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La ministre de la Justice française Rachida Dati, le 22 octobre 2007 à Marrakech ©AFP/pool
"L'immigration est un enjeu majeur pour la France et la situation actuelle n'est pas satisfaisante : les migrations légales se font peu et mal, la circulation normale des personnes se heurte à de plus en plus d'obstacles et, dans le même temps, l'immigration clandestine perdure (.....)Dans cette optique, le projet de loi dont vous parlez a pour objectif de s'assurer que le droit à une vie familiale normale s'applique dans le respect des capacités d'accueil et d'intégration de la France (......).Parce qu'il vaut mieux se poser la question de l'intégration des candidats à l'immigration le plus tôt possible et ne pas attendre que des problèmes se posent.
Demander aux candidats au regroupement familial de se mettre en situation de bien s'intégrer dans notre pays, c‘est leur donner toutes les chances pour y réussir. Parlons maintenant des tests ADN qui, je sais, ont fait l'objet de critiques dans votre pays comme aussi, vous le savez, de certains en France. L'introduction de ces tests dans le projet de loi est une initiative parlementaire (......) Je la respecte, et je la respecte d'autant plus qu'elle a été débattue en détail par les deux assemblées et qu'elle a été adoptée. On a dit beaucoup de choses fausses sur cet amendement. De quoi s'agit-il vraiment? Il s'agit de permettre aux personnes qui le demandent, aux personnes qui sont volontaires, de prouver leur filiation et de ne risquer à aucun moment d'être confrontées à une accusation ou à un soupçon de fraude. Or on le sait, la fraude documentaire existe dans certains pays. Et les tests ADN sont utilisés dans nombre de pays européens"
Nicolas Sarkozy, 22 octobre 2007 ( visite au Maroc)

Enfin, Nicolas Sarkozy est sorti du bois. Jusque là discret sur le sujet, alors que la société est plus que jamais divisée sur le test de la HONTE, le locataire de l'Elysée, accompagné de sa nounou, Rachida Dati, est revenu sur l'amendement ADN, sur lequel il compte tant pour juguler une invasion d'Africains venus du sud du Sahara, c'est à dire ultra majoritairement les Noirs.
Que Nicolas Sarkozy se prononce à la faveur de son déplacement d'affaires au Maroc sur les Tests ADN est très important pour lever certains doutes qui pouvaient naître de son silence inhabituel. On se demandait même s'il ferait une énième volte face devant la mobilisation des Anti-ADN, comme il l'avait déjà fait lors de la mobilisation des jeunes contre le CPE, initiative dont il était pourtant un très fervent défenseur? Ou allait-il assumer le racisme d'Etat qui s'affiche de plus en plus ostensiblement dans la politique de son gouvernement ? On sait maintenant qu'il soutient le député Mariani, initiateur de l'amendement ADN, et Brice Hortefeux, le ministre de "l'immigration et de l'identité nationale". On peut en tirer deux enseignements.
D'abord, malgré la pression de la mobilisation anti-ADN et les conseils "amicaux" de certains de ses proches, à commencer par le chanteur Enrico Macias, Nicolas Sarkozy a maintenu le cap, chose très rare chez lui dont le girouettisme n'est plus à démontrer.
Ensuite, en assumant le choix de stigmatiser les Noirs principalement, en leur "suggérant" les tests ADN pour "faciliter" leur intégration, le chef de file de l'UMP
confirme bien qu'il est un un tout petit homme politique. D'ailleurs, chose très rare, Dans un éditorial au vitriol publié dimanche 21 octobre, le quotidien, le New York Times cloue au pilori la loi que l’Assemblée nationale doit entériner tout à l'heure par un vote solennel. Le très influent journal dénonce une loi «abjecte» qui rappelle certaines «notions pseudo-scientifiques» utilisées par les nazis et la France de Vichy. Et de rappeler que l'utilisation de la génétique peut se révéler utile seulement "pour déterminer la culpabilité et l'innocence en matière criminelle", mais n'a "aucune place légitime au sein du droit de l'immigration".Très en forme pour dénoncer ce que devient la France après Jacques Chirac, le qoutidien américain s'adresse directement au président français, lui rappelant ses origines immigrées juives, ce qui devrait lui interdire de jouer avec des concepts introduits "dans le droit français sous l'Occupation, par les Nazis et leurs collaborateurs de Vichy, avec les conséquences tragiques que l'on connaît".
Pour finir, le NYT formule un appel, on ne peut plus clair : "Nicolas Sarkozy veut être considéré comme un homme d'Etat. Qu'il agisse en tant que tel".
Ce sera bien difficile tellement le parti populiste UMP est soucieux de donner plus de garanties à une frange importante de son électorat réactionnaire, raciste et xénophobe.
A2N
Source: ICI
Mar 23 oct 2007
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