le blog alert2neg
Les Noirs ont, paraît-il, la danse dans la peau, le soleil dans la tête,une énergie débordante, etc.... . C'est ce qui expliquerait leurs musiques chaloupées, plein de peps et de stimuli poussant à se remuer le popotin.Jusque là tout va bien, c'est même carrément jouissif de vivre dans la peau d'un Noir, c'est même formidable d'incarner de la "positive black attitude". En revanche, où ce n'est plus drôle du tout, c'est une fois que l'on sort de la légèreté,du divertissement et de superficialité, notamment quand il faut être dans la vie quotidienne un humain éprouvant les mêmes envies que MONSIEUR tout le monde: travailler,se loger et se divertir. Cela peut paraître banal, mais lorsqu'on est Noir, ça peut rimer avec il n'y a plus d'espoir, comme l'a chanté l'exilé fiscal en Suisse. En effet, c'est peu de le dire, il ne fait pas souvent bon d'être le Noir, celui sur lequel s'abattent fatalement les préjugés, les idées préconçues et tous les fantasmes qui font partie du décor quotidien et déforment les regards en les rendant subjectifs. En France, il est difficile de dresser une cartographie exacte des zones géographiques de discriminations, car les faits discriminatoires sont protéiformes et n'appartiennent pas à une catégorie sociale bien définie, c'est dire combien les pratiques d'exclusion visant les "étrangers", notamment les Noirs, constituent un véritable fléau. Aujourd'hui, la France est multiculturelle, pluriethnique et multiconfessionnelle, mais elle peine à s'assumer ainsi, comme l'ont magistralement démontré les émeutes dans les banlieues pauvres en 2005, suivies de déclarations ahurissantes des Hommes politiques qui stigmatisaient, calomniaient les jeunes, en les accusant de tous les maux de la société. Bref, être un Homme Noir dans une société majoritairement composée d'Hommes blancs, ça n'est jamais un long fleuve tranquille. C'est une expérience unique et particulière, comme ont voulu la vivre les participants au documentaire de Canal+, qui a décidé d'entreprendre une étude des mécanismes de discriminations, en s'inspirant d'un ouvrage paru aux Etats Unis dans les années 60 "Dans la peau d'un Noir".Changer de peau pour prendre conscience qu'être Noir, ce n'est pas la fête tous les jours, c'est plutôt être confronté aux problèmes de discriminations et de préjugés: recherche d'emploi, d'appartement, accès en boîte de nuit et autres lieux où il faut montrer "patte blanche". Face à une société française où les élites continuent de porter des lunettes "noires" pour ne rien voir, il faut féliciter la chaîne cryptée de participer activement au débat sur les réalités des discriminations raciales aujourd'hui.
A2N
Une adaptation française d'une émission diffusée aux Etats-Unis au printemps dernier. Une famille blanche grimée en Noire, une famille noire grimée en Blanche. Pour lutter contre le racisme en croquant ses stéréotypes.
Le concept :
"Changer de couleur de peau pour prendre conscience de la réalité du racisme au quotidien, c'est l'étonnante expérience à laquelle se sont prêtées deux familles pendant quatre semaines. Chaque jour, elles vivent une situation nouvelle, liée aux problèmes de discrimination et de préjugés : recherche d'emploi, d'appartement, accès en boîte de nuit... Chaque jour, elles font le récit de leur ressenti et confrontent leurs témoignages." Aux Etats-Unis, une famille blanche de Californie , libérale, et une famille noire "midle class" de Georgie avaient joué le jeu.
Le contexte:
Après le durcissement du monde du travail ou les conditions de détention en France, Canal + continue de décrypter les zones de tension de la société et d ’encourager le débat sur des sujets forts avec Dans la peau d’un noir. A suivre en deux parties mardi 30 et mercredi 31/01 à 20h50 sur Canal + , ce document suit le parcours de deux familles qui se glissent dans la peau d ’ une autre couleur. Une expérience documentaire unique sur le racisme au quotidien.
Renaud Le Van Kim, le réalisateur de ce documentaire revient sur le tournage :“Mon intérêt pour le projet est tout d’abord venu du désir de rendre compte du racisme au quotidien, parce que, en dépit de tous les documentaires existant sur le sujet, aucun n’abordait jusqu’alors ce point de vue. Pour aller au bout de mon envie, il me fallait trouver une forme de narration particulière. Se mettre dans la peau de l’autre s’avère le meilleur moyen de rendre compte de la situation. Par ailleurs il m’est apparu nécessaire de mettre en place une expérience croisée afin que les deux familles, la blanche et la noire, maquillées, puissent partager et vivre ces expériences avec des personnes chaque jour confrontées aux mêmes cas de figure. Une des premières difficultés rencontrées au cours de l’élaboration du projet fut le choix des familles. S’il a été facile de trouver une famille noire désireuse de raconter les discriminations dont elle était victime au quotidien, le choix de la famille blanche fut plus délicat. Monsieur et madame Richier nous ont tout de suite séduits par leur désir sincère de partager cette expérience avec leurs enfants. Nous étions à la recherche d’individus qui s’impliqueraient totalement et personnellement dans le projet. Concernant le choix des situations, je souhaitais éviter les situations radicales. Le propos du film n’est pas d’observer la présence de racistes dans notre pays et d’aller à leur rencontre, mais de constater que dans une société à majorité non-raciste la somme des microcomportements, des microvexations et des microdiscriminations amène de nombreuses personnes noires à s’autocensurer, à se sentir inférieures.“
Les anecdotes:
Selon le dossier de presse, une des premières difficultés rencontrées au cours de l'élaboration du projet fut le choix des familles. S'il a été facile de trouver une famille noire désireuse de raconter les discriminations dont elle était victime au quotidien, le choix de la famille blanche fut plus délicat, et ce sont les Richier qui ont séduit la production par leur désir sincère de partager cette expérience en famille.Concernant le choix des situations, l'idée n'était pas d'initier des confrontations brutales avec des racistes, mais plutôt de constater qu'une société à majorité non-raciste peut avoir des microcomportements, des microvexations et des microdiscriminations, intentionnels ou non, qui amènent de nombreuses personnes noires à s'autocensurer, à se sentir inférieures. L'intérêt pour le projet de Renaud Van Kim, réalisateur-producteur du documentaire, est tout d'abord venu du désir de rendre compte du racisme au quotidien, parce qu'en dépit de tous les documentaires existant sur le sujet, il trouvait qu'aucun n'abordait jusqu'alors le point de vue croisé de deux familles, l'une blanche, l'autre noire, qui, maquillées à l'inverse, pourraient partager et vivre des expériences avec des personnes chaque jour confrontées aux mêmes cas de figure. Concernant le maquillage, six mois ont été nécessaires à Pierre-Olivier Thévenin et son équipe pour mettre au point une technique adaptée à la transformation d'un visage ; sans compter les dix semaines de préparation et de tests après la validation des familles sélectionnées.
Une équipe de quinze personnes a été nécessaire à la réalisation de ce projet tandis que chaque maquillage a nécessité trois maquilleurs et une perruquière par personne, travaillant pendant quatre heures, pour une tenue de cinq heures. Le projet de transformation a été abordé de manière différente de celui d'un projet pour le cinéma, car le résultat devait être crédible à l'oeil nu. Le plus important a été la création d'une peinture translucide permettant d'obtenir la couleur de peau la plus vraisemblable .
Date de diffusion:sur Canal+et aux Antilles 6-7-11-15 février 07