils le font déjà Robert Redeker et les siens mais aussi que, par un geste politique fort, ils s'engagent à maintenir son statut matériel tant qu'il est en danger, tout comme les autorités anglaises n'ont pas hésité à le faire durant tout le temps" qu'a duré l'affaire Salman Rushdie, auteur des "Versets Sataniques" condamné à mort en 1989 par une fatwa de l'imam Khomeiny.

Souveraineté nationale

Cet appel est notamment signé par Claude Lanzmann et le comité de rédaction de la revue de philosophie "Les Temps modernes" (auquel appartient Robert Redeker), Elisabeth Badinter, Corinne Lepage, Bernard-Henri Lévy, Pascal Bruckner, André Glucksmann, Guy Sorman, Elisabeth Roudinesco, Guy Sorman, Alain Finkielkraut, Pierre-André Taguieff, Alexandre Adler, Laure Adler, Roger-Pol Droit, Romain Goupil, André Grjebine, Michel Taubmann.
"Quel que soit le contenu de l'article de Robert Redeker", les menaces qui pèsent sur lui constituent "une attaque extrêmement violente contre la souveraineté nationale", estiment les signataires. "Une menace de meurtre sur notre territoire est formulée en toute impunité, et c'est absolument inadmissible", ajoutent-ils.
Le 19 septembre, Robert Redeker, professeur de philosophie de 52 ans, avait publié dans Le Figaro une tribune intitulée "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?", où il qualifiait notamment le Coran de "livre d'inouïe violence" et le prophète Mahomet de "chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame".

permanent.nouvelobs.com/societe/20061003.OBS4389.html

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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /2006 12:06

 

Par CAPJPO-EuroPalestine

Des Algériens pro-FLN manifestent à Paris le 17 octobre 1961 (Sipa)

Les discriminations fondées sur des considérations de race ou de religion sont censées être illégales en France. Mais cela ne gêne apparamment pas Jean-François Cordet, préfet de Seine Saint-Denis, qui multiplie les menaces et licenciements à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, uniquement sur la base d'un critère religieux : l'appartenance à la religion musulmane.
Le CCIF (Collectif Contre l'Islamophobie en France) vient de révéler après une sérieuse enquête qu'au moins une vingtaine de salariés de cet aéroport ont reçu ces derniers mois une même lettre (document ci-joint) leur signifiant qu'ils avaient "une attitude pouvant mettre en cause la sûreté de l'Etat", ou "une attitude pouvant mettre en cause la sûreté aéroportuaire". Sans le moindre élément venant étayer cette accusation, ils sont censés avoir un "comportement dangereux" et sommés de rapporter, par écrit ou oralement, la preuve de leur innocence ( !) sous peine de se voir retirer leur habilitation, c'est à dire de perdre leur emploi. Plusieurs d'entre eux, n'ont d'ailleurs toujours pas récupéré leur badge, sans lequel ils ne peuvent accéder à leur travail, ce qui revient à un licenciement muet.

L'un des responsables du CCIF, interrogé par CAPJPO-EuroPalestine, témoigne après avoir accompagné plusieurs de ces salariés à une "audition" à la sous-préfecture de Roissy, dans les locaux mêmes de l'aéroport : "Les personnes incriminées, de nationalité française, de tous âges, occupant divers emplois avec un statut de CDI (contrat à durée indéterminée) au sein de l'aéroport, se rendent ainsi à cette convocation sans avoir la moindre idée de ce qui leur est reproché. Et quand ils demandent à un certain Monsieur Dumas qui les reçoit pourquoi une telle lettre leur a été adressée, on leur rétorque : ce n'est pas à nous de donner des explications, c'est à vous. Puis suivent une série de questions qui portent exclusivement sur la religion pratiquée par ces employés. "Est-ce que vous pratiquez la religion musulmane) ?" "Est-ce que vous faites votre prière ?", "Est-ce que vous avez déjà entrepris un pélerinage à la Mecque ?". Aucune question sur d'éventuels liens avec des réseaux terroristes ou tout autre élément qui puisse avoir un rapport avec la grave accusation de "mettre en danger la sécurité de l'Etat ou de l'aéroport". Les questions sur les pratiques religieuses ne concernent même pas, au demeurant, une quelconque relation avec leur travail. C'est totalement hallucinant !".

Photo : guantanamo.jpg 

Samy Debah, qui détient plusieurs exemplaires de ces lettres et en a envoyé des copies au Ministère de l'intérieur sans recevoir à ce jour de réponse de la Place Beauvau, indique que les premières lettres reçues par des employées de Roissy, datent à sa connaissance du mois d'avril 2006, "au moment de la sortie du livre de De Villiers sur "les Mosquées de Roissy". Qu'un tel vomi sur le "péril de l'islam" ait pu inspirer certains de nos dirigeants en quête de surenchère raciste à l'approche d'échéances électorales, n'aurait rien d'étonnant. Mais ils franchissent ce faisant un pas très grave qui est du ressort de la justice et qui ne peut rester impuni, si celle-ci échappe au "deux poids, deux mesures", qui régit actuellement les comportements du reste de l'appareil d'Etat.

Photo : 2.jpg 

Nous vous demandons de donner l'alerte de toute urgence sur ces pratiques scandaleuses, totalement illégales.

 

 


 




La chasse aux employés musulmans à l'aéroport Charles de Gaulle ?


Le CCIF a été informé que la préfecture de Seine - Saint - Denis, qui est en charge de la sécurité de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, avait adressé des courriers à de nombreux employés de confession musulmane travaillant sur la plate-forme aéroportuaire. Ces courriers spécifiaient que selon les informations détenues, ils avaient "une attitude pouvant mettre en cause la sûreté de l'Etat", ou " une attitude pouvant mettre en cause la sûreté aéroportuaire".

Ces lettres dont nous avons obtenu plusieurs copies, et qui semblent résulter d'une lettre-type, ne précisent jamais à son destinataire les griefs permettant d'établir "ce comportement dangereux", et ce bien que le Préfet indique avoir des informations en sa possession. En revanche, il est demandé à la personne suspectée de rapporter « la preuve de son innocence » sous peine de se voir retirer son habilitation et par voie de conséquence perdre son emploi !!!. Les musulmans seraient a priori coupables jusqu'à la preuve de leur innocence ?

Choqués dans un premier temps, mais surtout convaincus de leur comportement irréprochable, la majorité des personnes concernées ont sollicité une audience auprès du Préfet afin d'avoir connaissance des faits qui leur étaient reprochés. Au terme de ces entretiens, plusieurs personnes se sont vues notifier le retrait de leur badge sans aucune espèce d'explication ou de justification.

Saisi par un certain nombre de ces victimes, le CCIF a décidé de les assister afin de faire la lumière sur ces dossiers, et de rechercher quelles circonstances avaient déterminé leur éviction entraînant de facto une perte d'emploi et de revenus privant du jour au lendemain des familles entières de toutes ressources.

Selon la teneur des entretiens, il apparaîtrait que les faits reprochés soient exclusivement liés au culte, à des convictions personnelles et à des voyages effectués pour la plupart lors de pèlerinages ou dans des pays musulmans.

Aussi, est-il proprement scandaleux que dans notre pays la pratique d'une foi soit considérée comme une attitude pouvant mettre en cause la sécurité de l'Etat ou celle d'un aéroport. Nous sommes aux antipodes de la lutte contre le terrorisme.

Le ministère de l'Intérieur veut-il réellement lutter contre le terrorisme dont les musulmans sont les premières victimes, ou bien partage-t-il les thèses développées par certains hommes politiques islamophobes dont il a pourtant récusé les propos il y a quelques mois ?

Voudrait-il lutter contre le terrorisme au point de s'en prendre à des innocents et laisser des familles entières démunies ? Entretiendrait - on volontairement la méfiance, la peur à l'égard de ces populations ? En ce cas, qui y a intérêt et pourquoi ?

Les divers témoignages recueillis établissent que les discriminations à l'encontre des musulmans en France sont de plus en plus criantes, et confirment qu'elles sont le fait majeur des services de l'Etat. Malheureusement, le gouvernement ne veut pas reconnaître cette situation. Pire, des structures officielles de lutte contre les discriminations ne font pas ou très peu état de la réalité du vécu de la communauté musulmane en France.

Il est affligeant de constater que les musulmans doivent plus craindre d'être discriminés par les services publics que par un particulier.

C'est là toute la singularité de l'islamophobie, et ce qui la distingue des autres formes de racisme.

Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF)

 
http://www.islamophobie.net
tél : 06 09 18 58 71

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Vendredi 20 octobre 2006 5 20 /10 /2006 12:20

Par Simon Njami

L'approche sur l'art contemporain africain est du même ordre que le regard anthropométrique des premiers explorateurs du continent. Il s'agit encore d'établir une sorte de typologie des genres et des races.

Deux  importants symposiums  ont eu lieu l'année dernière autour de l'art contemporain africain, l'un à New York, organisé par Susan Vogel directrice du Center for African Art, l'autre au Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen de Düsseldorf initié par Nadja Taskov-Köhler et Elisabeth Luchesi. Le but avoué de ces manifestations était de dresser un bilan prospectif de l'art africain d'aujourd'hui. Et si le symposium américain a essayé de poser les nombreuses interrogations que l'on soulève dès qu'il est question d'art africain contemporain, Düsseldorf s'est intéressé d'une manière plus précise au Nigéria. Il ressort de ces manifestations que la façon dont l'art contemporain africain est abordé en Occident est entachée d'une méconnaissance qui frise parfois la malveillance. En effet, à Düsseldorf comme à New York, les personnes qui furent chargées de lire leurs communications répondaient toutes aux mêmes critères : universitaires, scientifiques, conservateurs de musées ethnologiques, - un critique et une galiériste à Düsseldorf - comme si à l'art africain, fut-il de ce vingtième siècle finissant, correspondaientt des grilles de lecture spécifiques auxquelles seule une étude approfondie de la civilisation et de l'histoire des peuples considérés pouvait permettre de donner un sens. Il s'est même trouvé des intervenants en Allemagne pour affirmer que la place de l'art contemporain africain était dans les musées d'ethnologie. Il n'a hélas pas été dit si l'on pouvait en dire autant d'un artiste contemporain européen ! Dieu merci, à New York comme à Düsseldorf, des artistes ont pu s'exprimer avec leur propre langage.

Alors pour quelle raison ce regard spécifique ou plus exactement ce non-regard persiste-t-il encore aujourd'hui, alors que des artistes venus du Sud du Sahara ont fait la preuve que les seuls critères de jugement et d'appréciation de l'art contemporain, fût-il chinois, japonais, mexicain ou ivoirien sont des critères d'émotion et de sensibilité ? Mais, me répondrait Jan Hoet, directeur de la Documenta de Kassel, l'Afrique ne dispose pas d'une histoire de l'art, d'une théorie de l'art suffisamment élaborées pour que l'on puisse s'appuyer dessus, et par ailleurs, le discours européen développé depuis la fin de la Renaissance est tellement lié à un contexte spécifique qu'il serait vain de tenter de les appliquer à l'Afrique. Alors quoi ? Tout se ramènerait donc à une question de sémantique ? Et le domaine de références lié à l'Afrique se cantonnerait dans des termes comme post-colonial, artisanat, art urbain ou utilitaire ? Je me refuse à y souscrire. Hélas, ces deux symposiums furent là pour montrer la fragilité de certaines évidences, dès lors qu'elles ne sont pas partagées. Avant que l'art, d'où qu'il vienne, soit d'abord considéré pour ce qu'il est, et non par rapport à des préjugés qui font que, et le marché, et les musées d'art contemporain, débordés déjà par l'incapacité chronique de mettre derrière des classifications qui font florès, de l'émotion et de la réelle liberté de choix, il faudra encore et encore affirmer la légitimité de notre position. Je n'irais pas jusqu'à prendre les accents indignés de l'artiste nigérian Emmanuel Taiwo Jegede, qui lors de son intervention à Düsseldorf s'opposait à l'idée que des sculptures funéraires aient pu être présentées comme étant de l'art africain contemporain. "Qui, disait-il, aurait l'idée de se rendre dans un cimetière occidental pour y rechercher l'essence de l'expression artistique contemporaine d'un pays ?"

Cette inanité des débats reflète en fait, à mon sens, les limites atteintes par les gens qui, jusqu'à aujourd'hui, se faisaient les grands représentants, spécialistes et promoteurs de cet art. Car ils souffrent d'un problème d'objectivité. Ils sont incapables d'envisager une oeuvre d'art africaine hors les tics et les références auxquels leurs formations ou leur passé les a condamnés. Il serait vain d'attendre d'eux qu'ils insufflent quoi que ce soit de nouveau à ce débat qui commence à peine. L'ère qui s'ouvre, avec son cortège de complexités nouvelles n'a rien qui puisse les satisfaire, rien à quoi ils puissent s'accrocher. Le monde a bougé trop vite pour que des certitudes trop vieilles puissent encore servir de quelconque référence. On ne regarde plus un artiste, fut-il africain, en ne tenant compte que du seul critère de son village natal. Et au reste, qui ce village protégé des ravages du temps peut-il encore intéresser si ce n'est l'artiste lui-même, dans le processus très complexe et très secret de sa création ?

Le problème majeur dans l'organisation d'un symposium est que l'on ne vient pas pour y entendre, mais pour délivrer une science autarcique, une prétendue vérité qui ne supporte pas la confrontation.

www.revuenoire.com/fr/textes.php?article=regards

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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /2006 12:53
 
Les ouvriers « sans papiers » de la blanchisserie industrielle Modeluxe de Chilly-Mazarin sont toujours en grève. Ce sont des travailleurs étrangers en situation dite "irrégulière", qui travaillent depuis des années dans cette blanchisserie et qui se battent aujourd'hui pour obtenir leur titre de séjour afin de pouvoir continuer d'y travailler.
Pour la direction de la blanchisserie Modeluxe depuis des années l'embauche d'ouvriers « sans papiers » a toujours été une méthode de recrutement. A la fin de l'année 2004 sous la pression du groupe anglais Sunlight qui venait de racheter l'usine, la direction cherche à s'en débarrasser probablement en vue d'une restructuration à venir. A cette fin elle provoque un contrôle de police dans l'entreprise le 13 décembre 2004. Les syndiqués CGT de l'entreprise, l'Union locale CGT de Massy ont réussi à faire échouer l'opération. La direction du groupe Sunlight sera obligée d'adresser une lettre au Préfet indiquant qu'elle était prête à poursuivre le contrat de travail de ses ouvriers si la Préfecture leur donnait un titre de séjour. Le 21 avril 2005, pour permettre à L'union locale de préparer les dossiers en vue de l'obtention des papiers, le Directeur de Cabinet du Préfet, Monsieur Raffi, communique par fax à l'Union locale la liste de tous les travailleurs "sans papiers" de l'usine.

Depuis la remise de ces documents (concernant à l'époque 43 personnes), la Préfecture de l'Essonne s'est empressée de ne rien faire. Fin septembre 2006, prétextant le silence de la Préfecture, la direction de Modeluxe, dans le cadre de la "cession de 100% du capital et de ses droits" à la société Finance Conseil et Stratégie (FCS), annonce que les ouvriers "sans papiers" de l'entreprise seront licenciés pour faute grave ! Le lundi 2 octobre, la quasi-totalité des 160 salariés de l'entreprise sont en grève pour refuser le licenciement de leurs camarades et exiger leur régularisation. Cette grève de solidarité va durer une semaine. La presse s'en est fait largement écho. Le 9 octobre, de leur côté, les ouvriers "sans papiers" de l'entreprise, toujours menacés de licenciement, menacés pour certains d'entre eux d'être reconduits à la frontière, avec courage et détermination, ont décidé de poursuivre la grève pour leur régularisation.

Selon une idée répandue, les travailleurs "sans papiers" seraient des clandestins qui arrivent à travailler on ne sait comment.L'exemple des ouvriers de Modeluxe met en lumière à quel point cette vision des choses est erronée. Premièrement : la grande majorité des patrons qui ont recours à ces travailleurs n'est pas dupe. Les grévistes de Modeluxe ont témoigné du fait qu'à leur embauche, la direction était parfaitement au courant de leur situation. Et pour cause, avec eux, précaires parmi les précaires les patrons disposent de travailleurs à qui ils peuvent demander tout et n'importe quoi. Travailleurs dont ils se servent en retour pour faire pression sur toute la communauté de travail. A Modeluxe les salaires sont extrêmement bas (au-dessous de 1000 euros), les horaires élastiques (certains n'ont même pas les deux jours de repos (hebdomadaire), les cadences de travail poussées à outrance (pas de pauses) sans parler des conditions de travail...

Deuxièmement : les patrons délivrent à ces ouvriers des fiches de paye. Ces « sans papiers » déclarent et, pour certains, paient des impôts... D'ailleurs les patrons, pour respecter un semblant de légalité, préfèrent leur demander, en lieu et place de documents qu'ils savent faux, la déclaration d'impôts, la facture d'Edf/Gdf ou la quittance de loyer... Ces travailleurs complètement intégrés dans l'entreprise participent comme les autres à la marche générale de la boîte et donc à la création des richesses. Ces ouvriers « sans papiers » travaillent à Modeluxe depuis des années. La direction de Modeluxe les a embauchés et les a exploités en toute connaissance de cause. La Préfecture a autorisé la poursuite de leur contrat de travail depuis la fin 2004 sans leur octroyer de titre de séjour : aujourd'hui, ils doivent être régularisés !

 

www.toubab.fr/infos/02.php


PÉTITION de SOLIDARITÉ AVEC LES OUVRIERS « SANS PAPIERS » de MODELUXEEN GRÈVE POUR LEUR RÉGULARISATION

Monsieur le Préfet de l'Essonne,
D'après les pouvoirs qui vous sont conférés, vous pouvez immédiatement régulariser les ouvriers « sans papiers » de l'entreprise Modeluxe qui sont en grève depuis le 29 septembre 2006.
Vous le devez car depuis la fin 2004, la Préfecture a, de fait, reconnu à l'entreprise Modeluxe la possibilité de poursuivre le contrat de travail de ces ouvriers.


Nom Prénom Ville Signature

Pour tout contact :
Union Départementale CGT - 12 place des Terrasses de l'Agora 91034 Evry cedex
Tel. 01 60 78 28 41 - Fax. 01 60 78 55 43 ud91@cgt.fr
Union locale Cgt de Massy
14 Chemin des femmes 91300 Massy
Tel. 01 69 32 15 76. Fax. 01 60 11 56 04
ulcgtmassy@wanadoo.fr


Soutien financier à adresser à l'Union locale Cgt de Massy :
Compte Crédit Coopératif n°21025332404

 

 

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Lundi 6 novembre 2006 1 06 /11 /2006 00:16

(JPEG)

Par Sylvia Cattori 

Accusé d’antisémitisme, menacé de mort, interdit de télévision, pour
avoir imité un « juif orthodoxe » lors d’un sketch télévisé, Dieudonné
semble n’avoir rien perdu de son aura et, surtout, n’avoir pas encore
dit son dernier mot.

Venu présenter son dernier spectacle « Dépôt de bilan » en Suisse
romande, le comique n’a pas laissé ses spectateurs indifférents. Et la
presse locale - à une exception près - a relaté avec une bienveillance
manifeste ses « provocations ». Dont sa rencontre avec le gourou
Raël : « Un personnage incroyable ! Avec son costume que l’on dirait
sorti de Cosmos 1999. Quand on voit la diabolisation dont il a été
victime, il faut savoir garder les proportions. Il est sans doute moins
inoffensif qu’un marchand d’armes ».

Premier constat. Alors qu’en France Dieudonné demeure l’objet
d’interdits et de poursuites judiciaires, (1) en Suisse, les plaintes
portées contre lui n’ont pas été retenues par la justice. De son côté,
le public semble être resté imperméable aux accusations
« d’antisémitisme » formulé contre lui notamment par des
organisations juives. Et la ville de Genève, qui avait voulu interdire
Dieudonné de spectacle, à leur demande, sous les protestations du
public a dû revenir sur sa décision. (2) C’est donc grâce à la
clairvoyance d’une opinion qui ne s’est pas laissé duper par les
cabales politico-médiatiques dont Dieudonné est l’objet, qu’il a pu
continuer de se produire en Suisse devant un public conquis.

Deuxième constat. Il semblerait que ceux qui ont voulu censurer
Dieudonné sont apparus aux yeux du public comme inféodés à des
associations qui ne tolèrent pas que l’on puisse critiquer la politique
israélienne. Et les magistrats qui, comme l’écologiste Patrice Mugny,
ont cédé à leurs instrumentalisations, ont été conduit à faire
machine arrière.

Troisième constat. Quand l’humoriste dénonce, à sa manière,
certaines situations, il exprime son point de vue ; on peut approuver
ou critiquer son opinion. Mais quand il s’en prend à ceux qui veulent
museler sa critique au sujet d’Israël, le public comprend qu’il
dénonce tout simplement l’inacceptable. Le public comprend aussi
que ceux qui s’érigent en juges et en censeurs, qualifient tel ou tel
comme « antisémite » - accusation sans fondement dans la grande
majorité des cas - utilisent des méthodes totalitaires. Raison pour
laquelle, aux yeux de ceux qui n’ont jamais cessé de lui accorder la
confiance, Dieudonné apparait finalement comme un élément
d’ouverture face à des communautaristes toujours prompts à
étouffer des voix qui dérangent Israël. C’est du moins ce que nous
avons compris au contact de trois spectateurs que nous avons eu la
curiosité d’interroger à la sortie du spectacle de Dieudonné.
(3) Voici
leurs impressions.

*Marc, la trentaine, comédien, a tout de suite accepté de se livrer.

Marc : Je trouve son spectacle très très bon. C’est la première fois
que je vois Dieudonné. Je trouve que c’est un comédien
extraordinaire. C’est surtout sa performance de comédien, qui m’a
impressionné.

Silvia Cattori : C’est donc un bon comédien à votre avis ?

Marc : Ah oui. J’ai lu un article aujourd’hui qui disait que c’est un
mauvais comédien. Non, non, pas du tout. C’est vraiment un très
bon comédien. Sa manière de jouer ses personnages, avec une
vérité, une force, est impressionnante.

Silvia Cattori : Vous paraissez séduit !

Marc : Oui je suis très impressionné. Par sa capacité d’imitation.
Exemple : quand il joue la jeune fille, on la voit, on la voit.

Silvia Cattori : Cette dimension du personnage était une surprise
pour vous ?

Marc : Oui, parce que je venais voir le Dieudonné un peu
« subversif ». Je l’imaginais assez engagé et ce n’est pas ce
Dieudonné là qui m’a frappé, mais le comédien qui est capable
d’interpréter des personnages, capable de partir dans des situations
absurdes, compliquées et drôles. C’est vraiment très drôle.

Silvia Cattori : Donc le comique ne dérape jamais ?

Marc : Il y a quelques passages engagés où c’est très étonnant de
voir le public réagir avec autant de fougue ; mais c’est toujours très
drôle et très absurde et léger.

Silvia Cattori : Donc selon vous il n’est pas, comme l’a écrit un
journal aujourd’hui (4), un « mauvais acteur » ?

Marc : Ce n’est en tout cas pas un « mauvais acteur ». Là je pense
que le journaliste s’est trompé. C’est faux de dire que c’est mal joué.
C’est au contraire, très très bien joué. Il y a quelques passages qui
sont un peu grinçants, sujets à débat, mais sur sa performance et
son aisance d’acteur, il n’y a aucun doute possible. Sur les passages
où il mentionne les « juifs », c’est beaucoup moins caricatural que ce
que j’en avais entendu dire.

Silvia Cattori : Selon vous Dieudonné est « antisémite » ?

Marc : Non, je ne pense pas du tout qu’il soit « antisémite ». Non il
n’y a aucun passage qui m’a dérangé. Il y a eu un moment ou je me
suis dit, là cela va déraper ; et puis en fait non, non, car il reste
dans
la « déconnade ».

Silvia Cattori : C’est donc un spectacle bien maitrisé à votre avis ?

Marc : Oui, je trouve qu’à aucun moment on ne peut se dire « tiens il
a dérapé ».

Silvia Cattori : Quand il se met en croix n’êtes vous pas gêné à l’idée
qu’il joue sa propre histoire ?

Marc : Encore une fois, il le fait avec beaucoup de légèreté, il n’y a
pas d’apitoiement, il le fait sans pleurnicherie. Il a dû en baver.
Cela reste léger, cela reste comique et très drôle.

*H. B. : architecte, la quarantaine.

H. B. : J’ai aimé ce spectacle. J’étais vraiment ravi, aux anges.
Excellent spectacle. C’est le troisième spectacle que je vois. Je suis
très impressionné par la finesse avec laquelle il interprète ses
personnages. L’humoriste - les personnages qu’il incarne, les idées
qu’il défend - ne peut que séduire. Et son engagement toucher
d’autant plus que c’est devenu très rare, malheureusement. C’est
pour cette raison que l’on essaie de le faire taire et que l’on publie,
comme par hasard, un article qui le démolit, le jour même où il va se
produire. Ceux qui accablent l’artiste de défauts, ce sont les mêmes
qui l’ont cloué hier au pilori pour avoir critiqué Israël.

Silvia Cattori : Selon vous ne ridiculise-t-il pas le Christ quand il
se crucifie sur scène ?
H.B. : Dire qu’il ferait un parallèle entre son histoire et celle du
Christ,
donc qu’il se ferait passer pour le Christ, c’est ce que des gens
malintentionnés peuvent lui reprocher. Mais ce n’est pas au niveau
humain que Dieudonné fait le parallèle, mais du point de vue de
quelqu’un - et il n’est pas le seul - qui a, un moment donné, osé
s’attaquer à une espèce de mainmise de la part d’une certaine
communauté sur la société et qui a fini sur la croix. C’est un peu ce
qui a failli lui arriver.

Silvia Cattori : Donc, selon vous ses sketchs ne sont pas
« empeignés « d’antisémitisme » ?

H.B. : C’est tout sauf cela. Quand il a commencé son sketch sur
Hitler, je me suis souvenu qu’à la sortie du film La chute, auquel
Dieudonné a fait allusion, il y avait eu toute une polémique. On avait
alors reproché au réalisateur d’avoir mis en scène les derniers jours
d’Hitler et on avait accusé les acteurs d’avoir un passé antisémite ou
pro-nazi. Or, le film traitait de la déchéance et de la folie d’un
homme. C’est ce que Dieudonné a admirablement réussi avec son
sketch. Cela n’a rien à voir avec « l’antisémitisme ». Honnêtement !
Si je devais mentionner trois humoristes capables d’atteindre un
pareil niveau d’acteur, Dieudonné arriverait en tête, sans aucun
doute. Pour moi, en ce qui concerne la finesse et la qualité
d’interprétation, il est au sommet. Cela dit, le thème de certains
sketchs m’a moins touché que son spectacle « 1905 » où j’avais ri
davantage encore. Dans « Dépôt de bilan », on sent que l’humoriste
fait des clins d’œil à des choses qui lui sont arrivées mais veut
passer à autre chose par rapport à tout ce qu’il a subi depuis 2003.

Silvia Cattori : A votre avis, est-il l’objet d’une diabolisation parce
qu’une certaine intelligentsia craint que son esprit critique ne
devienne contagieux ?

H.B. : Oui, je le crois. Son exemple me donne le courage de continuer
à croire en un autre monde. Sur une impulsion de conviction je
pourrais tout lâcher pour m’engager dans son combat, dans ses
idées. Il a réussi à éveiller chez moi cette disponibilité ; ce n’est
pas
tous les jours que cela arrive.

*Rawdha, 33 ans, française d’origine tunisienne, souriante, parait
conquise par le bonhomme.

Rawdha : Ma venue à ce spectacle est d’autant plus étonnante
qu’avant ce soir, Dieudonné n’était pas quelqu’un qui m’intéressait.
Je connaissais le Dieudonné de la période où il jouait avec Elie
Semoun et où il jouait le rôle du méchant. Il ne me plaisait pas. Ce
qui m’a motivée à venir ce soir, ce sont les campagnes de
stigmatisation des médias contre lui. J’avais l’intuition que cet
acharnement contre lui était suspect. Je suis donc venue soutenir
l’artiste diffamé et me faire ma propre idée du personnage. J’aurais
pu sortir de son spectacle ce soir en pensant qu’il est rigolo sans
plus. Or je découvre que, non seulement la cabale médiatique contre
l’humoriste est injustifiée, mais encore qu’il s’agit d’un artiste
plein
de finesse, doté de qualités d’acteur extraordinaires. J’en suis donc
enchantée. Ce que j’ai ressenti, dès le début du spectacle, c’est que
Dieudonné veut nous dire : je suis toujours là, debout malgré tout.
L’on perçoit, là au travers, qu’il porte une blessure, qu’il s’agit
d’un
homme qui a été profondément blessé mais n’a pas abdiqué, et c’est
cela qui est fort touchant. J’ai envie maintenant d’aller voir tous ses
autres spectacles.


Nous avons-nous voulu savoir, à la fin de sa tournée helvétique,
comment Dieudonné s’était-il senti accueilli par le public ?


Dieudonné : Très bien, c’est très agréable ici. J’ai rencontré un
public
très chaleureux. C’est tout ce que j’aime : le rapport avec le public
et
la scène.

Silvia Cattori : Est-ce parce que vous aimez la réunion des contraires
que vous avez rencontré à Lausanne le chef spirituel du mouvement
raélien et risqué de relancer la polémique ?

Dieudonné : Il est certain que Raèl est un sacré personnage ;
quelqu’un qui a été « kidnappé » par les Elohims, c’est drôle non ?
J’ai évidemment envie de lui parler et savoir si les raéliens font des
blagues d’extra-terrestres.

Silvia Cattori : Comment avez-vous reçu la critique d’un journal
genevois qui dit que votre spectacle est « empreint de mauvais goût
et pas dépourvu d’antisémitisme », et que vous êtes un « auteur mal
inspiré, piètre scénographe, acteur moyen », et que vous faite rire
« toujours sur le dos non de personnes, mais de catégories de la
population » ?

Dieudonné : C’est quand même étrange comme critique ! C’est
même la première fois que l’on me dit que je suis un mauvais acteur,
et cela fait quand même vingt ans que je fais ce métier. Je crois que
ce journaliste a tellement exagéré que sa critique risque de produire
l‘effet contraire, non ? Il serait intéressant de connaître également
le
point de vue du public.

Silvia Cattori : Et quand il est souligné que vous « ridiculisé le
Christ » cela vous ressemble ?

Dieudonné : Je ne ridiculise pas du tout le Christ ! Dans mon esprit,
dans le registre humoristique qui est le mien, c’est un Christ que je
respecte profondément, que je porte au sommet de son humilité et
de son humanité, il me semble ! Il peut y avoir d’autres manières
plus angéliques de le montrer. Mais je suis un comique !

(1). Dans Egalité zéro. Enquête sur le procès médiatique de
Dieudonné. Paris, Edition Blanche, 2005, le journaliste Olivier Mukuna
fait la genèse du lynchage médiatique dont l’humoriste a été l’objet ;
il analyse de manière pertinente le dysfonctionnement de
l’information dans cette affaire.

(2) En février 2004, Patrice Mugny, conseiller culturel de la ville de
Genève et président de la Ligue internationale contre le racisme et
l’antisémitisme, LICRA section Suisse, avait du revenir sur
l’accusation « d’antisémitisme » qu’il avait proféré contre Dieudonné
et son refus de lui accorder la salle du Casino de Genève. Patrick
Gaubert, président de la LICRA-Paris n’avait pas apprécié ce
revirement et avait sommé Patrice Mugny, de « tirer toutes les
conséquences de cette faute grave ».

(3) « Dépôt de Bilan » le vendredi 27 octobre 2006 au Grand Casino
de Genève.

(4)
http://www.letemps.ch/

Par alert2neg - Publié dans : Societe
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HISTOIRE D'EN RIRE !

C'est l'histoire d'une dame âgée qui en traversant la chaussée fait une chute et se ramasse sur le derrière en plein milieu de la rue !
Sarkozy, qui la suivait par hasard, s'empresse de l'aider à se relever et à traverser la rue.
Arrivés de l'autre côté de la rue, le petit Nicolas dit à la vieille dame :
- Ce fut un plaisir pour moi de vous aider. Est-ce que vous m’avez reconnu ? Je suis Nicolas Sarkozy, votre Ministre de l’Intérieur. J’espère que vous voterez pour moi aux prochaines élections.
La vieille dame lui réplique:
- Vous savez, je suis tombée sur le cul, pas sur la tête !

"Sarkozy n'a qu'un handicap d'image : il est petit. Pour qu'une photo de lui soit bonne, il faut travailler baisser, essayer de le décrocher pour le grandir"

 Raymond Depardon, Cinéaste et Photographe 

«L'esclavage des Noirs a été inventé par les Noirs, en Afrique, c'est eux qui vendent les autres Noirs parce qu'ils n'ont aucune conscience de la fraternité Noire, ça n'existe pas ça ». Eric Zemmour, journaliste I-Tele et France 2 

«Beaucoup de ces Africains sont polygames.Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants.Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues.» Hélène Carrere d'Encausse, membre de l'académie Française ( A propos des émeutes urbaines)

 

 



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